PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Septembre 2026


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 30 août au 6 septembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Stabat Mater », La nouvelle naissance, Seuil, 1963, p. 70 ; Œuvres complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 1090.
     - « Créer pour rompre », Choses dites, DDB, 1970, p. 119-120.

• « The power of the poet », The Atlantic, n° 187, janvier 1951, p. 74-77.

 

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel


IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

30 août

     XIIIe biennale internationale de poésie, 1979 (Knokke-Heist, 30/8 – 1 et 2/ 9 1979), Archives IMEC, 8 p. Pierre Emmanuel, président, succède à Léopold Sédar Senghor. « [N]otre tâche, à nous poètes, est de désarmer, de souffrir, ou de dominer cette allergie [que le Monde ressent à l’égard de son être].
     Cette faculté ne va pas sans risques, puisque celui qui la possède, ou qui s’en trouve progressivement investi comme d’une charge envers l’homme, prend aussi en charge, souvent à son corps défendant, le poids de l’histoire elle-même, dont il devient un témoin, et parfois davantage, un oblat.
     Ce risque est d’abord celui de la compassion, cette douleur de participation universelle à laquelle peu d’hommes aujourd’hui peuvent se soustraire entièrement, puisque toutes les horreurs de la planète sont immédiatement rendues publiques par les media. Il est vrai que les mêmes media font en sorte, aidés en cela par l’instinct de conservation individuel et collectif, que ces horreurs soient immédiatement oblitérées et que notre attention un instant éveillée en soit distraite par cette force centrifuge qui semble être le propre de l’homme moderne, l’homme à la pensée caféinée, comme l’appelle Henry Michaux. Cet homme de l’instant, requis par la liturgie incessante de la publicité, qu’elle soit commerciale ou politique, n’a pas le temps de se former une idée cohérente de l’histoire et de l’homme : il ne se domine plus, il se subit. Mais cet homme instantané, atomisé, tend à devenir la norme humaine. Au contraire de l’Homme unitaire, l’homme universel, qui concentre sa vie et sa pensée dans l’effort de s’unifier et d’unifier son idée de l’homme, celui pour qui l’identité personnelle ne fait qu’un avec le pur et simple fait d’être. »

 

31 août

31 août 1974

     « Culture, télévision et radio », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 31 août 1974, p. 1, 18. « [Q]u’est-ce, au fond, que le grand public ? Ces dizaines de millions de téléspectateurs, comment regardent-ils la télévision ? Ces possesseurs de transistors, comment écoutent-ils la radio ? Dans combien de familles ai-je vu la télévision présente sans l’être, allumée sans être regardée, le son mis sans être écouté ! On est habité en permanence par des images et des voix dont le sens est nul puisqu’il n’est pas perçu ; mais ce déroulement incessant est nécessaire parce qu’il tient compagnie : grâce à lui, la maison est sans murs, le « téléspectateur » vit au centre d’un rêve plus ou moins cohérent qui le sature d’informations qu’il n’a pas à penser, de sensations qu’il n’a pas besoin d’éprouver.
     Ce psychisme collectif potentiel que forma la suite des émissions d’une journée, un nombre considérable de gens y sont pris d’une manière immédiate, sans la distance d’une certaine qualité d’attention. Or, j’ai entendu souvent de telles gens donner leur avis sur les programmes. D’où leur vient-il ? Mystère. »

 

1 septembre

1 septembre 1945

     « Les témoins », Les Lettres françaises, n° 71, 1er septembre 1945, p. 1, 4. « Les chambres à gaz, les fours crématoires, les monceaux de cadavres nus : ces images maintenant familières, j’ai grand peur que ce ne soit que des images, guère plus éprouvantes pour l’esprit, oubliées presque aussi vite que les autres horreurs en série dont fut prodigue cette guerre. Quand les premiers camps furent libérés, les journaux des pays alliés se remplirent de détails atroces. Une sorte d’émulation s’établit, chacun voulant avoir la primeur de quelque fait, de quelque appareil monstrueux. […] Voici qu’une propagande bien intentionnée, et qui aurait dû être saine, utilisait dès l’abord les moyens qui firent la fortune de l’hitlérisme : l’instinct du sang, le goût des messes noires, l’appel de l’hypogée.
     Caricature ? Je le veux bien. Encore n’en suis-je pas sûr. Il s’agissait d’attirer à l’exposition le plus possible de visiteurs. Plutôt que de parler à leur raison, les organisateurs s’adressèrent à leur sens – rouge, noir, rouge, noir – et, par les sens, à leur perversité latente, débusquée par l’image de l’enfant crucifiée. »

 

2 septembre

2 septembre 1983

     « Lettre à mes lecteurs », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1916. « [...] la maladie a de grands moments, une symbolique se dégage d’elle. Sans elle, j’aurais accru en moi cette tendance culpabilisante qui fait le fond du jansénisme catholique, et je n’aurais pas compris le sens du soupir apophatique poussé vers le Suprême, qui est chez moi, à l’intérieur du christianisme, la forme la plus haute de ma religiosité.
     Je n’aurais pas appris, non plus, à relativiser l’importance des fins humaines, et de nos plus naturelles vanités.
     Maintenant – mais avec plus de gentillesse ou, si le mot est trop fort, moins de sévérité que jamais, je juge les hommes et tâche de me juger moi-même. Notre méchanceté me semble davantage affaire d’ignorance que de malignité foncière ou, comme le disait le poète, “inviscéré”. Mais quelle ignorance ? Certainement pas celle des choses que peut nous faire connaître la raison ; ou, en tout cas, moins de celles-ci que des choses du cœur et de l’esprit, si peu enseignées, si peu pratiquées. »

 

3 septembre

3 septembre 1939

     « Le jour de la déclaration de guerre, j’étais en Haute-Loire, dans un pays de sévère tristesse, noir et vert sombre, que le soleil ne réchauffe pas. Ma femme et moi, nous revenions de promenade : nous suivions la voie du petit chemin de fer qui va de Dunières à Yssingeaux. Soudain, ma femme poussa un cri : un énorme crapaud nous barrait la route. Je le chassai, mais il ne partit qu’à regret, en boitillant avec ironie. Quelques pas plus loin, nous tombâmes sur toute une famille de crapauds : plus nous avancions, plus ils grandissaient en nombre ; il y en avait partout, sur les traverses, sur les rails, sur le petit chemin, dans l’herbe, dans le fourré. Signe de pluie ? Le ciel était splendide, et l’on sait que ce début de septembre fut une radieuse saison. Signe des temps plutôt. Nous avions le cœur lourd d’une angoisse trop précise ; en arrivant à la maison, nous vîmes l’affiche placardée sur le mur. »

 

4 septembre

4 septembre 1967

     Lettres à Paul Flamand : « J’ai mis à profit les quarante jours de ma retraite au désert (il n’a pas plu depuis dix-huit mois à Eygalières) pour revenir aux sources de la poésie, et je suis revenu désaltéré, mais désireux de sources nouvelles. Ces sept années de volontaire sécheresse ne m’ont pas tari » et à Serge Montiny : « Vous aurez bientôt entre les mains Le monde est intérieur. Comme les autres précédents, ce livre sera réputé “difficile” par ceux des critiques dont ce n’est pas le métier de lire des livres qui prennent du temps. Puis-je vous demander d’en persuader quelques-uns, parmi ceux qui lisent, que ce livre-ci peut se lire sinon en entier, du moins par petits morceaux, – que c’est en somme un menu à la carte et non à prix fixe ? »

 

5 septembre

5 septembre 1973

     « La maladie mentale (à propos des déclarations de Soljenitsyne), article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 5 septembre 1973, p. 1, 28. « Les récentes déclarations de Soljenitsyne, amplifiant celles de Sakharov, sont un sommet de la conscience : rien d’aussi capital pour le civisme universel n’a été proféré depuis longtemps dans le monde qui se dit libre. Pourtant, il est douteux que ces paroles, qu’un petit nombre seulement de grands journaux ont reproduites en entier, soient entendues de ceux qui tout les premiers devraient les entendre, à savoir les intellectuels. Seuls quelques-uns osent mesurer la catastrophe de l’esprit dont Soljenitsyne, une fois de plus, nous rappelle la menace. »
[...] Quand Soljenitsyne dénonce “le ravalement des adultes à l’état d’enfants”, sait-il qu’il parle aussi d’un totalitarisme du néant, certes moins policier que l’autre, mais aussi omniprésent et à la longue plus pernicieux ? Sait-il que la société occidentale, asservie à l’impérialisme de la croissance, météorisée par ses excès de consommation, est en passe de devenir un magma de ruminants débiles, indifférents aux valeurs éternelles dont témoignent Soljenitsyne et ses amis ? Ces “valeurs éternelles”, les intellectuels occidentaux y croient si peu qu’ils ne les désignent plus qu’entre guillemets. Indolore ici et confortable pour le plus grand nombre, infiniment douloureuse pendant des décennies pour des millions de gens de toute condition, la massification industrielle ou idéologique pourrait bien signifier à brève échéance la fin de ce qui s’appelait jadis l’âme humaine et qui n’a plus de nom dans nos terminologies. »

 

6 septembre

6 septembre 1940

     Lettre à Jean Paulhan. « De plus en plus j’ai confiance dans la réaction salutaire contre la bêtise et la crasse montante. Mais suffit-il de garder, pour soi, sa lucidité ? N’y a-t-il vraiment rien à faire que d’attendre, et la presse est-elle à tel point dégradée qu’un article suffisamment subtil ne puisse souligner, au détriment de cette bêtise, quelques vérités élémentaires ? »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

 

    

               Stabat Mater

     La Mère se plante la croix dans le cœur
     Ô fils ô mon fils mon amoureux lis
     La Mère se plante la croix dans le cœur
     Et mêle son lait au sang du Seigneur

     La Mère s’écarte les bras sur la croix
     Ô fils ô mon fils mon amoureux lis
     La Mère s’écarte les bras sur la croix
     Tes clous dans ma chair te rendent à moi

     La Mère lui ouvre tout grands ses genoux
     Ô fils ô mon fils mon amoureux lis
     La Mère lui ouvre tout grands ses genoux
     C’est de ce tombeau qu’il renaît pour nous

« Stabat Mater », La nouvelle naissance, Seuil, 1963, p. 70.

__________________

Prose

     « Dans toute poésie couve un danger qu’elle devienne une spiritualité de la nostalgie, gravement limitative car ce n’est que la perspective idéale d’un monde clos sur soi, voué au seul désespoir et à l’énergie désespérée qui en découle. Il n’est pour le désespéré qu’une satisfaction « absolue », dans la mesure où il cherche à tromper ou aviver son désespoir : c’est la Beauté. Elle l’isole dans une plénitude instantanée qui le situe illusoirement hors de la menace fondamentale ouverte en lui : il échappe à la mort en mythifiant la mort (119) elle-même, par la nostalgie infinie. Or nul n’échappe à la mort réelle par l’exquise mort poétique : le plus haut paradoxe de l’art est que ce dernier nous ramène sans cesse à la mort quotidienne, éprouvée chaque fois avec plus d’évidence et de dureté. Retour qui enseigne toujours à nouveau cette vérité première qu’il faut aller infiniment plus loin que le désespoir. L’art découvre ainsi que, pour sur-vivre, il ne peut que se retourner contre soi, briser la nostalgie enchanteresse qu’il crée, avoir raison de la limite que sa volupté de tristesse met à la marche, cette marche désespérée n’étant en fait que pèlerinage sur place à l’intérieur d’un paysage splendidement maléficié. »

« Créer pour rompre », Choses dites, DDB, 1970, p. 119-120.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Les exécuteurs testamentaires de Pierre Emmanuel parlent du poète

     En 2014, Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi, exécuteurs testamentaires de Pierre Emmanuel, évoquaient chacun leur première rencontre avec le poète, puis le livre qu’ils préfèrent et enfin pourquoi il leur semble important que ce poète soit connu.


28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait "religieuse", mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot "poésie" que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

20 mai 2026 

     Arnaud Despax, membre du Centre de recherche Pierre Emmanuel, évoquera son œuvre poétique à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, avec une intervention intitulée « La poésie de Pierre Emmanuel : vers le grand œuvre » le mercredi 20 mai 2026 à 18h, dans la salle Clémence Isaure de l'Hôtel d'Assézat (7 place d’Assézat, Toulouse).


27 avril – 4 mai 2026

     Dans le cadre de « L’écho des archives », la Radio chrétienne francophone belge (RCF) a invité Anne-Sophie Constant, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, titulaire d’un doctorat d’État sur le poète, à parler de Pierre Emmanuel durant deux émissions d’une demi-heure. On peut y entendre aussi le poète lui-même, grâce aux archives de la radio.

Les émissions sont disponibles ici.


20-21 novembre 2025 

     M. Christos Nikou prononce une très belle conférence au colloque international « Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) – Une Somme de poésie : une vie à écrire » (Sorbonne Université) sur : « Le Chemin de croix chez Patrice de La Tour du Pin, Rina Lasnier et Pierre Emmanuel ».
     Messieurs Arnaud Despax et Pierrisnard mentionnent aussi le poète dans leurs interventions.


29 août 2025

     La revue La Règle du jeu fait paraître sur son site un article de Miachaël de Saint-Chéron « L’art au secours de la brisure du sens ou l’essence du trait chez Fabienne Verdier » dans lequel il cite une expression de Pierre Emmanuel dans Le Poète fou.

     On peut le lire ici.


21 août 2025 

     Richard Prasquier écrit dans Causeur un bel article sur Dieulefit durant la guerre. Il y cite Pierre Emmanuel, évoque Marguerite Soubeyran, Beauvallon, Jeanne Barnier etc. 

     On peut le lire ici.


Mai 2025

     Une pièce extraite du fonds Pierre Emmanuel a été sélectionnée par l’IMEC pour être présentée en fac-similé sous vitrine dans le cadre d’une exposition sur la notion de « mariage » au Château des Ravalet à Cherbourg cet été. Le texte est issu d’un écrit inédit de Pierre Emmanuel qui s’ouvre ainsi : « Je voudrais que ce livre fût l’histoire de ma foi ».


27 mars 2025

     L’Humanité rend compte d’une anthologie publiée par Les éditions Seghers : L’esprit de résistance, qui réunit plus de cent poètes de langue française. Muriel Steinmetz écrit : « En ce mois de mars  2025, les poètes rassemblés sous le signe de l'Esprit de résistance le sont en référence assumée à l'époque où nous sommes, chaotique et grosse de périls de tous ordres. Ainsi s'impose, derechef, la haute figure de Pierre Seghers (1906-1987), qui fut lui-même poète et résistant de la première heure. Dès septembre 1939, il fondait une revue qui devait accueillir les plus grands poètes de la Résistance, certains d'entre eux étant de ses amis, tels Aragon, Paul Éluard, Loys Masson ou René Char. C'est encore lui, en 1944, qui imagina la fameuse collection « Poètes d'aujourd'hui », laquelle avait pour but résolu de mettre la parole poétique à la portée de tous. C'est toujours lui qui, en 1983, fonda avec Pierre Emmanuel la Maison de la poésie de la Ville de Paris. »

     On peut lire l’article ici.