Les nouveautés sur le site
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• Cela s'est passé un... Semaine du 30 août au 6 septembre (ci-dessous).
• L'extrait du mois :
- « Stabat Mater », La nouvelle naissance, Seuil, 1963, p. 70 ; Œuvres complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 1090.
- « Créer pour rompre », Choses dites, DDB, 1970, p. 119-120.
• « The power of the poet », The Atlantic, n° 187, janvier 1951, p. 74-77.
• 28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).
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Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.Chers Amis,
La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !
Catherine Emmanuel Carlier
Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel
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• Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel
• IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.
• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
Le mot de l'Association
Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.
Catherine Carlier, Présidente de l'Association
(*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.
Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)
30 août
XIIIe biennale internationale de poésie, 1979 (Knokke-Heist, 30/8 – 1 et 2/ 9 1979), Archives IMEC, 8 p. Pierre Emmanuel, président, succède à Léopold Sédar Senghor. « [N]otre tâche, à nous poètes, est de désarmer, de souffrir, ou de dominer cette allergie [que le Monde ressent à l’égard de son être].
Cette faculté ne va pas sans risques, puisque celui qui la possède, ou qui s’en trouve progressivement investi comme d’une charge envers l’homme, prend aussi en charge, souvent à son corps défendant, le poids de l’histoire elle-même, dont il devient un témoin, et parfois davantage, un oblat.
Ce risque est d’abord celui de la compassion, cette douleur de participation universelle à laquelle peu d’hommes aujourd’hui peuvent se soustraire entièrement, puisque toutes les horreurs de la planète sont immédiatement rendues publiques par les media. Il est vrai que les mêmes media font en sorte, aidés en cela par l’instinct de conservation individuel et collectif, que ces horreurs soient immédiatement oblitérées et que notre attention un instant éveillée en soit distraite par cette force centrifuge qui semble être le propre de l’homme moderne, l’homme à la pensée caféinée, comme l’appelle Henry Michaux. Cet homme de l’instant, requis par la liturgie incessante de la publicité, qu’elle soit commerciale ou politique, n’a pas le temps de se former une idée cohérente de l’histoire et de l’homme : il ne se domine plus, il se subit. Mais cet homme instantané, atomisé, tend à devenir la norme humaine. Au contraire de l’Homme unitaire, l’homme universel, qui concentre sa vie et sa pensée dans l’effort de s’unifier et d’unifier son idée de l’homme, celui pour qui l’identité personnelle ne fait qu’un avec le pur et simple fait d’être. »
31 août
31 août 1974
« Culture, télévision et radio », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 31 août 1974, p. 1, 18. « [Q]u’est-ce, au fond, que le grand public ? Ces dizaines de millions de téléspectateurs, comment regardent-ils la télévision ? Ces possesseurs de transistors, comment écoutent-ils la radio ? Dans combien de familles ai-je vu la télévision présente sans l’être, allumée sans être regardée, le son mis sans être écouté ! On est habité en permanence par des images et des voix dont le sens est nul puisqu’il n’est pas perçu ; mais ce déroulement incessant est nécessaire parce qu’il tient compagnie : grâce à lui, la maison est sans murs, le « téléspectateur » vit au centre d’un rêve plus ou moins cohérent qui le sature d’informations qu’il n’a pas à penser, de sensations qu’il n’a pas besoin d’éprouver.
Ce psychisme collectif potentiel que forma la suite des émissions d’une journée, un nombre considérable de gens y sont pris d’une manière immédiate, sans la distance d’une certaine qualité d’attention. Or, j’ai entendu souvent de telles gens donner leur avis sur les programmes. D’où leur vient-il ? Mystère. »
1 septembre
1 septembre 1945
« Les témoins », Les Lettres françaises, n° 71, 1er septembre 1945, p. 1, 4. « Les chambres à gaz, les fours crématoires, les monceaux de cadavres nus : ces images maintenant familières, j’ai grand peur que ce ne soit que des images, guère plus éprouvantes pour l’esprit, oubliées presque aussi vite que les autres horreurs en série dont fut prodigue cette guerre. Quand les premiers camps furent libérés, les journaux des pays alliés se remplirent de détails atroces. Une sorte d’émulation s’établit, chacun voulant avoir la primeur de quelque fait, de quelque appareil monstrueux. […] Voici qu’une propagande bien intentionnée, et qui aurait dû être saine, utilisait dès l’abord les moyens qui firent la fortune de l’hitlérisme : l’instinct du sang, le goût des messes noires, l’appel de l’hypogée.
Caricature ? Je le veux bien. Encore n’en suis-je pas sûr. Il s’agissait d’attirer à l’exposition le plus possible de visiteurs. Plutôt que de parler à leur raison, les organisateurs s’adressèrent à leur sens – rouge, noir, rouge, noir – et, par les sens, à leur perversité latente, débusquée par l’image de l’enfant crucifiée. »
2 septembre
2 septembre 1983
« Lettre à mes lecteurs », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1916. « [...] la maladie a de grands moments, une symbolique se dégage d’elle. Sans elle, j’aurais accru en moi cette tendance culpabilisante qui fait le fond du jansénisme catholique, et je n’aurais pas compris le sens du soupir apophatique poussé vers le Suprême, qui est chez moi, à l’intérieur du christianisme, la forme la plus haute de ma religiosité.
Je n’aurais pas appris, non plus, à relativiser l’importance des fins humaines, et de nos plus naturelles vanités.
Maintenant – mais avec plus de gentillesse ou, si le mot est trop fort, moins de sévérité que jamais, je juge les hommes et tâche de me juger moi-même. Notre méchanceté me semble davantage affaire d’ignorance que de malignité foncière ou, comme le disait le poète, “inviscéré”. Mais quelle ignorance ? Certainement pas celle des choses que peut nous faire connaître la raison ; ou, en tout cas, moins de celles-ci que des choses du cœur et de l’esprit, si peu enseignées, si peu pratiquées. »
3 septembre
3 septembre 1939
« Le jour de la déclaration de guerre, j’étais en Haute-Loire, dans un pays de sévère tristesse, noir et vert sombre, que le soleil ne réchauffe pas. Ma femme et moi, nous revenions de promenade : nous suivions la voie du petit chemin de fer qui va de Dunières à Yssingeaux. Soudain, ma femme poussa un cri : un énorme crapaud nous barrait la route. Je le chassai, mais il ne partit qu’à regret, en boitillant avec ironie. Quelques pas plus loin, nous tombâmes sur toute une famille de crapauds : plus nous avancions, plus ils grandissaient en nombre ; il y en avait partout, sur les traverses, sur les rails, sur le petit chemin, dans l’herbe, dans le fourré. Signe de pluie ? Le ciel était splendide, et l’on sait que ce début de septembre fut une radieuse saison. Signe des temps plutôt. Nous avions le cœur lourd d’une angoisse trop précise ; en arrivant à la maison, nous vîmes l’affiche placardée sur le mur. »
4 septembre
4 septembre 1967
Lettres à Paul Flamand : « J’ai mis à profit les quarante jours de ma retraite au désert (il n’a pas plu depuis dix-huit mois à Eygalières) pour revenir aux sources de la poésie, et je suis revenu désaltéré, mais désireux de sources nouvelles. Ces sept années de volontaire sécheresse ne m’ont pas tari » et à Serge Montiny : « Vous aurez bientôt entre les mains Le monde est intérieur. Comme les autres précédents, ce livre sera réputé “difficile” par ceux des critiques dont ce n’est pas le métier de lire des livres qui prennent du temps. Puis-je vous demander d’en persuader quelques-uns, parmi ceux qui lisent, que ce livre-ci peut se lire sinon en entier, du moins par petits morceaux, – que c’est en somme un menu à la carte et non à prix fixe ? »
5 septembre
5 septembre 1973
« La maladie mentale (à propos des déclarations de Soljenitsyne), article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 5 septembre 1973, p. 1, 28. « Les récentes déclarations de Soljenitsyne, amplifiant celles de Sakharov, sont un sommet de la conscience : rien d’aussi capital pour le civisme universel n’a été proféré depuis longtemps dans le monde qui se dit libre. Pourtant, il est douteux que ces paroles, qu’un petit nombre seulement de grands journaux ont reproduites en entier, soient entendues de ceux qui tout les premiers devraient les entendre, à savoir les intellectuels. Seuls quelques-uns osent mesurer la catastrophe de l’esprit dont Soljenitsyne, une fois de plus, nous rappelle la menace. »
[...] Quand Soljenitsyne dénonce “le ravalement des adultes à l’état d’enfants”, sait-il qu’il parle aussi d’un totalitarisme du néant, certes moins policier que l’autre, mais aussi omniprésent et à la longue plus pernicieux ? Sait-il que la société occidentale, asservie à l’impérialisme de la croissance, météorisée par ses excès de consommation, est en passe de devenir un magma de ruminants débiles, indifférents aux valeurs éternelles dont témoignent Soljenitsyne et ses amis ? Ces “valeurs éternelles”, les intellectuels occidentaux y croient si peu qu’ils ne les désignent plus qu’entre guillemets. Indolore ici et confortable pour le plus grand nombre, infiniment douloureuse pendant des décennies pour des millions de gens de toute condition, la massification industrielle ou idéologique pourrait bien signifier à brève échéance la fin de ce qui s’appelait jadis l’âme humaine et qui n’a plus de nom dans nos terminologies. »
6 septembre
6 septembre 1940
Lettre à Jean Paulhan. « De plus en plus j’ai confiance dans la réaction salutaire contre la bêtise et la crasse montante. Mais suffit-il de garder, pour soi, sa lucidité ? N’y a-t-il vraiment rien à faire que d’attendre, et la presse est-elle à tel point dégradée qu’un article suffisamment subtil ne puisse souligner, au détriment de cette bêtise, quelques vérités élémentaires ? »
