PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Novembre 2022


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 27 novembre au 4 décembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Porte de l’homme »,10, Le grand œuvre, Seuil, 1984 ; Œuvres poétiques complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 1223.
     - Extrait de « Agora », « Mot à mot » du 7 janvier 1980, émission de Jean Paugam avec Pierre Emmanuel, archives de l’INAthèque, inédit.

• Regard sur... Charles Le Quintrec.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

----------------

     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

----------------




Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
Précédemment, en...
 2021      2020
2019    2018
2017     2016
2015    2014
2013    2012

Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

27 novembre

27 novembre 1983

     Écriture de « Le totalitarisme est en nous », article de Pierre Emmanuel à paraître dans France catholique. « [L]e bien suprême dont ne peut plus se passer l’homme de la masse est moins tel ou tel objet de désir atteignable ou non, que la totale sécurité de sa naissance à sa mort. De plus en plus sécurisés, nous courons le risque d’être de plus en plus asservis : l’avantage que nous retirons pour l’instant de notre servitude nous empêche d’en prendre conscience. La primauté de l’économie l’est aussi de la Sécurité sociale, assurée par l’État, sur toute autre valeur et d’abord sur le risque, concept dont seuls les alpinistes et les navigateurs solitaires ont encore idée. La peur du risque et la sécurisation devenant l’une des fonctions essentielles de l’État vont de pair avec le développement d’une forme parasitaire de pouvoir, l’administration se substituant à l’entreprise : ce qui advient sous nos yeux mêmes, sans que nous en décelions la philosophie.
     N’attendons pas d’elle, en tout cas, qu’elle satisfasse au besoin de sens dont parle ma correspondante. Un tel besoin ne trouve d’ailleurs nulle part, sauf dans les salles de concert ou dans les églises (et encore !) l’occasion de se nourrir ni même de manifester sa faim. […]
     N’est-ce pas le Président de la République, tout le premier, qui se plaignait de la perte du sens de l’histoire ? Il aurait pu tout aussi bien se plaindre de la perte du sens de l’histoire de la pensée, telle que la montre la succession des œuvres de l’esprit français. Perdre le sens, c’est devenir insensé, n’avoir plus d’identité propre : maladie contemporaine qui atteint plusieurs générations. »

 

28 novembre

28 novembre 1959

     Diffusion de l’émission radiophonique « Tous les plaisirs du jour : Pierre Emmanuel »: « Je n’ai pas cessé depuis la guerre de penser que le mal continuait d’être en nous. Le mal continuait d’être en nous dans la mesure où nous côtoyons les prisons et ne les voyons pas, dans la mesure où nous commettons à d’autres le soin de faire la torture que nous ne voulons pas faire nous-mêmes etc. Notre société est une société dans laquelle les raisons d’espérer sont contrebalancées et très fortement, par les raisons de désespérer ; et en fait c’est dans cet équilibre précaire entre espérance et désespoir que doit se tenir l’esprit vigilant. Ce qui fait la force à mon avis d’un créateur, c’est le pouvoir qui lui est donné de veiller, n’est-ce pas, de veiller d’abord et avant tout à l’honnêteté de son langage. Je crois là que c’est la chose la plus difficile du monde. Car pour contrôler notre langage, pour être présents à celui-ci, il faut que nous nous connaissions très bien nous-mêmes et que nous ne nous laissions jamais emporter par le mouvement de notre parole, que nous la proportionnions, justement, que nous débrouillions dans la complexité des sens possibles ce que nous voulons mettre en avant, que notre parole, tout en étant très riche de significations, soit sans ambiguïté, et jamais peut-être plus que maintenant une telle attention n’a été nécessaire, parce que, précisément, la parole a cessé d’avoir une importance quelconque. »


 

29 novembre

29 novembre 1975

     Anonyme, « L’élection de M. Félicien Marceau et la démission de M. Pierre Emmanuel », Le Monde, n° 9597, 29 novembre 1975, p. 30. « L’Académie française a élu, jeudi, M. Félicien Marceau au siège précédemment occupé par Marcel Achard, au cours d’une séance qui a dû être orageuse si l’on en juge par les votes hostiles de plusieurs membres et la démission, donnée avec éclat, de M. Pierre Emmanuel. [...]
     Après la proclamation des résultats et avant de quitter la salle des séances, M. Pierre Emmanuel a déposé sur le bureau de l’Académie la lettre de démission que nous publions d’autre part « in extenso » et que le communiqué de presse ne reproduit pas dans son intégralité.
     Selon la tradition, le nouvel élu devrait être reçu par… M. Pierre Emmanuel, puisque ce dernier était directeur en exercice à la mort de Marcel Achard. Mais il est courant que le récipiendaire soit accueilli par un autre membre de l’Académie. »

 

30 novembre

30 novembre 1963

     « En chemin », article de Pierre Emmanuel dans Réforme, n° 976, p. 14. « Kennedy — mort. Il est difficile de penser ensemble ces deux mots. De quelle main est-il mort ? Sans doute la chose importe, car elle risque d’orienter dangereusement la passion de ce peuple émotif. Il était digne en tout cas de mourir sur la brèche d’un mur ; celui des préjugés de couleur qu’il s’était fixé pour tâche d’abattre. Audacieux et sage, il calculait chaque risque : mais une fois sa décision prise, il allait de l’avant, à découvert. Sa mort est conforme à sa vie et la scelle. Un grand homme apprend à mourir chaque jour. À mourir au nom de la vie. Le risque de mort est celui de la vie même : vouloir vivre, c’est accepter de mourir, et plus est lucidement forte la vie, plus la mort est proche. Telle est la leçon que nous donne, le don que nous fait cette mort. Le désespérantisme à la mode semble ridiculement sacrilège en face d’elle. En face de cet homme riche de tant de raisons de vivre et de mourir.
     […] Celui qui mure est, bien entendu, le premier muré. Et qui s’accoutume au mur, il vit comme au tombeau, ayant perdu le courage de mourir et de vivre. Cette accoutumance à nos murs, nous est un danger de mort quotidien, de petite mort vivante. Mais où trouver l’énergie de nous exposer chaque jour au suprême péril de vivre, à la joie ? Peut-être dans l’exemple de ces courageux que notre cœur serait bien égoïste et bien avare de ne pas admirer : tel un Kennedy, la face ouverte. Un visage qui est le contraire d’un mur. »

 

1 décembre

1 décembre 1979

     « L’homme, la femme et l’enfant », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 4. « À tous et à toutes, la vie pose une question de principe. Est-il vrai, comme l’affirme Stéphane Lupasco, que, dès sa naissance, et dès même les opérations et processus de fécondation jusqu’à son développement et à sa mort, l’homme ne cesse de lutter, en lui-même et contre tout ce qui l’entoure ? Ainsi, ce qui est en question, c’est la genèse de l’être vivant, de l’être, non du seul organisme. La science, à laquelle nous donnons le pas sur la conscience, n’infère-t-elle pas comme celle-ci de la continuité des processus à l’identité de l’être ? Autrement dit, sitôt l’enfant en germe, qu’il est ? »

 

2 décembre

2 décembre 1983

     « Le totalitarisme est en nous » (27 novembre 1983), France catholique, n° 1929. « [L]e bien suprême dont ne peut plus se passer l’homme de la masse est moins tel ou tel objet de désir atteignable ou non, que la totale sécurité de sa naissance à sa mort. De plus en plus sécurisés, nous courons le risque d’être de plus en plus asservis : l’avantage que nous retirons pour l’instant de notre servitude nous empêche d’en prendre conscience. La primauté de l’économie l’est aussi de la Sécurité sociale, assurée par l’État, sur toute autre valeur et d’abord sur le risque, concept dont seuls les alpinistes et les navigateurs solitaires ont encore idée. La peur du risque et la sécurisation devenant l’une des fonctions essentielles de l’État vont de pair avec le développement d’une forme parasitaire de pouvoir, l’administration se substituant à l’entreprise : ce qui advient sous nos yeux mêmes, sans que nous en décelions la philosophie. »

 

3 décembre

3 décembre 1973

     Enregistrement et diffusion de l’émission radiophonique « Ouvrez les guillemets » avec Bernard Pivot. Pierre Emmanuel est interrogé à l’occasion de la parution de Sophia. « L’imagination c’est la projection d’un certain nombre d’intuitions qui prennent forme. Mais ça n’est pas le privilège du poète ; en effet le poète l’a de manière particulière, peut-être parce que toute sa vie il est attentif non seulement à ce qui est évident, à ce que tout le monde voit, mais encore à beaucoup de choses que les gens ne voient pas ; c’est-à-dire qu’il est attentif aux aspects obscurs de la vie humaine. »

 

 4 décembre

4 décembre 1968

     Pierre Emmanuel prononce une conférence à la Library of Congress, Washington : Praise and presence, retransmise à la radio « W.G.M.F » le 4 janvier 1969. « When I first came across Saint-John Perse’s work, I was twenty, and I was a great reader of poetry, and then I bought – by sheer good luck – his book Anabase, and I was immediately subdued. The book created in me a feeling of space, of movement through great masses of imagery and, at the same time, a feeling of solitude. You know Anabase very well. It has been translated by Eliot. I just want to quote back the beginning of the poem in French » [Le texte de cette conférence diffère considérablement de celui qui est publié en 1971].


 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

Il aime tout oiseau du ciel et toute bête dans les champs
Toute douleur dans l’univers il la fait sienne corps et âme
Tout dans sa chair souffre l’horreur de l’absolue destruction
Toute son âme prend en soi ce désespoir dès l’origine
Dont tout mourant se fait l’écho à travers la création
C’est là sa force pour tirer du néant toute créature
Car toute chose à sa manière aspire à la perfection
Tout est guidé par cet Amour qui ne fait nulle différence
Simplement l’homme le Nommeur a pour unique fonction
D’être l’oblat immensément de la prière universelle
De rendre grâce au grand secret qui fait du moindre des vivants
Le centre même de la Vie au temps si bref qu’il vit en elle
L’enjeu de l’éternel combat où doit un jour finir le temps.

« Porte de l’homme », 10, Le grand œuvre, Seuil, 1984

 

__________________

Prose

     [J]e crois que le totalitarisme est une très grande hypocrisie. Je crois vraiment que le totalitarisme c’est l’hypocrisie démoniaque, qui institue l’idée d’un monde accompli, d’une parousie sur terre, et qui oriente toutes les fins humaines vers cette parousie dont on sait qu’elle n’existera jamais, mais on sait également que c’est par cette mobilisation des fins humaines que l’on exerce le pouvoir absolu. Le pouvoir totalitaire sur les âmes, sur les corps, sur les groupes humains, sur les masses humaines, sur l’histoire etc. Il y a une usurpation démoniaque, là, de… – pas seulement prométhéenne, mais vraiment démoniaque –, de tout le pouvoir du langage, qui devient, alors, essentiellement hypocrisie : plus rien n’est dit qui ne soit mensonge, mensonge organisé, mensonge voulu, avec cependant apparence de la vérité. Et nous sommes, je crois, dans un univers où c’est cela qui menace l’homme d’aujourd’hui, qui le menace d’anéantissement, par exemple de destruction de son sens, puisque cette hypocrisie substitue à un sens personnel, le vôtre, le mien, celui de notre voisin, un sens total. Il fait de nous les serviteurs de l’homme collectif, de l’homme nouveau, qui n’existe pas ! qui n’existera jamais, et qui n’est qu’une espèce de zombie de la puissance. Qui est l’ombre portée sur les masses de la puissance totalitaire. Il y a là une épouvantable subversion ; mais volontaire, et savante, et morale ! apparemment morale, apparemment éthique, apparemment idéale de la pensée politique, dont j’ai horreur.

Extrait de « Agora », « Mot à mot » du 7 janvier 1980, émission de Jean Paugam avec Pierre Emmanuel, archives de l’INAthèque, inédit [Le style oral de l'émission est ici respecté].

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait "religieuse", mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot "poésie" que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

15 octobre 2022

     Daniel Trallero nous communique une nouvelle référence : Cath’s Arts 14, Bulletin de la Communauté des Beaux-Arts, 5e année, n° 15, Paris, qui reprend intégralement une conférence de Pierre Emmanuel et les questions qui suivent sous le titre « Dieu et l’activité de l’artiste », précisant : « 2e édition du texte de la Conférence donnée le 6 mars 1967 aux Artistes et aux Élèves des Écoles d’Art. »


 

7 octobre 2022

     L’Express présente le dernier livre de François Cheng, Une longue route pour m’unir au chant français, qui rappelle entre autres sa rencontre avec Pierre Emmanuel en de très belles pages.
     On peut lire l’article ici.


25 septembre 2022

     La République des Pyrénées évoque le centenaire de l’Académie de Béarn et rappelle qu'elle « fut sollicitée pour le centenaire du poète Pierre Emmanuel en 2016 ».
     On peut lire l’article ici.


8 septembre 2022

     Un article de L’Humanité sur Dieulefit rappelle que Pierre Emmanuel y vécut durant la guerre et son propos : « À Dieulefit, où nul n’est étranger ».
     On peut lire l’article ici.


15-20 avril 2022

     La République des Pyrénées du 15 avril 2022 annonce :
     « Une pierre stèle a été installée à proximité de la maison natale du poète Pierre Emmanuel.
     Au lieu-dit « La pompe », au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca, le service technique de la mairie de Gan a installé une pierre stèle sur la laquelle est gravé un vers de Pierre Emmanuel : "Vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre".
     Cette pierre, datée de 1989, a initialement été érigée à Bosdarros dans un parterre où un « Arbre de la Liberté » avait été planté. Le parterre ayant été transformé en une aire de jeux pour enfants, le maire de Bosdarros, Jean-Pierre Lannes, a offert cette pierre à la ville de Gan. »

     Le journal du 20 avril précise que la pierre a été installée « Au lieu-dit "La pompe", au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca. [...] Cette pierre, datée de 1989, a initialement été érigée à Bosdarros dans un parterre où un "arbre de la liberté" avait été planté. Le parterre ayant été transformé en une aire de jeux pour enfants, le maire de Bosdarros, Jean-Pierre Lannes, a offert cette pierre à la ville de Gan. » Il rappelle aussi que « Pierre Emmanuel est né à Gan en 1916, et il y a vécu une partie de sa jeunesse. La phrase inscrite sur cette pierre est tirée de "Hymne à la Liberté", paru dans La Suisse contemporaine en 1941 puis dans Jour de colère en 1942. »

     Une très belle photo accompagne les deux articles.

     On peut lire l’article ici.


7 février 2022

     Le site « Les univers du livre – Actualité » présente une Anthologie mondiale de la poésie parue aux éditions Caractères, « sous la houlette de sa directrice Nicole Gdalia, également poétesse et universitaire ». Parmi nombre de poètes est nommé Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.