PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Janvier 2022


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 16 au 23 janvier (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- Cantos, 1944, Ides et Calendes, Neuchâtel ; Chansons du dé à coudre, 1re édition 18 juillet 1947,  Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F, Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 449-500.
     - « L’état d’urgence », La face humaine, Seuil, 1965, p. 197-198.

Regard sur... Jorge Guillén.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

23 janvier

23 janvier 1957

     Anonyme, « Une “union des écrivains pour la vérité” », Nouvelliste valaisan, 23 janvier 1957, p. 5. « PARIS, le 23 janvier (Ag. AFP.) - les événements de Hongrie, les appels des écrivains de ce pays, ont incité un groupe d'écrivains français à constituer une union dos écrivains pour la vérité. Ceux-ci ont élaboré un projet de statuts et publié un manifeste dans lequel ils déclarent qu'"agissant en qualité d'écrivains, ils feront en chaque occasion face à la vérité, d'où qu'elle doive venir et où qu'elle doive frapper."
     Parmi les signataires do ce manifeste, on relève les noms de Jean Amrouche. Jean Cassou. Pierre Emmanuel. Roger Giron. Clara Malraux. Louis Martin-Chauffier, André Obey, Armand Salacrou. »

 

24 janvier

24 janvier 1974

     Diffusion d’une émission radiophonique sur Sophia dans la collection « Un livre, des voix » de France culture. Pierre Emmanuel s’y entretient avec Philippe Guinard. « [J]e recommanderais à ceux qui éprouvent une certaine difficulté à entrer dans un livre par le début et à en sortir par la fin, ce que je comprends très bien, personnellement, je leur recommanderais de choisir la seconde partie comme point de départ de leur lecture. Cette seconde partie, du moins cette seconde moitié du livre s’appelle “Nef”, et il s’agit essentiellement de la vie d’aujourd’hui, de l’homme d’aujourd’hui dans son débat avec son identité, et aussi de la confusion dans l’univers érotique que nous vivons tous. Là je crois que beaucoup peuvent être touchés directement, et qu’à travers cette sensibilité immédiatement perceptible, ils iront plus avant. C’est un approfondissement, mais un approfondissement qui sera fondé sur leur expérience. »

 

25 janvier

25 janvier 1965

     Écriture de « La gloire de croire ». « Un poète commence par chanter Dieu sans trop savoir ce qu’il chante, qui il chante. C’est là son erreur – si c’en est une : il est loin d’en être entièrement responsable. Dès que nous entrons dans le jeu de Dieu, nous ne sommes plus maîtres du nôtre. Mais il ne fallait pas tenter Dieu. Un jour, ce poète comprend de qui il parle, et surtout qui parle : trop tard. Une exigence inextinguible s’est emparée de lui. Notre Dieu est un feu consumant. Une fois son désir éveillé, toute l’existence se consume à le nourrir, sinon à le satisfaire.
     Pourtant ce poète n’a pas changé, ni désormais ne changera guère. Il a toujours les mêmes concupiscences, il hante les mêmes lieux. Il refuse toujours qu’un tiers se glisse entre lui et sa parole – il voudrait que nul ne se fût encore glissé entre sa parole et lui. »

 

26 janvier

26 janvier 1978

     Enregistrement et diffusion d’une émission radiophonique dans la collection « Parti pris » : « La poésie et l’innommable ». « [La poésie] je ne sais pas si c’est la voie royale de la connaissance, mais pour celui qui s’y est voué comme moi depuis 40 ans et qui ne peut vraiment penser jusqu’au bout que par images, c’est certainement une genèse permanente. Non seulement d’un savoir, mais d’un être qui se développe, à la fois en moi et dans l’œuvre tout entière. Il y a un rapport entre cette œuvre, ces thèmes, qui paraissent souvent obscurs au lecteur qui s’en approche sans l’expérience antérieure que je puis en avoir, il y a un rapport entre cette œuvre et le progrès intérieur. Quand je dis progrès intérieur, cela signifie très exactement l’ensemble du comportement devant la vie et la mort, devant le monde et devant l’autre. C’est cela que ma poésie m’enseigne. »

 

27 janvier

27 janvier 1984

     « Que n’en parle-t-on davantage ! » (21 janvier 1984), article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1937. « Ne vaudrait-il pas mieux en savoir davantage sur une forme d’action toujours à l’œuvre dans l’Histoire, parfois diamétralement opposée à la politique, l’action de la sainteté ? La sainteté moderne, qui la connaît ? Qui en parle régulièrement dans les médias, comme du syndicalisme, de la guerre ou de la politique ? Ces choses ne sont pas du même ordre, ni dans le présent ni dans l’avenir. Chaque jour ou presque, les médias nous résument en une séquence ou deux le choc des idées ou des armes qu’encadrent des prophéties sur les bienfaits futurs de la politique présente. Mais nous ignorons tout, des actes sublimes d’héroïsme et de charité qui ne doivent pas manquer, par exemple, dans le Liban déchiré. Et que savons-nous de la lutte contre la lèpre dans le monde ? Lutte héroïque, elle aussi, qui a ses apôtres et ses saints dont les miracles – du corps et de l’âme – sont devenus quotidiens ? »

 

28 janvier

28 janvier 1972

     « La poésie et son enseignement », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 26. « Dans une chronique récente, Pierre Gaxotte citait un “poème” édité par la revue d’un foyer de lycée, “Poème”, si l’on peut dire, qui n’est qu’une très bête et vulgaire singerie des Assis. Le seul fait que ce texte puisse passer dans l’esprit de ses éditeurs, non pour un signe de débile violence, mais pour une authentique expression de la créativité juvénile, me paraît caractéristique du mépris qui frappe la poésie dans ce pays. […]
     Sans insister sur cet autre passage de la lettre à Ancelle où Baudelaire défie « un professeur quelconque d’expliquer le sens d’un seul des mots dont il se sert », il me faut bien constater le malentendu, voire l’antagonisme, qui séparent enseignants et artistes, poètes et « poéticiens ». Ce néologisme m’a été assené par un éminent professeur pour me rendre, non sans brutalité, conscient de la différence entre celui qui fait et celui qui explique, et de l’impossibilité de principe, au moins dans l’Université, qu’ils soient une seule et même personne ; plus encore, de la différence de qualité intellectuelle entre la critique objective du maître et le commentaire subjectif du créateur. Je ne suis pas sûr que cette arrogance ne cache une faiblesse dans le domaine où elle s’affirme le plus, celui de la compréhension. J’ajoute que certaines œuvres – le nouveau roman par exemple – semblent s’insérer comme par un ordre préétabli dans les grilles d’analyse des maîtres et que la connaissance de ces grilles peut servir à la composition d’œuvres nouvelles qui s’y adaptent : mais que d’autres œuvres, particulièrement en poésie, sont irréductibles à ces grilles, par nature et destination. »

 

29 janvier

29 janvier 1953

     Diffusion d’une émission sur Pierre Emmanuel dans la série « Cent ans de spiritualité dans les lettres françaises ». Stanislas Fumet présente la poésie de Pierre Emmanuel sur des musiques de son frère, Raphaël Fumet. Plusieurs poèmes de Pierre Emmanuel sont lus au cours de l’émission, dont certains par Maria Casarès. « Le Christ inséparable de nous-même. Toute la poésie de Pierre Emmanuel, sa conscience d’homme et de poète – il ne veut pas dissocier l’homme et le poète, et c’est je crois ce qui fait sa principale originalité à une époque où la parole ne se donne plus pour office de donner forme à la pensée – tout son art enfin, qui est proprement une exaltation clame ceci : que Dieu se livre à une incarnation perpétuelle, dont nous sommes littéralement habités, non point comme d’une grâce, non pas toujours comme d’une grâce, mais bien comme d’une destinée. Aussitôt que Pierre Emmanuel a écrit un de ses grands poèmes, à la suite, il est vrai, d’un choc reçu au contact des œuvres de son initiateur, Pierre Jean Jouve, on peut dire que le poète adolescent a senti ce Dieu s’agiter dans ses entrailles, mais non pour le recevoir à la manière de la Vierge élue, Marie de Nazareth, la seule qui l’enfanta, pour subir plutôt sa présence, imposée à son être comme une réalité, à son esprit comme une fatalité. »

 

30 janvier

30 janvier 1979

     Diffusion d’une émission radiophonique de la collection « Livres en fête ». Pierre Emmanuel s’entretient avec Jacques Pagam de son dernier recueil de poésie Una, la vie, la mort. « [D]ans le rapport entre l’homme et la femme, je crois que la femme est plus symbolique pour l’homme que l’homme n’est symbolique pour la femme ; c’est (…) la richesse de la femme qui est inépuisable ! Je crois que le masculin s’épuise beaucoup plus facilement, beaucoup plus immédiatement que le féminin… peut-être parce que le féminin est l’englobant de la vie ; parce que le féminin c’est la nature, parce que le féminin c’est l’élémentaire, parce que le féminin c’est la genèse, alors que le masculin n’est jamais que la conception ; il y a là quelque chose que je sens, que j’exprime très mal, parce que je le réduis à des concepts, maintenant, mais qu’une image d’une ligne me permet de saisir beaucoup mieux que je ne le dirais. En fait, c’est cela la vérité de la lecture poétique, pour ceux qui savent lire, n’est-ce pas ? »


 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

     Les hommes, non la terre
     Peuvent être asservis
     L’âme allégée des pierres
     Des monuments détruits

     Garde intacte l’absence
     D’un élan résolu
     En voûtes de silence
     Où résonne l’air nu

     Ainsi quand semblent mortes
     Les vertus du vieux sol
     Un jeune arbre en sa force
     Les délivre en un fol

     (Quoique sûr de ne tendre
     Qu’à son plus haut futur)
     Honneur dont le cri tendre
     Approfondit l’azur.

Cantos, 1944, Ides et Calendes, Neuchâtel ; Chansons du dé à coudre, 1re édition 18 juillet 1947,  Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F

__________________

Prose

     « L’œuvre d’un homme répond à la définition en vrac de Littré : « Tout ce qui est fait et demeure fait d’une façon quelconque. » La mienne se compose de travaux divers, épars, souvent perdus, en l’espace d’un quart de siècle. En les écrivant, je m’y suis concentré : sitôt écrits, je les ai laissés à leur sort. Quels qu’ils soient, je leur survis. Je n’ai rien fait encore. Je commence. Pourtant cette œuvre demeure la part visible de ce qui dure et change en moi, le métabolisme de mon être. Jusque dans ses ébauches ou ses scories, elle expose et développe un thème vital, un feu de forces dont la résultante sera un jour le vecteur d’une quête. Ce thème surgit d’abord comme une condensation de la nuit : il paraît en figure opaque, en symbole. Ténèbre génératrice de formes, tantôt épaisses, tantôt diluées, qui se répètent et se métamorphosent à divers niveaux.
     Leur métamorphose ne doit guère à l’automatisme des associations internes, dont je ne méconnais pas le rôle symptomatique, mais auquel je n’ai jamais cru comme révélateur du sens de l’être : l’automatisme est fatalité, non finalité. Cette pensée-protée découle plutôt d’une attention discriminante, se livrant à la plasticité des images mais capable d’en observer, d’en tracer le mouvement, et dont le pouvoir d’analyse et de synthèse s’exerce dans plusieurs figures à la fois.
     Une telle attention, instinctivement englobante, a précédé, provoqué chez moi la poésie. Elle a mis au monde des symboles, suivant une intuition qui lui échappait et qui était son fond même : fond de l’être, dégagé de son indivision primitive par l’engendrement d’une véritable lignée ‑ par un arbre généalogique d’images. »

« L’état d’urgence », La face humaine, Seuil, 1965, p. 197-198.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

8 décembre 2021

     M. Daniel Trallero nous partage des nouvelles de Gan :
     « Le mercredi 8 décembre2021, au lieu dit « La pompe » au croisement des rues d’Ossau et Pierre de Marca, sur le petit square qui a récemment été aménagé, le Service Technique de la Mairie vient d’y installer la pierre-stèle sur laquelle est gravé un vers de Pierre Emmanuel :
     "Vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre" »...

     Pour en savoir plus, voir ici.


10 octobre 2021

     Le site Critiques libres publie une critique des Les solitudes habitées d’Yves La Prairie. Il rappelle que l’ouvrage s’ouvre sur « trois citations de poètes profondément chrétiens (Marie Noel, Pierre Emmanuel et – moins connu que les deux autres - Xavier Grall) ».

     On peut lire l’article ici.


Septembre 2021

     Les éditions Corlevour font paraître Le Cycle de l’Horloge, suivi de Élégies, de Jeanne Tsatsos, avec une préface de Pierre Emmanuel. Introduction de Christos Nikou, membre du centre de recherche Pierre Emmanuel.

     Pour en savoir plus…


5 août 2021

     Jacques Le Goff rappelle dans un article de Ouest-France, « La personne, “meilleur candidat” », un propos d’Emmanuel Mounier dans un échange radiophonique avec Pierre Emmanuel en 1949 :
     « Le fondateur de la revue Esprit a proposé maintes définitions de la personne, mais l’une des meilleures se trouve dans un propos échangé avec le poète Pierre Emmanuel, en 1949, à la radio : “Il faut d’abord que chacun apprenne à se tenir debout tout seul. La personne, c’est la puissance d’affronter le monde, l’opinion, la lâcheté collective. C’est la capacité de faire silence, de se recueillir, d’alterner la vie intérieure et la vie exposée : c’est le goût du risque, le courage intellectuel, l’irréductible assurance de celui qui sait pourquoi, éventuellement, mourir.” »

     On peut lire l’article ici.


16 mai 2021

     Le journal « Liberté » publie « Jean El-Mouhoub Amrouche, Une vie dédiée à la poésie, la radio… et la politique », écrit par Salem Remane. Ce dernier rappelle les grands entretiens et nomme Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


29 avril 2021

     Un article d’Hafid Adnanisur Jean Amrouche rappelle ses grands entretiens avec penseurs et poètes, dont Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


Mars 2021

     Mme Odette David, poète, a donné très généreusement à l’Association les lettres que Pierre Emmanuel lui avait écrites lorsqu’elle lui demandait conseil pour son écriture et l’ensemble des œuvres du poète qu’elle possédait.


12 mars 2021

     Dans un article du journal La Croix, Sœur Dominique, de l’Abbaye Notre-Dame de Maumont, qui correspondit avec Pierre Emmanuel à la fin de sa vie, cite quelques vers de La Colombe :
« Ne comprenez-vous pas l'imminence de l'homme ?
êtes-vous tellement endurcis par la peur ?
(...)
Ah, si j'avais les ailes de la Colombe ! »

     On peut consulter l’article ici.


25 février 2021

     Le poète Philippe  Jaccottet est mort à l’âge de 95 ans. En son honneur, voici ce qu’il écrivait le 26 avril 1958 dans La Gazette de Lausanne (p. 14), rappelant sa première rencontre de Pierre Emmanuel :
     « Je me souviens encore très bien de ce jour de la dernière guerre (en 42 ou en 43) où Pierre Emmanuel était venu parler de la poésie française à l’Université de Lausanne, devant un auditoire comble et passionnément attentif : la guerre avait réveillé les sentiments nobles (en même temps qu’elle libérait les pires instincts), toutes sortes de poèmes, que nous ne pouvons plus lire aujourd’hui, nous touchaient pour d’évidentes raisons. Pierre Emmanuel avait lu de lui, je ne l’ai pas oublié non plus, un vaste poème intitulé "Ah ! si j’avais les ailes de la colombe !", et dans ce grand ruissellement d’images et de rêve, nous nous étions baignés avec émotion. Puis, de ce poète qu’on avait porté aux nues, on ne parla presque plus ; Pierre Emmanuel dut souffrir de ce retour à l’obscurité, de cette chute de tension, mais son nouveau recueil, Versant de l’âge (Éditions du Seuil), prouve qu’il n’a pas abdiqué, qu’il a changé, donc qu’il est demeuré vivant. »


9 février 2021

     Chroniques d’architectures s’intéresse aux ministres de la Culture. Il rappelle à cette occasion la « querelle » entre Maurice Druon et Pierre Emmanuel « enterre une avancée de la Nouvelle société et provoque la démission du Conseil du développement culturel créé en 1971. »

     On peut lire l’article ici.


26 janvier 2021

     Mme Claude Lafont présente une conférence sur Dieulefit durant la dernière guerre. Elle y évoque l’histoire qui amena à l’accueil des réfugiés et parmi eux Pierre Emmanuel.


17 décembre 2020

     Un blog du journal La Croix signale la parution d’un livre de Philippe François : Anthologie protestante de la poésie française, qui comprend, entre autres, des textes de Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.