PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juillet 2021


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 18 au 25 juillet (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Bouche », Le grand œuvre, Seuil, 1984, p. 23. Œuvres poétiques complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 1002.
     - « Le gouffre psychique », Les Nouvelles littéraires, 29 mai 1969, p. 1, 3, sous le titre « Le mythe de la ville », repris dans Choses dites, DDB, 1970, p. 94.

Une étude inédite de Pierre Bogaert (Université de Louvain - Abbaye de Maredsous) sur la dédicace de Tombeau d'Orphée.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

----------------

     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

----------------




Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
Précédemment, en...
 2021      2020
2019    2018
2017     2016
2015    2014
2013    2012

Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

18 juillet

18 juillet 1979

     « Le grand schisme européen », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « En Europe, l’histoire récente fut un tel Moloch que toute une jeunesse a voulu désespérément s’en défaire et nous y a entraînés. Étrangement, beaucoup d’européistes attendent de l’Europe petite qu’ils sont en train de bâtir qu’elle exorcise les crimes d’un continent, réputé universellement égocentrique et coupable de l’état du monde depuis deux mille ans et plus. Je ne suis pas certain que leur entreprise, peu fondée actuellement sur le plan idéal, ait raison de cet esprit autopunitif et suicidaire qui, sur le plan démographique par exemple, annonce de noirs lendemains. »

 

19 juillet

19 juillet 1957

     « Le totalitarisme rampant », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 680, p. 16. « Quelle tristesse, d’être gouvernés par du vent… On finit par ne plus rien entendre, par ne plus croire à rien. Ce vent emporte les paroles sensées : allez donc parler quand il souffle ! Jamais la presse d’opinion ne fut courbée sous le vent comme aujourd’hui : les quelques rares qui parlent dans le vent, contre le vent, sont des héros ou des Cassandres. Voix pathétiques, enrouées à force de se briser en mutisme, de répéter les mêmes vérités dont nul ne veut… Car nous ne voulons pas que la vérité nous dérange : et quand elle se fait lancinante, nous cherchons des drogues pour en être distraits, du bruit pour que se taise en nous cette sourde inquiétude qui nous vient. Il n’est pas un Français qui ne la sente, derrière les mots menteurs dont il l’endort. Il n’est pas un Français qui ne sache que les formules de fait ne sont pas le fait, et que la distance du langage politique au langage français tout court est en train de devenir sidérale. Le vent des sphères – des hautes sphères – souffle sur un peuple indifférent, que son péché d’indifférence risque de livrer aux apprentis dictateurs. »

 

20 juillet

20 juillet 1974

     « Présence du sacré dans la littérature contemporaine », émission de France culture. Pierre Emmanuel y participe, avec Jean-Claude Renard et d’autres. « Le sacré a-t-il disparu du monde moderne ? À mon avis c’est une question purement théorique, c’est une question du genre : “Dieu est-il mort ?”, ou “L’homme est-il mort ?”. Le sacré fait partie de l’existence ; il naît d’une certaine attitude devant la réalité, c’est un sentiment, c’est une certaine façon de s’approcher de la réalité universelle et humaine. Je ne pense pas que l’on puisse le définir en termes philosophiques ; en somme, il y a des gens qui en ont l’expérience et d’autres qui n’en ont pas. Mais cette expérience n’est pas nécessairement de type religieux. Elle ne signifie pas que l’on adhère à une foi de type déterminé, avec ses dogmes, avec ses croyances plus ou moins cohérentes : le sacré peut naître par exemple de la vue d’une montagne au couchant, ou bien de celle d’un arbre qui se détache sur le ciel. Il exprime une certaine appréhension que l’homme a du mystère des choses. »

 

21 juillet

21 juillet 1981

     Pierre Emmanuel prononce deux conférences suivies de discussions lors d’un cours de perfectionnement pour enseignants étrangers à l’Institut International d’Études françaises de l’Université de Strasbourg II. Le texte en est retranscrit dans La poésie comme forme de la connaissance. « [L]a première chose qu’il faut comprendre lorsqu’il s’agit d’une œuvre, c’est qu’elle est d’abord l’œuvre d’un auteur. Il y a quelqu’un là-derrière ; nous avons tendance, trop souvent, à l’oublier. Et ce quelqu’un, là-derrière, ne l’a pas écrite simplement pour mettre en forme des idées ; il l’a écrite, cette œuvre on peut conjecturer, en tout cas, dans beaucoup de cas – qu’il l’a écrite, poussé par un certain besoin, animé par une force intérieure, et que cette œuvre, en formulant ce qu’on peut appeler des pensées, mais qui n’est pas nécessairement de l’ordre de la pensée, lui permettait de se voir lui-même, de s’interroger lui-même, de se libérer. Ceci doit être très clair dans votre esprit : il y a quelqu’un là. Même lorsque vous lisez Eschyle, ou Euripide, ou Sophocle, il y a quelqu’un, là. »

 

22 juillet

22 juillet 1983

     « Apprends bien ta leçon, fillette… », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1910. « Cahin-caha, le monde suit son cours, et force est de constater que nous n’en savons pas grand-chose. Sur le petit écran-kaléidoscope, toutes les trente secondes, des fragments colorés se groupent, ébauchent un sens, se défont, puis leur jeu recommence. Pour les attentifs, un constat : la disparition presque totale de l’information à l’échelle planétaire, des grands reportages en particulier. Nos moyens d’information sont pourtant immenses, leurs sources, dit-on, ne cessent de se multiplier. Bientôt le câble, les satellites, bientôt quarante, cent, mille canaux à la portée du premier terrien venu. Et, en même temps, ce phénomène qui sera demain sensible à tous, même à ceux dont la “télé” remplace leur substance grise : le ramollissement, la paralysie progressive de l’imagination concrète, de la capacité de concevoir les faits, chez la masse des individus soumis au monopole de l’image, et dont le petit écran devient le milieu mental. Cet affaiblissement d’une fonction majeure de l’esprit n’atrophie pas que ceux qui le subissent ; il touche aussi, et peut-être surtout, ceux qui le provoquent : les détenteurs du monopole, ses manipulateurs. »

 

23 juillet

23 juillet 1982

     « Ce Liban qui ne s’appartient plus », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1858. « Je crois profondément, c’est-à-dire, tout court : je crois, que l’esprit travaille le monde actuel au travers de souffrances inouïes, et qu’un jour peut-être proche, les linéaments d’une lecture symbolique globale apparaîtront à qui saura lire non pas scientifiquement, mais psychiquement et religieusement. La douleur, quand elle est vraiment comprise et partagée, est foncièrement hospitalière : c’est ce que révèlent, dans leur sérénité étrange, certaines images du Liban déchiré. Je pense souvent à cette phrase de Teilhard de Chardin dans son Journal de guerre : “à chaque phase de progrès du monde correspond une certaine profondeur nouvelle de mal, et de puissance malfaisante qui s’intègre avec l’énergie libre croissante pour le bien – l’une appelant l’autre, la créant, l’excitant…” Et je me dis que, peut-être, une intelligence plus imaginative, plus spirituelle, pourrait saisir cette correspondance et la maîtriser. »

 

24 juillet

24 juillet 1945

     « Consumé par la raison ardente, Paul Valéry est mort », article de Pierre Emmanuel dans Les Étoiles, n° 11, p. 1. « Que l’abbé Larue, au fort Montluc, ait récité du Valéry à ses compagnons de cellule, cela ne surprendra point ceux qui l’ont connu. Qu’il ait trouvé, dans la beauté sévère du Cimetière marin, une exigence de vérité égale à la sienne, et digne de la solitude extrême qu’il dut connaître durant ses derniers mois, j’y vois un hommage éclatant à celui qui vient de mourir, et dont chante déjà la mémoire. Il est des hommes dont l’admiration porte témoignage au nom d’une œuvre. L’abbé Larue était assez grand, par la culture et le caractère, pour que son amour de Valéry s’élève au-dessus de l’encens littéraire que les pontifes s’apprêtent à faire fumer. Cette offrande d’un vivant à un vivant : une estime sans réserve pour celui dont le langage était l’honneur de l’homme, c’est au nom de mon meilleur ami que je viens la déposer sur la tombe du poète qui s’en va. »

 

25 juillet

25 juillet 1980

     « Qu’est-ce, pour nous, la France ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 4. « Il se pourrait, pourtant, qu’un candidat fit entendre, à des Français peut-être pas si sourds, ce qu’est pour lui la France : et que cette définition de la France ne fût pas qu’un témoignage du passé, mais l’affirmation d’une République vivante ; qu’elle fût une politique, et même extérieure(…) ! Je souhaiterais qu’il parlât de la France comme ce personnage de Giraudoux dans L’Impromptu de Paris : “Laissez-moi rire quand j’entends proclamer que la destinée de la France est d’être ici-bas l’organe de la retenue et de la pondération ! La destinée de la France, c’est d’être l’embêteuse du monde. Elle a été créée, elle s’est créée pour déjouer dans le monde le complot des rôles établis, des systèmes éternels… Il y a dans l’ordre, dans le calme, dans la richesse, un élément d’insulte à l’humanité et à la liberté que la France est là pour relever et punir. Dans l’application de la justice intégrale elle vient immédiatement après Dieu et chronologiquement avant lui… La mission de la France est remplie, si, le soir, en se couchant, tout bourgeois consolidé, tout pasteur prospère, tout tyran accepté se dit en ramenant son drap : “Tout n’irait pas trop mal, mais il y a cette sacrée France ! Car tu imagines la contrepartie de ce monologue dans le lit de l’exilé, du poète et de l’opprimé.” »


 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

Bouche

Imaginer un désert rond sans vent ni ciel ni horizon
Un gris sans fin pareil au gris non-lieu n’ayant nulle substance
Ubiquité inétendue où le regard aurait fondu
Dont tous les points seraient des trous micropores d’un même abîme

Et que partout sourdant de rien soudain le pourpre l’envahît
Que bourgeonnât ce néant gris de fleurs charnues mimant des lèvres
Qu’ainsi la vide éternité crépusculaire suspendît
Sa propre attente dont l’objet fût l’intense incarnat du rouge

De cette attente sans durée le point du jour va-t-il percer
Où gris et rouge ne soient qu’un qui s’y décante s’y distingue
De l’une à l’autre commissure entre eux il filtre un horizon
La bouche semble l’entrouvrir pour qu’y luise une perle au fond

Elle est si belle féminine et Quelqu’un de très loin devine
Bien que n’existe rien encore quelle face elle animerait
Qui s’ébauche rosant le gris dans le rêve où il se voit naître
Du rêve même qu’il fait naître dans ces yeux en miroir des siens

« Bouche », Le grand œuvre, Seuil, 1984, p. 23.


 

__________________

Prose

     « La ville est pour moi le symbole de la séparation, de l’exclusion. Et avec elle la société qu’elle définit, le rythme du temps qu’elle impose, ses bureaux, son horaire uniforme, ses foules agglutinantes, ses murs. C’est une énorme concasseuse d’hommes, à laquelle il peut être impossible d’échapper. Tenter d’en sortir, de m’en extirper, fut le sujet de fréquents cauchemars où je déployais une énergie épuisante et vaine. Je vois la ville comme un signe d’apocalypse, une provocation au feu du ciel. Plus elle s’élève, plus profondément je m’y sens choir : elle est la fosse de Babel, selon l’étonnante expression d’Abellio. Pourtant quand j’y suis si totalement pris au piège que j’en oublie son caractère oppressant, je l’aime alors dans son abstraction inhumaine, comme si elle existait en soi, indifférente aux hommes qui la peuplent. Je l’aime surtout en des lieux vastes ou à des heures vides, quand cesse la scie du trafic, ou, comme à New York, quand la perspective verticale, exaltant trompe-l’œil, libère l’esprit de la densité des foules et du bruit des voitures. Je me promène dans une cité enchantée, devenue son propre spectre. Je la rêve : sa géométrie obéit aux fantaisies de mon œil, lequel, étrangement, la pétrifie en maquette gigantesque, intacte mais foudroyée. »

« Le gouffre psychique », Les Nouvelles littéraires, 29 mai 1969, p. 1, 3, sous le titre « Le mythe de la ville », repris dans Choses dites, DDB, 1970, p. 94.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

16 mai 2021

     Le journal « Liberté » publie « Jean El-Mouhoub Amrouche, Une vie dédiée à la poésie, la radio… et la politique », écrit par Salem Remane. Ce dernier rappelle les grands entretiens et nomme Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


29 avril 2021

     Un article d’Hafid Adnanisur Jean Amrouche rappelle ses grands entretiens avec penseurs et poètes, dont Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


Mars 2021

     Mme Odette David, poète, a donné très généreusement à l’Association les lettres que Pierre Emmanuel lui avait écrites lorsqu’elle lui demandait conseil pour son écriture et l’ensemble des œuvres du poète qu’elle possédait.


12 mars 2021

     Dans un article du journal La Croix, Sœur Dominique, de l’Abbaye Notre-Dame de Maumont, qui correspondit avec Pierre Emmanuel à la fin de sa vie, cite quelques vers de La Colombe :
« Ne comprenez-vous pas l'imminence de l'homme ?
êtes-vous tellement endurcis par la peur ?
(...)
Ah, si j'avais les ailes de la Colombe ! »

     On peut consulter l’article ici.


25 février 2021

     Le poète Philippe  Jaccottet est mort à l’âge de 95 ans. En son honneur, voici ce qu’il écrivait le 26 avril 1958 dans La Gazette de Lausanne (p. 14), rappelant sa première rencontre de Pierre Emmanuel :
     « Je me souviens encore très bien de ce jour de la dernière guerre (en 42 ou en 43) où Pierre Emmanuel était venu parler de la poésie française à l’Université de Lausanne, devant un auditoire comble et passionnément attentif : la guerre avait réveillé les sentiments nobles (en même temps qu’elle libérait les pires instincts), toutes sortes de poèmes, que nous ne pouvons plus lire aujourd’hui, nous touchaient pour d’évidentes raisons. Pierre Emmanuel avait lu de lui, je ne l’ai pas oublié non plus, un vaste poème intitulé "Ah ! si j’avais les ailes de la colombe !", et dans ce grand ruissellement d’images et de rêve, nous nous étions baignés avec émotion. Puis, de ce poète qu’on avait porté aux nues, on ne parla presque plus ; Pierre Emmanuel dut souffrir de ce retour à l’obscurité, de cette chute de tension, mais son nouveau recueil, Versant de l’âge (Éditions du Seuil), prouve qu’il n’a pas abdiqué, qu’il a changé, donc qu’il est demeuré vivant. »


9 février 2021

     Chroniques d’architectures s’intéresse aux ministres de la Culture. Il rappelle à cette occasion la « querelle » entre Maurice Druon et Pierre Emmanuel « enterre une avancée de la Nouvelle société et provoque la démission du Conseil du développement culturel créé en 1971. »

     On peut lire l’article ici.


26 janvier 2021

     Mme Claude Lafont présente une conférence sur Dieulefit durant la dernière guerre. Elle y évoque l’histoire qui amena à l’accueil des réfugiés et parmi eux Pierre Emmanuel.


17 décembre 2020

     Un blog du journal La Croix signale la parution d’un livre de Philippe François : Anthologie protestante de la poésie française, qui comprend, entre autres, des textes de Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.


5 décembre 2020

     Le site Vaticannews présente une interview de Gilles Baudry : « La poésie, «chant de l’être» à transcrire selon la musique des mots ». Ce dernier y rappelle Pierre Emmanuel en ces termes :
     « Notre soif, notre faim - de Dieu, ou indirecte. La grande question de Pierre Emmanuel [poète français du 20e siècle ndlr], qui le hantait à la fin de sa vie, était: «qu’est-ce qui peut bien donner faim de Dieu aux hommes ?».

     On peut lire l’article ici.


26 novembre 2020

     Centenaire Jean Starobinski (1920–2020) : Exposition virtuelle
     La Bibliothèque nationale suisse propose une très riche exposition virtuelle sur Jean Starobinski en l’honneur du centenaire de sa naissance. Elle comporte entre autres deux lettres de Pierre Emmanuel, circonstanciées, et une lettre de Jean Starobinski à François Lachenal qui évoque les envois faits pour un anniversaire de Pierre Emmanuel.

     On peut voir ici son vernissage virtuel et regarder l’exposition.


 

Octobre-décembre 2020

     Anne-Sophie Constant publie un article sur Pierre Emmanuel : « Vaincu, vainqueur voleur du Souffle et custode du Vent. », dans le numéro 155 de Transversalités. Poésie et transcendance, Octobre-décembre 2020.


21 octobre 2020

     Le site Art côte d’Azur présente l’exposition « Sosno squatte l’Amérique » et rappelle que le premier livre de l’artiste, Sacha Sosnowski, fut préfacé par Pierre Emmanuel et le professeur Wolff, prix Nobel.

     On peut lire l’article ici.


18 octobre 2020

     Luc de Goustine rappelle un souvenir le liant à la fois à Michaël Lonsdale et Pierre Emmanuel sur le site Mauvaise nouvelle, dans un article intitulé « Michaël Lonsdale, confidence posthume… »

     On peut le lire ici.


5 octobre 2020

     À l’occasion de la mort de Claude Vigée, poète et grand ami de Pierre Emmanuel, décédé le 2 octobre 2020, 

     - Michaël de Saint-Chéron rappelle leurs liens dans un article paru sur L’obs : « Claude Vigée est mort à 99 ans, c’était un grand poète qui savait « danser sur l’abîme ».
     On peut le lire ici.

     - Anne Mounic rend hommage au poète dans la revue Temporel au nom de l'Association des Amis de l'œuvre de Claude Vigée. Elle y mentionne elle aussi les liens qui l'unissaient à Pierre Emmanuel.
     On peut lire l'article ici.

      - évoque à son tour les deux poètes dans un article paru le 08 octobre 2020 dans Le Monde.
     On peut le lire ici.




     Plusieurs pages du site rappellent l'amitié et l'estime qui unissaient les deux poètes. Pour les consulter, taper "Vigée" dans le moteur de recherche en haut de la page.

On trouvera ici, exceptionnellement, en hommage à Claude Vigée, le récit de leur première rencontre, telle qu'il la racontait dans La Faille du regard en 1987.

 


3 octobre 2020

     Sur Radio-Prague international, Jan Zatloukal présente son livre : L’exil de Jan Čep, écrivain tchèque exilé à Paris en 1948 et son amitié avec Pierre Emmanuel, qui l’incita à écrire son autobiographie : Ma sœur l’angoisse.

     On peut lire l’interview ici.


23 septembre 2020

     La revue La Nef publie un article de Marie-Hélène Verdier : « Le combat avec l’ange – L’actualité de Pierre Emmanuel ».

     On peut le lire ici.