PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Novembre 2020


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 22 au 29 novembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Art poétique », Visage nuage, Seuil, 1955, Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 768.
     - « Le grand art de guérir les hommes » (Discours au Congrès international de médecine, Montpellier, 1981), France-Catholique, n° 1814, 18 septembre 1981.

• Regard sur... Étienne de Senancour.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

22 novembre

22 novembre 1946

     « Un fils spirituel de Baudelaire : Pierre Jean Jouve », article de Pierre Emmanuel dans Temps présent, 10e année, n° 118, p. 5. « [L]’esthétique de Baudelaire pose le problème du langage en fonction de toute la vie spirituelle : le verbe poétique met le cœur à nu, c’est-à-dire expose et confronte des courants d’énergie psychique dont le travail reste secret, tant que le pouvoir symbolique ne les fait apparaître. Des courants d’énergie, et non point des sentiments ou des idées : penser autrement serait opérer une réduction romantique de Baudelaire, et couper son esthétique de ses sources pour l’utiliser à toutes fins. Baudelaire n’est pas romantique, pas davantage surréaliste avant la lettre : il est classique, doué de la vertu singulière de l’universel, laquelle n’appartient qu’au génie. Mais, le premier, il introduit le sens de l’universel dans un domaine dont l’accès lui était jusqu’alors refusé : il restitue sa force symbolique à la raison, trop longtemps demeurée analytique et objective. Du plan psychologique, terrain commun à tous nos grands moralistes – n’oublions pas que Baudelaire en est un – il pousse jusqu’aux profondeurs étranges du psychisme anonyme et obscur. »

 

23 novembre

23 novembre 1956

     « Les innocents et leur crime », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 646, p. 2. « Je n’ai jamais su contenir mon indignation et vendre rassis le pain de la sagesse. Tout homme a droit à son propre cri. Tout homme a le droit de nourrir son cri de son amour et de sa colère. Le monde ne serait jamais que ce qu’il est sans la juste violence de certains dégoûts.
     Mon cri s’est tu, mais les échos m’en reviennent. Que me disent-ils ? Que la justesse du cri n’épuise pas la justice. Qu’il n’y a pas deux mondes, celui des justes et celui des tueurs. Que moi aussi j’ai les pieds dans le sang.
     J’ai crié : je devais crier. Mais mon cri me rend infiniment triste. Ce sont les miens que j’accablais en criant : c’est moi-même, et tel visage que je ne peux pas ne pas aimer, car il est d’un homme tel que moi, qui cherche passionnément, obscurément la justice. Mon cri ne l’a pas délivré : il ne m’a même pas délivré. »

 

24 novembre

24 novembre 1964

     À 18 h 30, diffusion de la conférence « Poésie, art moribond ? » dans le cadre des « Grandes conférences » de France culture. « Beaucoup d’adolescents, avant la mue qui en fera des adultes, rencontrent et pratiquent une forme de poésie spontanée. Elle naît d’une double découverte : celle du monde et celle de la parole. Cette découverte est croissance, formation de l’adolescent par lui-même. Des puissances s’éveillent en lui, à la fois créatrices et destructrices. Il éprouve un émerveillement et une angoisse devant l’ampleur en lui de ces mouvements que Reverdy qualifie d’impétueux. Tous les problèmes qu’il croit être le premier à se poser, qui sont en effet singuliers pour lui, sont aussi des problèmes universels. Il essaie de se les dire à lui-même ; peut-être de les projeter devant lui ; c’est ainsi qu’il a le premier pressentiment de ce qu’est un artiste. L’artiste est celui qui fait de telles découvertes et leur donne forme avec ses propres mots. »

 

25 novembre

25 novembre 1950

     Enregistrement d’une émission radiophonique : « Douze minutes avec un poète : Pierre Emmanuel ». Pierre Emmanuel parle de sa conception de la poésie, de ses poèmes Tombeau d’Orphée et « Christ au tombeau », et lit un de ses poèmes « Babel » (Tristesse ô ma patrie). « Poésie raison ardente est une suite d’essais échelonnés sur dix années. […] [I]l m’apparaît qu’au temps que je l’écrivis, je tenais à me désolidariser des poètes que tout le monde comprend comme de ceux que personne ne comprend. Mais à l’examen il me semble que je vois mieux aujourd’hui qu’hier pourquoi d’instinct j’essayais alors de me créer des alibis : d’abord parce que j’avais le dessein d’être clair sans émonder l’excès de richesse de mon langage – ma poésie demeurait pleine d’obscurités diverses qui tenaient en partie à l’inadéquation de la forme, à un certain manque de contrôle du mouvement rhétorique du langage. D’où ces longueurs inutiles qui épuisent le souffle au lieu de le soutenir. Mais ces longueurs je les aimais autant que le reste ! Plus, sans doute, parce que je sentais vaguement qu’elles valaient moins que le reste et faisaient tâche. »

 

26 novembre

26 novembre 1982

     « La fosse de Babel », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1876. « En regardant, au matin du 15 novembre, se dérouler, si l’on peut dire, les funérailles de Brejnev, j’avais l’impression de voir se déplacer une formidable muraille brunâtre. À aucun moment je n’ai vu le ciel, car Babel en mure toutes les perspectives : c’est, en fait, une fosse commune géante, celle qu’a si bien vue même dans son grand livre justement intitulé La fosse de Babel. Ce que glorifiait l’enterrement de Brejnev, c’était le trou, le néant à fleur de terre. Toute notre idée babélienne de l’homme tire son pouvoir de la seule certitude qu’il reste à l’homme moderne : celle de finir désintégré dans le trou. Dès lors, tant qu’il est en vie, il peut s’autoriser à tout faire, et là-bas les idéologues du trou peuvent le contraindre à tout faire et d’abord à murer le ciel pour bâtir la paroi de ce trou. Point n’est même besoin de murs en béton, il y suffit de murs d’images. »

 

27 novembre

27 novembre 1983

     Écriture de « Le totalitarisme est en nous », article de Pierre Emmanuel à paraître dans France catholique. « [L]e bien suprême dont ne peut plus se passer l’homme de la masse est moins tel ou tel objet de désir atteignable ou non, que la totale sécurité de sa naissance à sa mort. De plus en plus sécurisés, nous courons le risque d’être de plus en plus asservis : l’avantage que nous retirons pour l’instant de notre servitude nous empêche d’en prendre conscience. La primauté de l’économie l’est aussi de la Sécurité sociale, assurée par l’État, sur toute autre valeur et d’abord sur le risque, concept dont seuls les alpinistes et les navigateurs solitaires ont encore idée. La peur du risque et la sécurisation devenant l’une des fonctions essentielles de l’État vont de pair avec le développement d’une forme parasitaire de pouvoir, l’administration se substituant à l’entreprise : ce qui advient sous nos yeux mêmes, sans que nous en décelions la philosophie.
     N’attendons pas d’elle, en tout cas, qu’elle satisfasse au besoin de sens dont parle ma correspondante. Un tel besoin ne trouve d’ailleurs nulle part, sauf dans les salles de concert ou dans les églises (et encore !) l’occasion de se nourrir ni même de manifester sa faim. […]
     N’est-ce pas le Président de la République, tout le premier, qui se plaignait de la perte du sens de l’histoire ? Il aurait pu tout aussi bien se plaindre de la perte du sens de l’histoire de la pensée, telle que la montre la succession des œuvres de l’esprit français. Perdre le sens, c’est devenir insensé, n’avoir plus d’identité propre : maladie contemporaine qui atteint plusieurs générations. »

 

28 novembre

28 novembre 1959

     Diffusion de l’émission radiophonique « Tous les plaisirs du jour : Pierre Emmanuel »: « Je n’ai pas cessé depuis la guerre de penser que le mal continuait d’être en nous. Le mal continuait d’être en nous dans la mesure où nous côtoyons les prisons et ne les voyons pas, dans la mesure où nous commettons à d’autres le soin de faire la torture que nous ne voulons pas faire nous-mêmes etc. Notre société est une société dans laquelle les raisons d’espérer sont contrebalancées et très fortement, par les raisons de désespérer ; et en fait c’est dans cet équilibre précaire entre espérance et désespoir que doit se tenir l’esprit vigilant. Ce qui fait la force à mon avis d’un créateur, c’est le pouvoir qui lui est donné de veiller, n’est-ce pas, de veiller d’abord et avant tout à l’honnêteté de son langage. Je crois là que c’est la chose la plus difficile du monde. Car pour contrôler notre langage, pour être présents à celui-ci, il faut que nous nous connaissions très bien nous-mêmes et que nous ne nous laissions jamais emporter par le mouvement de notre parole, que nous la proportionnions, justement, que nous débrouillions dans la complexité des sens possibles ce que nous voulons mettre en avant, que notre parole, tout en étant très riche de significations, soit sans ambiguïté, et jamais peut-être plus que maintenant une telle attention n’a été nécessaire, parce que, précisément, la parole a cessé d’avoir une importance quelconque. »

 

29 novembre

29 novembre 1966

     Pierre-Louis Borel, « Ligne de faîte, par Pierre Emmanuel », Feuille avis, Neuchâtel, 29 novembre 1966, p. 16. « Ligne de faite pourrait bien être le couronnement de la carrière de Pierre Emmanuel. C'en est l'explication, c'en est aussi la fleur. Dans ce volume, le poète a réuni ses meilleurs poèmes, en les extrayant de tel ou tel de ses recueils, et ce choix, il l'a fait précéder d'un texte extraordinairement clair et significatif, qui résume sa position devant la vie et devant la création poétique.
     On est toujours étonné, lorsqu'on aborde Pierre Emmanuel, de cette attirance quasi pathologique qu'exerce sur lui l'abime et qui fait de son verbe une chose fuyante, qui n'arrive pas à prendre corps, une chose poussiéreuse et comme maudite. Il y a là une expérience de l'âme ; au lieu d'être présence, chaleur et lumière, un mot crée l'absence ; il est fuite, exil et nuit. La beauté elle-même est ruinée, comme frappée d'interdit. »



 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          Art poétique


     Mille et mille ans de sable fin
     Tel est l’âge de l’aube nouvelle
     Mille dunes de parchemin
     Forment les plis de ma cervelle

     Cet homme qui bat la semelle
     Dans le froid du premier matin
     Voit s’éloigner la tourterelle
     Et s’évanouir le jardin

     Paradis perdu des images
     Chaque jour ma main te récrit
     Mais déchire page après page
     Ton rêve que l’encre flétrit

     Et derrière le mur s’envole
     Poussière ou pollen ma parole

« Art poétique », Visage nuage, Seuil, 1955.

__________________

Prose

     « Il y a des mondes entre le médecin de famille de jadis et le généraliste d'aujourd'hui. Le microcosme social a disparu, nous vivons presque tous dans des métropoles : ce déracinement se traduit dans nos habitudes de santé. La grande ville est le lieu du multiple, de l'instantané, de l'agrégat, de la masse. Toutes les fonctions sociales, à commencer par la santé, sont en vue de cette masse. En elle, les individus sont autant de monades instinctivement occupées à préserver et à renforcer cet appareil d'autodéfense qu'est leur moi, contre autrui, mais aussi contre eux-mêmes. Combien d'adultes ignorent qui ils sont, ne se connaissent pas entre eux, ne se confient jamais à personne, autant par impuissance de se formuler que par crainte de se dévoiler ! De même qu'il n'y a plus de directeurs de conscience, il n'y a presque plus de médecins qui en sachent d'avance suffisamment sur leur malade pour avoir devant eux cet homme entier, cet individu invisible dont parle le Pr. Bertrand.
     Or, qui traiter, si cet individu n'est pas là ? Personne. Un examen si serré soit-il ne débusque pas toujours ce Qui ? absent. Le médecin n'a de chances d'y réussir qu'en l'apprivoisant dans ses ténèbres. À supposer qu'il en ait l'intuition, le temps et la patience, il ne fera tout au plus qu'entrevoir la profondeur confuse de l'être caché : un être incapable de soi, dont les questions du praticien font un puzzle incohérent pour lui-même. Ce qui n'existe plus entre eux parce que la vieille société close a disparu, c'est la parenté psychique entre le médecin et l'ensemble de ses malades, cette fonction charismatique que les plus âgés d'entre nous ont pu connaître à la campagne ou dans le quartier et sur laquelle ils se sont reposés, non seulement parce qu'elle guérissait, mais parce qu'elle conduisait les patients, par une meilleure intelligence de leur mal, à se comprendre et à guérir d'eux-mêmes. Peut-être faut-il entendre dans ce sens le regret du Pr. Bertrand : la médecine n'est plus le grand art. »

« Le grand art de guérir les hommes » (Discours au Congrès international de médecine, Montpellier, 1981), France-Catholique, n° 1814, 18 septembre 1981.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

Octobre-décembre 2020

     Anne-Sophie Constant publie un article sur Pierre Emmanuel : « Vaincu, vainqueur voleur du Souffle et custode du Vent. », dans le numéro 155 de Transversalités. Poésie et transcendance, Octobre-décembre 2020.


21 octobre 2020

     Le site Art côte d’Azur présente l’exposition « Sosno squatte l’Amérique » et rappelle que le premier livre de l’artiste, Sacha Sosnowski, fut préfacé par Pierre Emmanuel et le professeur Wolff, prix Nobel.

On peut lire l’article ici.


18 octobre 2020

     Luc de Goustine rappelle un souvenir le liant à la fois à Michaël Lonsdale et Pierre Emmanuel sur le site Mauvaise nouvelle, dans un article intitulé « Michaël Lonsdale, confidence posthume… »

     On peut le lire ici.


5 octobre 2020

     À l’occasion de la mort de Claude Vigée, poète et grand ami de Pierre Emmanuel, décédé le 2 octobre 2020, 

     - Michaël de Saint-Chéron rappelle leurs liens dans un article paru sur L’obs : « Claude Vigée est mort à 99 ans, c’était un grand poète qui savait « danser sur l’abîme ».
     On peut le lire ici.

     - Anne Mounic rend hommage au poète dans la revue Temporel au nom de l'Association des Amis de l'œuvre de Claude Vigée. Elle y mentionne elle aussi les liens qui l'unissaient à Pierre Emmanuel.
     On peut lire l'article ici.

      - évoque à son tour les deux poètes dans un article paru le 08 octobre 2020 dans Le Monde.
     On peut le lire ici.




     Plusieurs pages du site rappellent l'amitié et l'estime qui unissaient les deux poètes. Pour les consulter, taper "Vigée" dans le moteur de recherche en haut de la page.

On trouvera ici, exceptionnellement, en hommage à Claude Vigée, le récit de leur première rencontre, telle qu'il la racontait dans La Faille du regard en 1987.

 


3 octobre 2020

     Sur Radio-Prague international, Jan Zatloukal présente son livre : L’exil de Jan Čep, écrivain tchèque exilé à Paris en 1948 et son amitié avec Pierre Emmanuel, qui l’incita à écrire son autobiographie : Ma sœur l’angoisse.

     On peut lire l’interview ici.


23 septembre 2020

     La revue La Nef publie un article de Marie-Hélène Verdier : « Le combat avec l’ange – L’actualité de Pierre Emmanuel ».

     On peut le lire ici.


23 août 2020

     Un article de la Revue des ressources rappelle la demande que Pierre Emmanuel fit à Armand Gatti d’un film sur la Résistance dès son arrivée à la tête de l’INA, dans un texte consacré à Hélène Châtelain.

     On peut lire l’article ici.


29 juin- 20 septembre 2020

     L’IMEC propose son exposition d’été : L’amour est une fiction, du 29 juin au 20 septembre.
     Parmi les nombreux documents, on peut voir la page manuscrite d’un des cahiers inédits de Pierre Emmanuel, écrit dans années 1970.

     On peut lire plus d’informations ici.


21 mai 2020

     Dans un article intitulé « Salah Stétié, une plume entre Orient et Occident », écrit à l’occasion du décès du poète et ancien diplomate, le journal La Croix rappelle qu’il avait rencontré Pierre Emmanuel dans les années 1950, lorsqu’il poursuivait ses études à Paris.

     On peut lire l’article ici.


4-5 mai 2020

     À écouter sur France culture dans la nuit du lundi 04 au mardi 05 mai 2020 (00:01 - 00:36) :
  
   Aspects du sacré dans le monde moderne 5/8 - Présence du sacré dans la littérature contemporaine (1ère diffusion : 10/08/1974),
     par Marcel Croes - Avec Pierre Emmanuel, Jean-Claude Renard et Gilles Marcotte - Réalisation Ronald Theunen.


7 mars 2020

     À l’occasion du prix de l’Association France-Algérie reçu par le chroniqueur Hakim Laâlam, le journal Liberte-Algerie.com rappelle l’action de Pierre Emmanuel aux côtés de Germaine Tillion pour le peuple algérien, en particulier la fondation du « Fonds de solidarité franco-algérien » en 1961.

On peut lire l’article ici.


22 janvier 2020

     France 3 diffuse « Les vies d’Albert Camus ». On y voit Pierre Emmanuel dans une séquence de 1946, prise dans les bureaux du Comité national des écrivains, en conversation avec Mauriac.

     L’émission peut être consultée ici.