PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Mars 2021


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 28 mars au 4 avril (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « La colombe », Curieux, Suisse, 7e année, n° 24, 12 juin 1942, p. 5, publié ensuite en fascicule : La Colombe, Egloff / L.U.F., Fribourg, 24 décembre 1942. Préface de P. J. Jouve. Repris dans La liberté guide nos pas, Éditions Pierre Seghers, coll. Poésie 45, 1945. Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 424-425.
     - « Culture et religion », in Dictionnaire des religions, s. dir. Paul Poupard, P.U.F., 1984, p. 359-362.

• Regard sur... Robert Browning.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

28 mars

28 mars 1942

     Luc Estang « Un nouveau lyrisme chrétien », La Croix, 28 mars 1942, p. [3]. « De Pierre Emmanuel, dont la fécondité est quelque peu prodigieuse, viennent de paraître deux recueils : Combats avec tes défenseurs, et Cantos.
     Il s’imposa d’emblée à l’attention, l’année dernière, avec son Tombeau d’Orphée, dont le thème ne laissait pas de déconcerter. À telle enseigne qu’on en oubliait la valeur strictement poétique, celle-ci n’accrochant la sensibilité que par fragments, là où la poésie dépassait les intentions. Depuis, on a eu le loisir de se familiariser avec cette voix torrentielle, qui pousse en avant les mots et les images, brasse le cosmos dans un délire tragique.
     “Combats avec tes défenseurs !” est un titre assez explicite sans qu’il soit besoin d’insister sur le thème d’inspiration. Disons seulement, pour rester fidèle à mon propos, que dans la vision horrifiée que le poète prend du monde – le nôtre, hélas ! je veux dire celui qui est le nôtre “actuellement” – dans l’indignation et la colère que cette vision soulève en lui, le Christ est présent, un Christ douloureux, parce que victime et implacable parce que témoin. »

 

29 mars

29 mars 1974

     « L’implosion », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 24. « Quel que soit mon respect des hommes de science, quelque certitude que j’aie de leur capacité de prévision extérieure dans les limites de leur savoir, je ne les crédite pas d’une sagesse intérieure en quelque sorte spécifique. Je les vois angoissés devant certaines perspectives de démesure ouvertes par la science, et conscients des limites politiques de leur pouvoir. Ce sentiment de responsabilité les honore, mais ne leur donne pas à lui seul un regain suprêmement lucide sur les valeurs et les finalités humaines. Il leur est difficile, par exemple, de faire place à la notion de liberté dans leur idéal de gestion globale. En fait, ils en restent à la loi des grands nombres, à l’humanité, non aux hommes individuels. Or, on peut se demander de quel intérêt serait la survie de l’espèce sans celle des individualités : c’est même l’une des questions qui nous hantent, et que ne résout pas, pour citer le rapport, “l’universalité des aspirations humaines qu’ont opérée les media” ».

 

30 mars

30 mars 1956

     « En l’honneur de Staline ! », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 612, p. 2. « “Il est plus grand mort que vivant”, disait Henri III du duc de Guise qu’il venait de faire exécuter. Nul ne l’a dit de Staline : pourtant son ombre sur le communisme est immense. L’unanimité qui le condamne aujourd’hui, c’est lui qui triomphe en elle, puisque c’est lui qui l’a forgée. Sa grande victoire fut d’avoir aliéné la parole, d’en avoir fait un abracadabra. Le lexique marxiste (stalinien) n’est qu’une suite d’incantations et d’anathèmes : le moindre article de journal communiste une séquence de liturgie. Répétés par des millions de bouches, les mots magiques “culte de la personnalité” sont l’exorcisme qu’attendaient des millions d’hommes que voici “délivrés de Staline” au commandement de la Voix. On les jettera demain, ces quatre mots, à la face de qui l’on veut perdre, comme hier ceux de “réformiste”, de “déviationniste” ou de “petit-bourgeois”. Il aura suffi de les prononcer pour escamoter trente ans d’histoire vivante, faite par des hommes qui ont cru, ont eu raison, se sont trompés, ont souffert et les uns en sont morts, tandis que les autres survivaient à leurs souffrances, à leurs mensonges et peut-être à leur vérité. »

 

31 mars

31 mars 1970

     Enregistrement d’une émission radiophonique pour France Inter : « Votre jardin secret », avec Pierre Emmanuel. « - Être poète est-ce un métier ?
     PE : Mon Dieu, c’est un métier qui ne nourrit pas son homme et si je ne faisais que ce métier-là je crois que je mourrais de faim tout doucement, comme d’ailleurs mourraient beaucoup de poètes, mais en tout cas c’est vrai que c’est un destin. Il faut travailler tous les jours. Il faut travailler comme un bon ouvrier, sans attendre qu’une inspiration vienne sous la forme d’une muse ou de l’aile d’un ange qui frôlerait le front du poète. En réalité c’est ce travail attentif à dire, à exprimer ce qui va venir précisément parce que l’on travaille, qui constitue le fonds de l’art littéraire et particulièrement de la poésie.
     - Et l’inspiration, alors ?
     PE : Eh bien l’inspiration vient du travail, mais elle ne précède pas le travail lui-même. »

 

1 avril

1 avril 1946

     « Exorcisme ou prophétie ? »,article de Pierre Emmanuel dans Labyrinthe, Genève, n° 18, p. 8. « Parler n’est point jouer avec les mots, jouer des mots : c’est créer de l’être, c’est s’engager dans un effort de connaissance. Or, l’être ne se crée qu’en avant : le langage est en devenir, donc étroitement lié à l’histoire. Celle-ci, vue de manière assez haute, se présente comme une exposition du drame humain : comme un mode du langage, dont la syntaxe nous est mal connue, car nous ne saisissons que par éclairs l’énergie qui s’y manifeste – énergie de l’espèce en mouvement à travers les individus. Certes, nous savons à quels contre-sens peut mener un réalisme aveugle de la circonstance. Le fait brut peut être l’expression de la vérité : mais alors même qu’il n’est point trompeur, il n’est en rien la vérité tout entière. Toute circonstance est un faisceau de déterminations, les unes accidentelles (ce sont souvent les plus visibles), les autres essentielles (celles-ci, les plus cachées, sont les constantes de notre destin). Il suit de là que la circonstance signifie, mais qu’il dépend de nous de la comprendre, à différentes profondeurs de réalité spirituelle. »

 

2 avril

2 avril 1971

     « La poésie en procès », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro littéraire, n° 1298, p. 25. « Comme toute forme haute de pensée, la poésie a ses grands hommes, ses héros et ses saints. Baudelaire est de ces derniers, l’un des rares de notre littérature, où sa place est unique, indisputée, comme en Allemagne celle de Hölderlin. Ces deux poètes si différents ont en commun une idée de la poésie dans son essence, révélation et expérience de ce qui ne peut être complètement connu ni accompli que dans cet “autre monde” qui n’est point pour eux un au-delà, mais plutôt un au-dedans, une intériorité plus pure et transparente de l’être. Ils sont à l’origine d’une conception poétique de la spiritualité, dont se réclame une grande partie – la meilleure – de la poésie contemporaine. Leur “sainteté” est dans leur obéissance à cette exigence absolue qu’est pour Hölderlin la lumière, espace des dieux, et pour Baudelaire la vie antérieure, le beau. Cette fidélité se lit dans le détail de leur vie comme dans ses grandes contradictions tragiques. »

 

3 avril

3 avril 1954

     Roger Giron, « Confession de Pierre Emmanuel », L’Information, 3 avril 1954, p. 10. « Un autre poète [après Musset] nous donne, aujourd’hui, la confession d’un enfant de ce siècle-ci : Pierre Emmanuel, chantre savant du Tombeau d’Orphée. Sa confession, il l’intitule : L’ouvrier de la onzième heure, c’est un cri étouffé, souvent douloureux, littéraire, certes, mais d’une constante sincérité.
     Quel que soit le prétexte de ce mal que se transmettent les siècles, sa véritable cause, c’est la recherche d’une raison d’être profonde, suffisante, qui dépasse les hasards de la vie et les divers aspects du destin ; on pourrait dire qu’il est fait d’un besoin d’apostolat. L’Empire, ses héroïsmes et ses gloires, dont la nostalgie laissait l’enfant du siècle de Musset désemparé, chez Pierre Emmanuel s’appelle le communisme. Il y a cru de tous ses jeunes espoirs ; il y est allé de tout son jeune enthousiasme, comme à la Résistance qu’il évoque ici ; il y a milité ; il y a même entraîné d’autres jeunes avides, comme lui, d’idéal humain, de pureté sociale et désireux, comme lui, de donner une signification à leur vie. Son nom fut parmi ceux des intellectuels du parti qui, aujourd’hui, le tiennent pour un traître. Parce que le temps est venu, pour lui comme pour bien d’autres, qui l’avouent ou non, de la déception. L’enfant du siècle n’a guère trouvé que le petit côté de l’homme, là où il avait espéré que l’homme s’élèverait, grâce à la conscience de sa condition. »

 

4 avril

4 avril 1959

     Anonyme, « Rencontre avec Pierre Emmanuel », Le Devoir, Montréal, p. 13. « Chargé de cours sur la poésie contemporaine et la pensée créatrice en art à l’Université de Buffalo, Pierre Emmanuel est de passage à Montréal pour quelques jours. La Société d’étude et de conférence l’a invité à prononcer une conférence demain au Ritz-Carlton, et il parlera à Ottawa lundi. Dimanche, à l’occasion de la réunion annuelle du printemps de la Société, M. Emmanuel parlera de la poésie canadienne et des poètes canadiens. Cependant, il a bien voulu nous exposer jeudi certains des thèmes qu’il traitera demain.
     En face de la poésie canadienne-française du moment, de cette floraison de jeunes poètes qui l’étonne, M. Emmanuel incline à croire qu’il s’agit plutôt de l’expression d’individualismes que de la formation d’une école nouvelle de poésie. Pour être poète, dit-il, il faut avoir d’abord le tempérament poétique, et un poète s’affirme surtout par un grand tempérament. Chez les jeunes poètes canadiens, les moins de trente ans, chaque œuvre ou chaque tentative reflète cette individualité par l’expression de préoccupations personnelles à l’intérieur d’un problème collectif. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

  

     Que l'ombre de leurs mains en plein vol te capture
     Colombe, et qu'ils te clouent au ciel inférieur !
     Il le faut. Car le sang et les armées débordent
     la chair retourne à son limon, l'âme se perd
     sel de discorde, en l'eau muette qui recouvre
     les vestiges de l'homme vieux. Le ciel est bas
     les grands vautours rageurs s'assomment aux parois
     et les reflets du sang font rougeoyer les astres :
     le sang emplit l'étendue toute de l'esprit
     il pénètre la pulpe amère de ce monde,
     déjà règne ta molle odeur, extase immonde
     ton vertige, cloaque tendre ! et dieu n'est plus.

Curieux, Suisse, 7e année, n° 24, 12 juin 1942, p. 5.

 

 

__________________

Prose

     « L’Europe n’a plus ni unicité culturelle, ni suprématie politique : sa civilisation longtemps dominante est victime de son impérialisme millénaire qui, dans les dernières décennies, par une conception purement technologique et économiste du progrès de l’homme, a détruit ou mis en péril d’immenses aires de culture, ignorées d’elle ou méconnues.
     Toutefois, ces cultures naufragées dispersent leurs épaves dans un Occident qui ne compte plus les siennes et qu’angoisse sa propre perte d’identité. L’immense trésor des spiritualités et des formes devient ainsi un bric-à-brac culturel auquel chacun peut puiser pour satisfaire des aspirations souvent indéfinissables, mais que les idéologies dominantes du monde historique affament de plus en plus. Une contradiction grandissante s’avère entre la rationalité prétendue d’une histoire réduite aux limites d’une idéologie du progrès et la complexité universelle du phénomène humain, ébauchée à peine, et toujours de l’extérieur, par les diverses sciences de l’homme. Il se pourrait que le long exil de la métaphysique, voire l’annonce de sa mort dans le monde occidental, ne fût bientôt plus qu’un moment tout relatif de l’épreuve de la raison par elle-même, un palier, en somme, de l’expérience totale de l’être, pour laquelle ce moment négatif aurait été comme une descente aux enfers. »

« Culture et religion », in Dictionnaire des religions, s. dir. Paul Poupard, P.U.F., 1984, p. 359-362.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

12 mars 2021

     Dans un article du journal La Croix, Sœur Dominique, de l’Abbaye Notre-Dame de Maumont, qui correspondit avec Pierre Emmanuel à la fin de sa vie, cite quelques vers de La Colombe :
« Ne comprenez-vous pas l'imminence de l'homme ?
êtes-vous tellement endurcis par la peur ?
(...)
Ah, si j'avais les ailes de la Colombe ! »

     On peut consulter l’article ici.


25 février 2021

     Le poète Philippe  Jaccottet est mort à l’âge de 95 ans. En son honneur, voici ce qu’il écrivait le 26 avril 1958 dans La Gazette de Lausanne (p. 14), rappelant sa première rencontre de Pierre Emmanuel :
     « Je me souviens encore très bien de ce jour de la dernière guerre (en 42 ou en 43) où Pierre Emmanuel était venu parler de la poésie française à l’Université de Lausanne, devant un auditoire comble et passionnément attentif : la guerre avait réveillé les sentiments nobles (en même temps qu’elle libérait les pires instincts), toutes sortes de poèmes, que nous ne pouvons plus lire aujourd’hui, nous touchaient pour d’évidentes raisons. Pierre Emmanuel avait lu de lui, je ne l’ai pas oublié non plus, un vaste poème intitulé "Ah ! si j’avais les ailes de la colombe !", et dans ce grand ruissellement d’images et de rêve, nous nous étions baignés avec émotion. Puis, de ce poète qu’on avait porté aux nues, on ne parla presque plus ; Pierre Emmanuel dut souffrir de ce retour à l’obscurité, de cette chute de tension, mais son nouveau recueil, Versant de l’âge (Éditions du Seuil), prouve qu’il n’a pas abdiqué, qu’il a changé, donc qu’il est demeuré vivant. »


9 février 2021

     Chroniques d’architectures s’intéresse aux ministres de la Culture. Il rappelle à cette occasion la « querelle » entre Maurice Druon et Pierre Emmanuel « enterre une avancée de la Nouvelle société et provoque la démission du Conseil du développement culturel créé en 1971. »

     On peut lire l’article ici.


26 janvier 2021

     Mme Claude Lafont présente une conférence sur Dieulefit durant la dernière guerre. Elle y évoque l’histoire qui amena à l’accueil des réfugiés et parmi eux Pierre Emmanuel.


17 décembre 2020

     Un blog du journal La Croix signale la parution d’un livre de Philippe François : Anthologie protestante de la poésie française, qui comprend, entre autres, des textes de Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.


5 décembre 2020

     Le site Vaticannews présente une interview de Gilles Baudry : « La poésie, «chant de l’être» à transcrire selon la musique des mots ». Ce dernier y rappelle Pierre Emmanuel en ces termes :
     « Notre soif, notre faim - de Dieu, ou indirecte. La grande question de Pierre Emmanuel [poète français du 20e siècle ndlr], qui le hantait à la fin de sa vie, était: «qu’est-ce qui peut bien donner faim de Dieu aux hommes ?».

     On peut lire l’article ici.


26 novembre 2020

     Centenaire Jean Starobinski (1920–2020) : Exposition virtuelle
     La Bibliothèque nationale suisse propose une très riche exposition virtuelle sur Jean Starobinski en l’honneur du centenaire de sa naissance. Elle comporte entre autres deux lettres de Pierre Emmanuel, circonstanciées, et une lettre de Jean Starobinski à François Lachenal qui évoque les envois faits pour un anniversaire de Pierre Emmanuel.

     On peut voir ici son vernissage virtuel et regarder l’exposition.


 

Octobre-décembre 2020

     Anne-Sophie Constant publie un article sur Pierre Emmanuel : « Vaincu, vainqueur voleur du Souffle et custode du Vent. », dans le numéro 155 de Transversalités. Poésie et transcendance, Octobre-décembre 2020.


21 octobre 2020

     Le site Art côte d’Azur présente l’exposition « Sosno squatte l’Amérique » et rappelle que le premier livre de l’artiste, Sacha Sosnowski, fut préfacé par Pierre Emmanuel et le professeur Wolff, prix Nobel.

     On peut lire l’article ici.


18 octobre 2020

     Luc de Goustine rappelle un souvenir le liant à la fois à Michaël Lonsdale et Pierre Emmanuel sur le site Mauvaise nouvelle, dans un article intitulé « Michaël Lonsdale, confidence posthume… »

     On peut le lire ici.


5 octobre 2020

     À l’occasion de la mort de Claude Vigée, poète et grand ami de Pierre Emmanuel, décédé le 2 octobre 2020, 

     - Michaël de Saint-Chéron rappelle leurs liens dans un article paru sur L’obs : « Claude Vigée est mort à 99 ans, c’était un grand poète qui savait « danser sur l’abîme ».
     On peut le lire ici.

     - Anne Mounic rend hommage au poète dans la revue Temporel au nom de l'Association des Amis de l'œuvre de Claude Vigée. Elle y mentionne elle aussi les liens qui l'unissaient à Pierre Emmanuel.
     On peut lire l'article ici.

      - évoque à son tour les deux poètes dans un article paru le 08 octobre 2020 dans Le Monde.
     On peut le lire ici.




     Plusieurs pages du site rappellent l'amitié et l'estime qui unissaient les deux poètes. Pour les consulter, taper "Vigée" dans le moteur de recherche en haut de la page.

On trouvera ici, exceptionnellement, en hommage à Claude Vigée, le récit de leur première rencontre, telle qu'il la racontait dans La Faille du regard en 1987.

 


3 octobre 2020

     Sur Radio-Prague international, Jan Zatloukal présente son livre : L’exil de Jan Čep, écrivain tchèque exilé à Paris en 1948 et son amitié avec Pierre Emmanuel, qui l’incita à écrire son autobiographie : Ma sœur l’angoisse.

     On peut lire l’interview ici.


23 septembre 2020

     La revue La Nef publie un article de Marie-Hélène Verdier : « Le combat avec l’ange – L’actualité de Pierre Emmanuel ».

     On peut le lire ici.