PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juillet 2022


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 3 au 10 juillet (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Aux dix mille vivants », Le grand œuvre, Seuil, 1984 ; Œuvres poétiques complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 1098.
     - « L’aspiration à voir », Le monde est intérieur, p. 252-270.

• François-Jean Armorin, « En parlant poésie avec Pierre Emmanuel », Le Journal, 29 octobre 1942, p. 4 (/4).

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

----------------

     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

----------------




Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
Précédemment, en...
 2021      2020
2019    2018
2017     2016
2015    2014
2013    2012

Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

3 juillet

3 juillet 1981

     « Quels volcans nous travaillent ? », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1803, repris ensuite dans Une année de grâce, p. 34. « La démesure du XXe siècle est une violence sans précédent faite à la terre et à l’espèce par les nations les plus inventives, les plus industrialisées, les plus conquérantes, les mieux armées pour la destruction, y compris l’autodestruction. Ces nations n’ont pas su – mais quand l’homme l’apprendra-t-il, et toute la question de son progrès n’est-elle pas qu’un jour il l’apprenne ? – lier ensemble dans une idée cohérente de l’homme la puissance inventrice de l’intellect “objectif” et l’intuition créatrice de ces autres facultés dites “subjectives” dont l’ensemble, si l’on veut le nommer, pourrait bien constituer l’amour. Il faudra de grands efforts d’imagination, un prophétisme jailli d’une foi d’autant plus forte qu’elle sera comme le retournement et la réorientation vers le haut du nihilisme contemporain, pour que l’homme occidental échappe à l’effondrement de ses valeurs et refasse la preuve qu’elles peuvent redevenir universelles. Cette conversion n’est l’affaire d’aucun dogme à lui seul, ni d’aucun parti. C’est un acte de Dieu qu’il faut appeler comme la pluie, par la prière. »

 

4 juillet

4 juillet 1980

     « Qu’est-ce, pour toi, l’homme ? », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1751. « L’homme sans convictions est aussi l’homme sans conviction. Comment être homme, sans conviction ? L’homme est ma conviction même. Si je cessais d’être convaincu de l’homme, je ne serais plus. Quand ai-je d’abord senti cette conviction ? Dès l’éveil de ma conscience sans doute. C’est une force, un élan, un naturel dans le fait d’être, que je me découvre dès l’âge de six ans. En écoutant mon interlocuteur m’exposer son manque de foi, je comprends quelle chance fut la mienne, ou quelle grâce m’est donnée. Et qu’en ai-je fait ? On n’est jamais assez homme. On ne s’oublie jamais assez pour être l’homme que l’on doit. »

 

5 juillet

5 juillet 1983

     Diffusion de l’émission « L’engagement des intellectuels », diffusée par France culture, à laquelle participe Pierre Emmanuel, dans le cadre du « Dialogue franco-portugais ». « Il y a des valeurs communes essentielles à la constitution de l’idée que nous nous faisons de l’homme. Vous parlez d’engagement […]. Je préfère dire que la conscience que nous avons, nous artistes, nous serviteurs du langage, nous dont c’est la vocation et la profession d’observer les grands changements de l’homme moderne et de les traduire, cette conscience que nous avons-nous rend solidaires ; nous rend solidaires dans la recherche de la vérité. Et aussi au-delà de la vérité objective, du sens, du sens des choses et du sens de l’effort humain. Or nous avons vécu en cette seconde moitié du XXe siècle – nous continuons de vivre – un des moments les plus bouleversants de l’histoire entière de l’humanité, parce que, pour la première fois depuis bien longtemps, l’homme moderne se trouve en face d’une nouvelle réalité politique qui prétend s’approprier complètement son destin : la forme totalitaire. Ce n’est pas simplement une dictature, comme d’autres dictatures ont sévi sur les hommes au travers des siècles, c’est une emprise sur la profondeur de l’être, en vue de changer la réalité humaine tout entière, de la modifier de telle sorte que l’homme, à la fois massifié et atomisé, soit entièrement, complètement, entre les mains de l’État. Parce que nous sentons cette ambition, parce que nous mesurons cette menace, parce que cette histoire ainsi engagée nous angoisse jusqu’au fond de nous-mêmes, alors nous nous sentons naturellement requis de défendre des choses très simples ! que d’ailleurs d’autres défendent de manière beaucoup plus directe et beaucoup plus tragique que nous. »

 

6 juillet

6 juillet 1974

     « Pornographie n’est pas liberté », article de Pierre Emmanuel dans le Figaro, p. 23. « Dire que, fondamentalement, il n’y a pas de différence dans la façon de traiter l’homme entre le système concentrationnaire et l’exhibitionnisme pornographique peut provoquer la risée. C’est que l’ontologie n’est pas notre fort : la nature humaine (dit-on) n’existant plus, nous n’avons plus la responsabilité d’une image ou d’une ressemblance quelconque. Ainsi donc, n’importe quoi peut arriver, comme le prouvent les trois premiers quarts de ce beau siècle.
     […] [L]a puissance de dépersonnalisation est à l’œuvre dans l’homme moderne pour longtemps. La pornographie est l’une de ses formes. Comme objet de consommation, comme moyen d’abêtissement public, elle s’installe pour durer : il faut la regarder en face. La face humaine doit être mise à nu même là, dans cette sexualité automatique et dérisoire. Un fait au moins est positif dans la levée de toute censure, c’est le dévoilement de l’absurde qui – fût-ce à travers le désespoir – ramène au sens. Où la censure est inopérante, seule, à long terme, la lucidité d’esprit sauve le cœur. Oui, le cœur. »

 

7 juillet

7 juillet 1957

     Carlo François, « La Colombe de Pierre Emmanuel », Paix et liberté, 7 juillet 1957, p. 3. « Entre la rédaction de notre premier article (Paix et liberté, n° 26, 30 juin 1957) et celle de ce second envoi, un essai remarquable sur la Poésie de Pierre Emmanuel a paru dans les Cahiers du Sud (43e année, n° 340) sous la plume de M. André Marissel. Nous recommandons chaleureusement à nos lecteurs cette étude approfondie d’une poésie à laquelle ce qu’on va lire servira peut-être de modeste introduction.
     La Colombe est un poème de 150 vers dont nous ne pourrons donner ici que les quelques extraits sur lesquels se fonde notre interprétation. Il est dédié à Jean Cayrol, un poète déporté par les Allemands. Il est daté : Pentecôte 1942.
     Comme Pierre Jean Jouve le fait remarquer dans la Préface, Pierre Emmanuel n’est pas seulement un chantre patriotique. Au contraire, il s’inscrit « contre une poésie simplement civique, retraçant l’événement brut et la passion politique. » Voyant, il se sert du fait historique (la guerre, l’occupation) pour en dégager des leçons essentielles, pour y lire des signes qui éclairent son époque ; prophète, il devine les prolongements du cataclysme et en prévoit certaines conséquences. »

 

8 juillet

8 juillet 1955

     « La France est une vocation », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 574, p. 1. « La France sera-t-elle colonisée par la technique, ou saura-t-elle l’utiliser aux fins d’un humanisme exemplaire, qui aiderait le monde moderne à retrouver des voies de liberté ? Pour le Général, la France reste la médiatrice universelle, à condition de n’être qu’elle-même et non ce que d’autres veulent qu’elle soit ou ce que les circonstances la font. Il veut n’être désormais que le témoin de cette âme française dont la continuité, au delà des opinions, devrait être la fierté de tout Français et l’objet de sa volonté d’indépendance. Cette continuité, qu’on nous l’enseigne ; jamais nos enfants n’entendront assez parler de la France dans les grands exemples qu’elle a produits. Méditer sur ces exemples, c’est stimuler le goût de les suivre : dans l’âme de tout petit Français il devrait passer quelque chose de celle d’une Jeanne d’Arc ou d’un Lyautey. L’histoire peut changer, de nouveaux problèmes apparaître : la vertu des idées-mères demeure le seul ferment de l’imagination appliquée aux faits. Ces idées-mères, cet instinct de certaines notions absolues, qu’ils animent également les actes publics. Quand la France a foi dans sa parole, elle se fait écouter et aimer. Aujourd’hui qu’elle a perdu la position dominante qui la sauvait parfois de ses propres infidélités, elle n’a de force que sa parole, et que l’audace qu’elle y met. La personne France reste universelle, si la puissance française a partiellement disparu. Ce serait une tragique erreur de croire que tout irait mieux si la France cessait de l’être pour tomber au rang de province de l’un des deux mondes affrontés. »

 

9 juillet

9 juillet 1982

     « Un chrétien dans l’espace », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1856. « Quand je lis certains écrits de “dissidents”, d’esprits qui ont payé le prix fort pour rester libres, je suis frappé, comme pendant la guerre devant certains textes de Jacques Maritain ou de Karl Barth, par une différence irréductible d’échelle entre la préoccupation politique du moment et la réalité méta-temporelle de l’Histoire, réalité qui, cependant, est le long terme de celle-ci. Hormis ces moments exceptionnels où se révèlent des personnalités qui plus tard apparaîtront quasi mythiques, les hommes politiques ne peuvent dessiner l’asymptote des événements actuels : ou ne le peuvent qu’abstraitement, sans que leurs vains pointillés tirent à conséquence. C’est que, malgré toute la bonne volonté contraire, ces pointillés esquissent une fatalité dont personne, en temps de paix, ne voudrait assumer la charge : celle d’un monde qui bascule dans le total indéfini, où l’homme lui-même est en question comme individu et comme espèce. »

 

10 juillet

10 juillet 1981

     « Pour un vrai monopole des citoyens », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1804. « Parfois porteuses d’espérances légitimes longtemps frustrées, les grandes époques de changement voient surgir des profiteurs d’une espèce très particulière, que l’équilibre ordinaire des choses oblige de refouler cette acrimonie qui va souvent de pair avec l’intelligence prétentieuse et la bassesse d’esprit, quand ce n’est pas avec la stupidité pure et simple. Ces gens sont, si on ne leur impose pas tout de suite silence, ceux qui désignent les boucs émissaires à la lâcheté des opportunistes, impatients, sans trop se salir les mains, de basculer d’un conformisme dans un autre qu’ils présument opposé. »


 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

  

Pourquoi l’homme n’entend-il que son langage
Et jamais celui des vivants autour de lui ?
Et s’il n’entend le leur, peut-il comprendre
Le sien ? Ce qui jaillit du fond en ce qu’il dit
Est-ce lui ou bien l’innombrable qui l’énonce
Feuilles parlant au vent, abois de chiens la nuit ?

L’homme décide : Rien ne pense, n’articule
En mots des sons, des mots en phrases, ne bâtit
Aucun sens, ni le mien ni tout autre. L’Unique
C’est moi, l’abstrait qui définis tout-ce qui vit.
Mais jadis, lorsque la nature était le Livre
Des grands Rites dont elle était aussi le lieu
Les hommes ne pouvaient s’y nommer ni leurs Dieux
Sans les bêtes médiatrices, fussent-elles
Pour ce rôle vouées au couteau sur l’autel.

« Aux dix mille vivants », Le grand œuvre, Seuil, 1984.

__________________

Prose

     « […] si je me crois prêt, comme homme et comme artiste, à confesser la réalité de Dieu, et même le primat de cette réalité sur les autres, si je me crois prêt à lui faire sa place, et même la première, dans l’économie de ma vie, je ne suis pas, je ne suis jamais, prêt à faire de Dieu lui-même l’économie de ma vie. Mon image fondamentale de Dieu, c’est la peur sacrée que son amour m’inspire : peur du fond vertigineusement généreux de l’Être. Peur que l’impossible soit le seul nécessaire : peur d’avoir à tout donner, jointe à la certitude que je ne suis que pour tout donner, de tout donner. Telle est, qui que nous soyons, que nous l’admettions ou pas, que la vie nous y mène ou bien l’art, notre première découverte du sacré, la rencontre décisive de l’Être. Intolérable, presque toujours : donc oubliée, ou du moins estompée ; nous refoulons Dieu pour survivre à sa rencontre. Croyants ou athées, hommes au cœur vieillissant, nous sommes tous, face à l’absolu, logés à la même enseigne. Le Mystère des mystères est d’abord pour nous, négativement, le dur constat de notre échec, mais d’un échec béant en abîme : il n’y a pas d’amour fini. Nous nous savons incapables d’aimer – c’est même là, par excellence, l’amer savoir de notre époque – mais nous gardons de la secrète rencontre les uns de l’angoisse, les autres un regret nostalgique, d’autres enfin de la haine devant l’Ouvert. »

« L’aspiration à voir », Le monde est intérieur, p. 252-270.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

15-20 avril 2022

     La République des Pyrénées du 15 avril 2022 annonce :
     « Une pierre stèle a été installée à proximité de la maison natale du poète Pierre Emmanuel.
     Au lieu-dit « La pompe », au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca, le service technique de la mairie de Gan a installé une pierre stèle sur la laquelle est gravé un vers de Pierre Emmanuel : "Vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre".
     Cette pierre, datée de 1989, a initialement été érigée à Bosdarros dans un parterre où un « Arbre de la Liberté » avait été planté. Le parterre ayant été transformé en une aire de jeux pour enfants, le maire de Bosdarros, Jean-Pierre Lannes, a offert cette pierre à la ville de Gan. »

     Le journal du 20 avril précise que la pierre a été installée « Au lieu-dit "La pompe", au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca. [...] Cette pierre, datée de 1989, a initialement été érigée à Bosdarros dans un parterre où un "arbre de la liberté" avait été planté. Le parterre ayant été transformé en une aire de jeux pour enfants, le maire de Bosdarros, Jean-Pierre Lannes, a offert cette pierre à la ville de Gan. » Il rappelle aussi que « Pierre Emmanuel est né à Gan en 1916, et il y a vécu une partie de sa jeunesse. La phrase inscrite sur cette pierre est tirée de "Hymne à la Liberté", paru dans La Suisse contemporaine en 1941 puis dans Jour de colère en 1942. »

     Une très belle photo accompagne les deux articles.

     On peut lire l’article ici.


7 février 2022

     Le site « Les univers du livre – Actualité » présente une Anthologie mondiale de la poésie parue aux éditions Caractères, « sous la houlette de sa directrice Nicole Gdalia, également poétesse et universitaire ». Parmi nombre de poètes est nommé Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.


8 décembre 2021

     M. Daniel Trallero nous partage des nouvelles de Gan :
     « Le mercredi 8 décembre2021, au lieu dit « La pompe » au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca, sur le petit square qui a récemment été aménagé, le Service Technique de la Mairie vient d’y installer la pierre-stèle sur laquelle est gravé un vers de Pierre Emmanuel :
     "Vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre" »...

     Pour en savoir plus, voir ici.


10 octobre 2021

     Le site Critiques libres publie une critique des Les solitudes habitées d’Yves La Prairie. Il rappelle que l’ouvrage s’ouvre sur « trois citations de poètes profondément chrétiens (Marie Noel, Pierre Emmanuel et – moins connu que les deux autres - Xavier Grall) ».

     On peut lire l’article ici.


Septembre 2021

     Les éditions Corlevour font paraître Le Cycle de l’Horloge, suivi de Élégies, de Jeanne Tsatsos, avec une préface de Pierre Emmanuel. Introduction de Christos Nikou, membre du centre de recherche Pierre Emmanuel.

     Pour en savoir plus…