PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Février 2020


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 16 au 23 février (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Aube », Sodome, LUF, Fribourg, Suisse, 1944, Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 259.
     - « Postulations dans les ruines », Conférence prononcée au Congrès de la Fondation européenne de la Culture, Vienne, 1960. Repris dans Le Monde est intérieur, Seuil, 1967, p. 15.

• « Un poète répond au critique : "Ce que nous cherchons ? Redonner sa pleine dignité à la parole" », Le Figaro littéraire, n° 732, 30 avril 1960, p. 1-2.


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

16 février

16 février 1946

     Pierre Emmanuel, Discours pour le Cinquantenaire de la mort de Verlaine, prononcé à la Sorbonne, transcrit dans le Bulletin officiel du ministère de l’Éducation nationale, Imprimerie nationale, 1946, p. 5-7. « Il est de fortes et tragiques natures, nées pour affronter le malheur. Le combat qu’elles mènent contre lui n’a jamais d’issue décisive : prêtes à céder à l’abîme, les voici qui changent le vertige en acte de connaissance désespérée. Tel est éminemment Baudelaire, un rebelle pugnace à l’humaine condition, mais dont la révolte approfondit cette condition même. […] Il est aussi d’heureuses natures, qui semblent faites pour la douceur de vivre, et d’aimer : mais qui, par un douloureux paradoxe, naissent elles aussi sous le signe du malheur. Loin d’être taillées en force pour y résister, elles s’y abandonnent selon leur pesanteur naturelle, allant jusqu’à se complaire également dans la souffrance et le plaisir. Tel est Verlaine, né sous le signe Saturne, sans armes pour lutter contre la fatalité : eût-il été plus volontaire, nous n’aurions pas à célébrer aujourd’hui le seul poète qui, depuis Villon, ait su montrer à quel point l’homme naturel est instable – confondant l’animal et le divin dans une même nostalgie. »

 

17 février

17 février 1966

     Enregistrement radio d’une émission sur « Georges Bernanos » dans la série « Les cris de la fée » sur France culture. Pierre Emmanuel y parle du surnaturel chez Bernanos, en compagnie de Roger Vrigny et de Luc Estang (13’45 »). « [C]e qui me paraît le plus frappant, chez Bernanos, c’est que très souvent ce conflit entre le moi et le moi donne lieu à ces états de tension extrême où le surnaturel se manifeste. Cela arrive aussi bien chez les personnages qui tendent vers la sainteté que chez les personnages au contraire qui sont saisis par l’esprit du mal. Il y a toujours un moment où la lutte est visible, bien que les éléments de cette lutte soient parfois indiscernables l’un de l’autre. »

 

18 février

18 février 1975

     « Mort de la philosophie ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 2. « [L]e statut de l’école dans l’être social reste à définir, et que l’adolescent, même plus libre et mieux centré dans la société qui l’entoure, demeure séparé d’elle par l’absence de responsabilité. […] Et l’on ne manquera pas de regretter, voire de s’indigner, que l’objectif premier de la formation scolaire soit de faire de cet adolescent moins un citoyen qu’un producteur. Toutefois il est évident que l’enseignement français s’aligne sur le pragmatisme de systèmes scolaires dans la plupart des pays de technologie avancée. Le choix est en partie légitime : il n’en est pas moins discutable dans la mesure où il met en cause la gratuité nécessaire de certaines fonctions hautes de l’esprit.
     Parmi elles, la fonction philosophique. Je ne mentionne que pour mémoire, en classe terminale, le statut humilié de l’histoire ou du français... »

 

19 février

19 février 1952

     Diffusion d’une émission radiophonique présentée par Pierre Emmanuel : « Chant Funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias de F. Garcia Lorca » dans la série « Poésie et guitare ». « Ceux qui connurent le privilège d’entendre chanter Lorca nous parlent de ce chant profond, de ce canto rondo qui était sa voix même, rauque et déchirée comme la passion qui s’arrache du cœur, cette voix de guitare dont la tendresse ne va jamais sans cruauté, car l’amour est toujours cruel. Il est sauvage comme l’effort incessant de la vie contre l’habitude, et l’on doit toujours payer le prix de son amour. L’Espagne nous apprend cela par la grâce implacable du jour, toute couleur y est portée à l’extrême : au point où elle tue. La terre y est plus secrète qu’ailleurs, comme les âmes, le soleil ne la caresse pas, mais la blesse, ne pouvant l’atteindre autrement. Si l’acier joue en Espagne un si grand rôle, c’est qu’il faut toujours aller au cœur, et demander au sang la seule preuve qui compte. »

 

20 février

20 février 1950

     Anonyme, « Le Chrétien face aux problèmes actuels », Le Soir, 20 février 1950, p. 2. Même article dans Vers l’Avenir, 20 février 1950, p. 2. « M. Emmanuel, après avoir adressé un chant personnel de reconnaissance et de louange au Christ, déclara que, pour trouver le sens du monde, il faut d’abord descendre profondément en soi. Les chrétiens craignent actuellement pour l’Église parce qu’ils sont, au fond, mal assurés d’eux-mêmes. Le drame de l’absence de Dieu, dit-il, c’est le drame de notre propre absence. Avec une rigueur toute cartésienne qui s’accommodait parfois d’une expression véhémente, l’orateur condamne le christianisme passif, et après avoir mis en doute l’opportunité des préoccupations temporelles de l’Église et de ses attaches à certains systèmes économiques ou politiques, il prêche en faveur d’une réforme individuelle. “Il faut refaire le monde chrétien en nous refaisant vraiment chrétiens nous-mêmes.” »

 

21 février

21 février 1974

     « Soljenitsyne et les autres », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 32. « Quand il s’agit de liberté de l’esprit, le parti communiste français souffre d’une véritable névrose. Depuis la fin de l’ère stalinienne, il n’a jamais pu se libérer du complexe du père. Il n’a pas conquis sa propre liberté. Cela ne veut pas dire qu’il méprise l’intelligence libre, au contraire. Il sait parfaitement reconnaître quand l’intelligence est libre et quand elle ne l’est pas. Je suis convaincu, autant par l’effort exceptionnel qu’il fait pour la culture (même s’il s’agit de sa culture) que par les persécutions qu’il a parfois lancées et souvent approuvées contre des intellectuels, que le communisme français, point différent en cela des autres, considère l’intelligence comme la grande force de l’histoire. S’il en était autrement, il y a beau temps que l’idéologie aurait cessé d’être. En fait, l’idéologie ne vit que dans la mesure où elle a ses hérétiques, dont elle fait malgré elle des martyrs. Je me demande si l’exil infligé à Soljenitsyne (et éventuellement à quelques autres) ne marque pas la fin de l’idéologie. Désormais, on pourrait discuter affaires entre gens sérieux, entre vrais enfants de ce monde que la métaphysique ou la métapolitique des intellectuels ne dérangeraient guère. »

 

22 février

22 février 1946

     « Les champions de la pureté », article de Pierre Emmanuel dans Les Lettres françaises, n° 96, p. 1, 4. « On me dit que la littérature “de résistance” n’a plus de raison d’être puisque l’ennemi qu’elle visait n’existe plus. […] Que la guerre soit finie, rien n’est moins sûr. J’admets que son processus apparent est arrêté, que la machinerie matérielle qui la porte jusqu’aux limites de l’univers est, pour l’instant, hors d’état de nuire. Mais cette guerre est une guerre spirituelle, où l’ennemi s’est servi des armes de l’esprit, en les prostituant à sa cause. Cette guerre s’est faite contre l’esprit, avec une science de la dégradation, de la désintégration intérieures dont il n’est point d’exemple dans l’histoire.
     Ceci suffirait à nous maintenir en éveil : l’ennemi avait des intelligences dans la place, jusque dans chacun de nous. Il comptait sur elles davantage peut-être que sur ses armées. Même mort, il sait qu’il peut compter sur ces intelligences ; la mentalité primitive qu’il a de nouveau déchaînée sur le monde est latente au cœur de tout homme, et pire encore : dans toute collectivité. Les séquelles du nazisme sont bien loin d’être résorbées ; je n’en veux pour preuve que la recrudescence de l’antisémitisme, dont on verra bientôt, pour peu que l’opinion continue d’y demeurer indifférente, que ce n’est plus l’antisémitisme nationaliste (et, si l’on veut, mesuré) des vieilles couches antidreyfusardes, mais l’antisémitisme racial le plus virulent. »

 

23 février

23 février 1952

     « Victor Hugo ou l’héroïsme de la banalité », article de François Mauriac dans Le Figaro littéraire, n° 305, p. 1, 7, repris dans La paix des cimes, op. cit., p. 321-327. « J’avais cru faire plaisir à Pierre Emmanuel en qualifiant son poème d’“hugolien”. Ah ! mais c’est qu’il l’a très mal pris ! Mes confrères ne finiront jamais de m’étonner. Pierre Emmanuel semble croire que dans ma bouche “hugolien” est une injure. “Moi, je n’aime pas les adjectifs !”, m’a-t-il écrit. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

     Aube pareille au pur regard avant le Verbe !
     dieu médite un matin monotone et parfait
     suave est la douceur des plaines sur Sa langue :
     de grandes ombres se relèvent lentement,
     les arbres dans l’air nu sont agiles et graves
     et souples les hauts monts sous la main frémissants.
     Par degrés l’onde calme éveille les campagnes
     la terre incline son attente à l’Orient,
     et l’homme tôt levé lavant ses yeux nocturnes
     y reçoit le baiser de dieu

« Aube », Sodome, Première édition LUF (Fribourg – Suisse) 1944

__________________

Prose

     « L’homme d’aujourd’hui sait qu’il avance au milieu des ruines. Sa culture n’est qu’un éboulis au pied d’un immense édifice, image de l’éternel. Je suis un homme de l’éternel, vivant au sein de l’édifice, et un homme d’aujourd’hui, vivant au sein des ruines. Durée double et une, essentielle, qui régit le rapport de l’écrivain à la société dont il fait partie. Bien qu’une société vise à se conserver, ce n’est pas sa réalité actuelle qui la justifie : ce sont les valeurs qui perdurent en elle à travers ses transformations – et souvent lui survivent. Ces valeurs s’expriment et se communiquent par le langage, lieu antérieur à tous les individus qui s’en servent, et moyen d’expression de chacun d’eux. Le langage, et en lui mon langage. Par le langage j’exprime et ma relation aux autres – ma dépendance –, et ma singularité – ma liberté. Toute société compte des individus plus ou moins doués de liberté, pour la liberté : plus ou moins capables de se singulariser en singularisant leur langage. Certaines natures originales jouent un rôle prophétique dans le corps social : elles diagnostiquent la crise d’une époque ; elles ouvrent une perspective ; elles inventent un besoin, une direction nouvelle. L’être le plus singulier est souvent le plus universel : il fraie la route. Ce peut être un écrivain : un homme qui se voue au langage écrit. Sa parole est différente de celle de l’orateur ou du journaliste. Elle n’est pas linéaire : elle ne fuit pas. Elle dure : elle crée un espace mental. Dans cet espace, d’autres que l’écrivain pourront se mouvoir. Et même l’approfondir. Tout le monde n’est pas capable d’une telle parole : il y a beaucoup moins d’écrivains que de gens qui écrivent et publient. »

« Postulations dans les ruines », Conférence prononcée au Congrès de la Fondation européenne de la Culture, Vienne, 1960.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

22 janvier 2020

     France 3 diffuse « Les vies d’Albert Camus ». On y voit Pierre Emmanuel dans une séquence de 1946, prise dans les bureaux du Comité national des écrivains, en conversation avec Mauriac.

     L’émission peut être consultée ici.


28 octobre 2019

     Les InfosDijon signalent que Michel Lagrange a reçu le 27e prix de l'association des Poètes de l'amitié. Dans son discours de remerciement il a cité Pierre Emmanuel « à partir d'une de ses préfaces où il plaidait pour "un combat intellectuel et spirituel, un élan vers ce qui nous dépasse et nous métamorphose, la poésie comme exercice, comme acte spirituel dont le risque s'inscrit dans l'existence même, ce n'est pas un jeu, c'est une édification de soi, un destin". »

     On peut lire l’article ici.


30 septembre 2019

     À son tour Le Soir de Bruxelles évoque Pierre Emmanuel à propos de la mort de Chirac en rappelant la création de la Maison de la Poésie.

     On peut lire l’article ici.


26 septembre 2019

     Le journal des arts rappelle que M. Jacques Chirac, « l’allié des arts et de la culture », permit la création de la Maison de la Poésie de Paris, à l’instigation de Pierre Seghers et Pierre Emmanuel.
     L'article ne précise pas que, quelques années plus tôt, Pierre Emmanuel avait porté le projet de la Vidéothèque, aujourd'hui "Forum des images" - ce que rappelle un article du Point, ni que M. Chirac l'avait nommé à la tête de l'INA lors de sa création.

 

     On peut lire l’article du Journal des arts ici,
     celui du Point ici.
     Pour en savoir plus sur la vidéothèque, voir ici.


3 septembre 2019

      Le site lapresse.ca rend hommage au journaliste Pierre Nadeau, mort ce 3 septembre 2019. Elle rappelle :

     « C’est le grand poète et futur académicien Pierre Emmanuel qui se prit de sympathie pour le jeune Canadien et qui lui octroya des petites piges à raison de cinq dollars pièce. »

     On peut lire l’article ici.


3 juillet 2019

     L’Express reprend un article de 1981 : « Poésie contemporaine : Orphée pas mort ! » de Claude Michel Cluny. On y lit le nom de Pierre Emmanuel.

     À lire ici.


26 avril – 16 juin

     L’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) propose, du 26 avril au 16 juin 2019, une grande exposition intitulée Liberté, j’écris ton nom présentant des archives de la vie littéraire sous l’Occupation. Celles de Pierre Emmanuel sont naturellement présentes à plusieurs endroits, en particulier dans la vitrine des revues poétiques.
     François Bordes, délégué à la recherche à l’IMEC, a évoqué Pierre Emmanuel lors de la rencontre qu’il a animée sur la « bibliothèque de l’ombre 1935-1945 », en ouverture de l’exposition.
     Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC le mentionne également à plusieurs reprises dans l’article de Télérama du 29 avril dernier : « L’archive peut toucher du doigt l’histoire dans ce qu’elle de plus intime, merveilleux, terrible ».


5 mars 2019

     M. Jean Mathieu, ancien élève de l’École centrale de Lyon, fondateur et directeur du Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique de 1959 à 1985, est décédé ce 5 mars 2019. Cousin germain de Pierre Emmanuel, il était l’un de ceux qui l’avaient le plus connu durant son adolescence. C’est en effet à ses parents que le jeune Noël avait été confié à sa rentrée au collège des Lazaristes de Lyon, en 1926. Exactement du même âge que Roger, Jean a toujours considéré Noël comme son grand frère.
     C’est à lui que nous devons nombre de détails sur cette époque et de photos de famille (tous droits réservés sur les photos ci-dessous).


Jean Mathieu, sa mère et Noël (Pierre Emmanuel)


La photo est prise par Noël grâce à l'appareil de photo que lui avait offert son père.

 
Jean et Yvette (décédée le 19 janvier 2020) Mathieu
photo juillet 2013