Les nouveautés sur le site
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• Cela s'est passé un... Semaine du 12 au 19 juillet (ci-dessous).
• L'extrait du mois :
- L’Autre, 17, Seuil, 1980 ; Œuvres complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 1028.
- « Le face à face avec la victime », in Hervé de Charrette, La Peine de mort en question, 2e trim. 1979, p. 68-71.
• « The power of the poet », The Atlantic, n° 187, janvier 1951, p. 74-77.
• 28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).
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Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.Chers Amis,
La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !
Catherine Emmanuel Carlier
Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel
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• Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel
• IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.
• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
Le mot de l'Association
Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.
Catherine Carlier, Présidente de l'Association
(*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.
Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)
12 juillet
12 juillet 1968
Pierre Emmanuel, « Vertige ou espérance », in Notre République,n° 315, 12 juillet 1968, s. p. [dernière]. « Une société qui ne peut justifier spirituellement sa raison d’être est condamnée à mort. La nôtre aura fort à faire, très vite, pur endiguer la rupture nihiliste au sein d’une jeunesse estudiantine trop nombreuse pour ses possibilités, psychiquement hypertrophiée par son propre mythe et le narcissisme publicitaire qui l’exploite, en proie à des maîtres qui la méprisent tout en la flattant, modelée par une culture abstraite qui laisse en friche sa sensibilité, inhibe en elle le sens éthique, et réduit l’homme social aux prétentions de l’idéologie. À cette jeunesse il n’aura fallu qu’une semaine pour renier tout son milieu : Dieu veuille qu’elle renie ses idéologues ! Quoi qu’elle fasse, ne tentons pas, nous, de ruser avec la réalité essentielle, métaphysique, de son adhésion au grand refus. Dans le livre de Durandeaux, un garçon de vingt et un ans dit comment il a pris conscience de « la pourriture dans laquelle je vivais : l’insatisfaction et le dégoût des gens pour la vie qu’ils mènent, la passivité ». Cette conscience-là des dizaines de milliers d’étudiants ont été comme fendus en deux par elle : c’est la grande lézarde sur notre façade sociale. Dans cette lézarde poussent des vertus : sens égalitaire, besoin de communion, aspiration à une culture fraternelle ouverte à tous, espoir d’une société sans classes. Vertus imaginaires ? Oui, dans la mesure où la liberté rêvée reste gratuite, irresponsable, inconséquente avec l’exigence qu’elle a formulée. »
13 juillet
13 juillet 1969
Yvonne Chauffin, « Sous la coupole un poète remplace un soldat », Le Pèlerin, 13 juillet 1969, p. 29-31. « Si l’on y regarde bien, ce ne sont pas les biens saisissables qui constituent l’essentiel de ce que désirent les hommes. Ces biens peuvent être la part la plus importante de leur vie, mais pour presque tous les hommes, c’est autre chose qui est visé au-delà, qui peut prendre la forme d’une affection humaine, d’un amour, d’un besoin de solitude ou de repos, d’un besoin de silence. C’est dans l’ordre subjectif profond, dans l’ordre des rapports spirituels, des rapports d’amour ou d’amitié, dans l’ordre de la beauté également que les hommes s’accomplissent, même les plus frustes, les plus dénués en apparence.
- Pouvez-vous le faire percevoir par un exemple ?
- On sait très bien ce qu’est l’importance d’un sourire dans un visage humain, dans un pauvre visage humain, dans un visage de pauvre, dans un visage qui, l’instant d’avant, paraissait gris, et tout à coup un sourire le transfigure et l’on voit un être dans la plénitude de sa beauté. Je crois que les poètes essayent de montrer aux hommes un tel sourire, qu’ils perçoivent eux-mêmes comme un besoin profond. Ils essayent de faire percevoir à quel point la source en reste présente dans notre vie sous toutes ses formes. »
14 juillet
14 juillet 1949
« Les couplets de La Marseillaise - Amour sacré de la patrie », article de Pierre Emmanuel dans Les Lettres françaises, 9e année, n° 268, 14 juillet 1949, p. 1. « J’aurais voulu pouvoir commenter ces deux vers : “Liberté, liberté chérie / Combats avec tes défenseurs”, mais cette liberté, qui fut et reste notre bien le plus cher, et qui nous réunirait sans doute en des circonstances pareilles à celles de naguère, chacun de nous prétend aujourd’hui la défendre selon sa méthode et selon l’idée qu’il s’en fait, alors qu’elle n’est qu’un instinct. Comment me faire entendre, quand je vois de part et d’autre – et jusqu’en moi-même – l’intolérance grandir jusqu’à devenir absolue ? Comment célébrer la liberté sans la vérité, notre imparfaite vérité d’hommes, qui n’est elle-même que dans le respect qu’elle porte à celle de ceux qui ne pensent pas comme nous et complètent ainsi notre pensée ? Notre patrie ne devrait pas être seulement la certitude où nous sommes d’être dans le vrai, mais la certitude des autres, même si elle ne nous ressemble pas. Non pas une idéologie, ni la contre-idéologie qu’elle suscite : mais cette vérité plurielle qui n’en finit pas de dialoguer avec soi-même dans sa recherche de l’unité. Je ne connais d’autre liberté que celle-là : j’ai bien peur que nous ne l’ayons tous perdue… »
15 juillet
15 juillet 1942
« Sauver l’homme d’abord », article de Pierre Emmanuel dans Le Mot d’ordre, n° 643, p. 2. « Je n’ai pas le droit de me proclamer juste, et oublier tous ceux qui meurent injustes : je n’ai pas le droit de parler au nom du silence, si je n’ai pas atteint au silence bouleversant de la créature déchirée. Mon langage n’est ni le verbe de Dieu, ni même le chant des anges ; je ne puis sauver le monde par ma seule poésie ; et si je crois me sauver moi-même en elle au prix de l’oubli du monde, je me perds. Le mythe dévore trop souvent celui qui l’a créé ; dans un univers d’atomes, chacun d’eux est un mythe qui s’est sclérosé. Beaucoup de lecteurs ne demandent au poète pas autre chose que le moyen de devenir des monades : il faut le dire, si la poésie se réduit à cela, elle est le mal. Ce n’est pas la poésie qui nous reste, c’est l’homme. Il s’agit de sauver l’homme et avec lui la poésie, et non – ô outrecuidance ! – l’inverse. Or il se trouve que la poésie, entendue comme moyen d’expression privilégié peut reprendre la tradition royale du véritable humanisme : créer des œuvres d’une actualité éternelle, qui révèlent à l’homme la nature de ses monstres, à l’intérieur comme à l’extérieur, et l’appellent à la lutte et à la victoire sur eux. »
16 juillet
16 juillet 1980
« La personnalisation du pouvoir », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « Les choses étant ce qu’elles sont, les Français, à moins d’un miracle, devraient faire leur deuil de la démocratie dans laquelle ils se croient encore bien qu’ils n’aient pratiquement plus de Parlement qui se fasse entendre et qu’au lieu de l’opinion publique, ils voient régner sans partage les mass media. Peut-être la démocratie n’est-elle plus nécessaire à une société libérale avancée dont le prince a le sens de la mesure, comme aussi de ce qui, selon lui, est bon pour l’État de la nation ? Il ne semble donc pas que la campagne électorale pose de grands problèmes au candidat officiel.
Ce n’est pas sur le fond, sur l’anémie de l’idéal démocratique et les conséquences de cette anémie à moyen terme, que l’on débattra demain. Mais on parlera chiffres et, sur ce point, les talents de pédagogues – sinon d’illusionnistes – de nos maîtres et de leurs disciples télévisuels, nous les montrent d’avance sans rivaux. À moins que ces grandes catastrophes économiques – deux millions et demi de chômeurs par exemple – sur lesquelles comptent, comme sur la « divine surprise », ceux qui n’ont pas d’idées neuves à promouvoir, cette élection ne sera pas une élection politique, mais la reconduction d’un vide où les Français, étrangement, ne se sentent pas encore suffoquer.
Malheureusement, la personnalisation du pouvoir finit par installer un tel vide. »
17 juillet
17 juillet 1981
« Pourquoi l’on met en prison les poètes », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1805. « Quand un poète risque la prison pour ses vers, c’est que la poésie est prise au sérieux. Les seuls pays où elle le soit vraiment sont-ils ceux où l’on emprisonne les poètes ? Je ne mets dans ma question aucun humour, car je suis convaincu que la poésie est chose très sérieuse qui exige d’être sérieusement traitée. Cette exigence est indivisible de l’effort d’aller jusqu’au bout de l’homme, d’en dire le fond, d’en trouver le sens ou le non-sens. […]
Un acharnement à dire, à tout dire, telle est la poésie. Elle est la vérité d’une parole dont la tâche est de lever les obstacles intérieurs et extérieurs l’empêchant d’être proférée. Dans un pays où le mensonge sait qu’il fait corps avec la société entière dans ses moindres détails, toute parole de vérité met en danger la sécurité publique. »
18 juillet
18 juillet 1979
« Le grand schisme européen », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « En Europe, l’histoire récente fut un tel Moloch que toute une jeunesse a voulu désespérément s’en défaire et nous y a entraînés. Étrangement, beaucoup d’européistes attendent de l’Europe petite qu’ils sont en train de bâtir qu’elle exorcise les crimes d’un continent, réputé universellement égocentrique et coupable de l’état du monde depuis deux mille ans et plus. Je ne suis pas certain que leur entreprise, peu fondée actuellement sur le plan idéal, ait raison de cet esprit autopunitif et suicidaire qui, sur le plan démographique par exemple, annonce de noirs lendemains. »
19 juillet
19 juillet 1957
« Le totalitarisme rampant », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 680, p. 16. « Quelle tristesse, d’être gouvernés par du vent… On finit par ne plus rien entendre, par ne plus croire à rien. Ce vent emporte les paroles sensées : allez donc parler quand il souffle ! Jamais la presse d’opinion ne fut courbée sous le vent comme aujourd’hui : les quelques rares qui parlent dans le vent, contre le vent, sont des héros ou des Cassandres. Voix pathétiques, enrouées à force de se briser en mutisme, de répéter les mêmes vérités dont nul ne veut… Car nous ne voulons pas que la vérité nous dérange : et quand elle se fait lancinante, nous cherchons des drogues pour en être distraits, du bruit pour que se taise en nous cette sourde inquiétude qui nous vient. Il n’est pas un Français qui ne la sente, derrière les mots menteurs dont il l’endort. Il n’est pas un Français qui ne sache que les formules de fait ne sont pas le fait, et que la distance du langage politique au langage français tout court est en train de devenir sidérale. Le vent des sphères – des hautes sphères – souffle sur un peuple indifférent, que son péché d’indifférence risque de livrer aux apprentis dictateurs. »
