PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juin 2024


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 23 au 30 juin (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « La lettre de la mer », Orphiques, Gallimard, coll. « Métamorphoses »,  1942, p. 58 ; Œuvres complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 1112.
     - « La dure et grande condition humaine », Une année de grâce, 1983, p. 200-201.

• « The power of the poet », The Atlantic, n° 187, janvier 1951, p. 74-77.

 

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

23 juin

23 juin 1980

     Première représentation de Il est en nous le jour, oratorio/mystère composé par Pierre Emmanuel à l’occasion du 450e anniversaire de la Confession d’Aubsbourg, au Cloître des Billettes à Paris, par le groupe Emmaüs, spécialisé dans l’expression gestique et liturgique. « À force d’insistance amicale, le Pasteur Jacques Fischer m’a contraint d’écrire cet Oratorio. Pendant les semaines où il revenait périodiquement à la charge, je relus l’histoire des débuts de la Réforme et, plusieurs fois, le texte de la Confession d’Augsbourg. La personnalité de Luther m’a toujours fasciné, le mot n’est pas trop fort, en même temps qu’elle rebutait, par son énormité et sa violence éruptive, le côté érasmien de ma nature en matière de foi. Mais le Luther du Traité du Serf-arbitre et de l’Épître aux Galates a marqué ma religion inconsciente dès avant ma vingtième année : je lui dois une certaine sensibilité au mal comme force de destruction inhérente à l’homme, à l’homme dans l’histoire surtout, avec la complicité radicale de chaque homme en particulier (il faut penser que je découvrais Luther dans les premières années du nazisme). »

 

24 juin

24 juin 1970

     « La messe des vivants [sur la mort d’Elsa] », article de Pierre Emmanuel dans Les Lettres françaises, 24 juin 1970, p. 4. « Les grandes amitiés ne meurent pas. Quelque chose d’essentiel et d’indicible survit à l’histoire, au déchirement politique, à la nécessité des séparations. Rien ne me l’a fait comprendre si fort que la mort de celle qui écrivit Personne ne m’aime et que tant de gens ont aimée. J’ai senti soudain tout ce que ceux deux êtres unis avaient représenté pour moi, et qu’ils le représentent encore : oui, malgré les divisions et les conflits qui, un temps, furent terribles, leur double présence reste un morceau de mon propre cœur.
     Ceux, dont je suis, qui ont eu la chance de les rencontrer en pleine guerre, quand rien n’était plus important que la cristallisation du courage autour d’une simple idée, ont mesuré alors ce qu’ils recevaient d’eux, et qu’à jamais ils leur doivent. Les chevaliers de l’espérance étaient rares en ce temps-là. Aragon en fut un, le plus prestigieux, le plus proche : et cette dame de ses pensées auprès de lui, c’était Elsa, c’était la liberté, c’était la France. De bien grands mots ? Il faut avoir vécu dans l’atmosphère de guerre, avoir approché de cette double et unique passion pour savoir que les mots étaient absolument vrais, que ces êtres, deux et un, vivaient symboliquement l’attente, l’espoir, la colère, le martyre et la résurrection de la patrie. Et qu’ils les donnaient à vivre. »

 

25 juin

25 juin 1980

     Anniversaire du 450e anniversaire de la confession d’Aubsbourg. Troisième et dernière représentation de l’oratorio de Pierre Emmanuel « Il est en nous le jour » au Cloître des Billettes, à Paris, par le groupe Emmaüs. Le texte en est repris pour l’essentiel dans Le grand œuvre. « En relisant la Confession d’Augsbourg, j’ai bien compris pourquoi sa relecture œcuménique pouvait être le support d’un dialogue utile entre catholiques et luthériens ; mais j’ai aussi découvert que sa partie ecclésiale est marquée par les passions de l’époque et fait fi de l’histoire spirituelle dans la formation de l’Église comme corps mystique, formation (II) à laquelle je crois parce que je crois à l’histoire malgré tout son pouvoir décréateur. C’est donc plutôt la tragédie d’une réconciliation impossible qui m’a inspiré dans l’élaboration de mon texte. Je me suis posé la question : Qu’est-ce, au fond, pour les chrétiens d’aujourd’hui (catholiques, orthodoxes, luthériens, réformés, etc.), que d’être, ensemble, des chrétiens ? »

 

26 juin

26 juin 1982

     « À présent, que faire ? », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1802. « Par mes origines, par mes grands choix et mes non moins grands refus, j’appartiens à cette race des éternels gouvernés qui veulent un jour, ensemble, se gouverner.
     J’ai été et je reste gaulliste parce que de Gaulle, dès le 18 juin, a montré l’illégalité radicale de toute appropriation du pouvoir contre le peuple : d’instinct, entre 1940 et 1944, j’ai considéré le prétendu État français comme un état de fait qui avait les moyens de contraindre à l’obéissance, non comme un état de droit qui devait être obéi. En voyant sous le dernier septennat, dans l’impuissance politique générale, s’affermir la prééminence d’une administration d’État indépendante de toute sanction politique et qui confondait sciemment ses solidarités avec la cohésion de la nation, j’ai senti renaître ma méfiance, tant de fois confirmée, contre toute société bâtie sur un modèle scolaire, où l’autorité est mise au concours et où les concours mènent au Parlement. »

 

27 juin

27 juin 1980

     « L’élément primordial », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1750. « Merveilleuse énergie du petit enfant ! Dès les premières heures, il est déjà impatient d’être : en l’observant, j’ai le sentiment d’une conscience à l’état naissant que l’on peut voir poindre, discriminer, apprendre à se diriger, et dont tout l’effort, incommensurable à celui de l’adulte, est de s’orienter vers l’autonomie. / Regarder jour après jour un enfant grandir, c’est assister à la formation du monde et ainsi mieux comprendre les exigences et les résistances, voire l’inertie du milieu humain. Entre la force déjà spirituellement orientée de l’enfant, qui se porte, implicitement, vers l’absolu de la liberté, et celle de la contrainte sociale qui en définit la possibilité relative, inévitables sont les incompréhensions, les conflits, voire les risques de rupture d’un destin. Notre destin n’est pas notre fatalité : c’est l’accomplissement progressif d’un être qui a reçu un nom propre. »

 

28 juin

28 juin 1940

     Lettre à Jean Cayrol. « Douleur sans mots – Ténèbres – Je suis comme un aveugle.
     J’ai tout perdu, maison, livres, argent, vêtements, dans le bombardement de Pontoise. Je n’ai plus rien.
     Je ne crois pas retrouver de travail. Je n’ai cependant que ce moyen de vivre. Si vous connaissiez un travail possible, dites-le moi. C’est maintenant une question vitale pour moi.
     Et vous ? Je voudrais sentir votre amitié, votre affection. Écrivez-moi. On fera suivre. »
     Sans doute le même jour, lettre du même ordre à Jean Ballard. Avant le passage à Gan : ne parle pas de chercher du travail. N’en parle qu’après.

 

29 juin

29 juin 1956

     « De Gaulle ou la race de l’aigle », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 625. « Parler de de Gaulle grand écrivain, c’est l’abstraire par un côté du destin dont il est l’artiste : car ce qui frappe dans ses Mémoires, c’est le rythme et le style d’une action. Inspiré d’une grande cause, de Gaulle croit. Non pas à notre manière : nos pudeurs, notre fausse objectivité, notre fair play avec le doute ne dont que les alibis de l’irrésolution ; chez de Gaulle, la certitude est si absolue qu’elle n’a même pas besoin de s’affirmer telle – elle est, et il en est l’instrument. Il est donc libre devant les contingences : tout le contraire d’un ravaudeur de hasards. Inébranlable face aux hommes de l’instant, dont “chacune de leurs attitudes successives procédait d’une spéculation”. La finalité qui le meut, il s’y fortifie de plus en plus, et l’ayant comprise en perspective, il s’identifie avec elle sans se laisser briser ni même détourner : dans L’Appel, il pensait en elle ; dans L’Unité, elle se pense en lui. »

 

30 juin

30 juin 1949

     « Romantiques allemands et moralistes français », article de Pierre Emmanuel dans La Nation belge, 30 juin 1949, p. 2. « On peut aimer Goethe, ou le détester : il n’en reste pas moins un esprit européen, - le dernier qu’ait connu l’Allemagne, le seul qui l’ait pour un temps délivrée de l’oppression des brumes, sans lui ôter les puissances du rêve. Plus grands que lui peut-être, Hölderlin et Nietzsche, ne sont que des Allemands. Ils ne quittent pas cette zone du rêve, nécessaire à la pensée de l’Europe comme à toute pensée, mais que l’esprit humain doit dépasser tout en y plongeant ses racines. Quand le rêve submerge la raison, l’homme agit comme un somnambule. Jean Cassou l’a bien montré de Kleist : l’histoire récente nous apprend que le peuple allemand tout entier vient de traverser une crise analogue. L’Allemagne a submergé l’Europe, la dialectique du rêve contaminé jusqu’aux peuples les moins faits pour elle. Nous mesurons mal encore l’atteinte au réel dont l’Europe a souffert de ce fait. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

Ciel, écrivant la lettre abîme ornée de fer
et d’anges! loin des mausolées de tendre vert
qu’une hanche votive incline au bord de l’ombre
loin des pierres aux membres purs qu’un rêve épars
emmêle puis défait dans le Chant (quand vient l’aube
l’air saturé de pierre est doux et déchirant)
loin des filles et des villes abandonnées
au soleil roux qu’émeut leur feuillage de pierre
loin du sommeil et de la Mort entre deux seins,
si haut que l’étendue en sang écume aux lèvres
tu surgis suffocante Lettre de ma nuit
ô Mer.

« La lettre de la mer », Orphiques, Gallimard, coll. « Métamorphoses »,  1942, p. 58.

__________________

Prose

     « Partout, sous des formes politiques diverses, s'accusent la massification, le nivellement de l'homme. La pensée en est atteinte, mutilée, niée. La dérive totalitaire n'est plus un hasard de l'histoire : la politique se veut scientifique, elle se codifie en système, elle définit un homme nouveau que le système a d'avance bâti. Tout cela au nom du bien de l'homme, un bien que la science, et non la liberté, formulerait en dehors de nous. Cette normalisation de l'espèce est en cours partout où triomphent les techniques conquérantes, comme si l'homme n'était, à l'instar du reste de la matière, qu'un objet de leurs immenses manipulations. Dans la majorité des pays de la planète, l'État est devenu une formidable machine à agglomérer les hommes : nous en connaissons le pouvoir. S'il en est parmi nous qui ont cru à la vertu révolutionnaire des idéologies et des systèmes, ils ont appris depuis longtemps que ce ne sont que les alibis rituels d'un absolu pouvoir, d'un pouvoir qui a pour fin le pouvoir.
     Contre ce pouvoir, nous, écrivains, nous sommes à première vue sans pouvoir. Les uns s'y soumettent, entrent parfois à son service, et c'est une logique qui, nous l'avons toujours su, peut mener loin. D'autres tentent de ruser avec lui, de préserver de ses atteintes un canton neutralisé de l'esprit, l'art, la poésie, la philosophie, la recherche... Mais le pouvoir revendique la totalité de l'espace des âmes. De recherche, il ne veut que celle qui augmente les moyens du pouvoir ; de philosophie, il ne veut que celle qui glose respectueusement sur le système ; de poésie, il ne veut point, car elle est obscure et le pouvoir s'en méfie comme de son ombre, comme du silence où l'esprit se réfugie contre lui. Ce que le pouvoir veut sceller définitivement, c'est l'abîme de l'interrogation, la profondeur imprévisible de l'âme : il n'y a rien qu'il redoute davantage, et c'est pourquoi certains régimes totalitaires sont férocement antireligieux, d'autres annexent la religion pour dominer l'intérieur des consciences. »

« La dure et grande condition humaine », Une année de grâce, 1983, p. 200-201.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait "religieuse", mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot "poésie" que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

17 mai 2024

     Le site Reporterre présente le livre Le Prophète qui avait raison - La présidentielle de René Dumont, d’Arthur Nazaret, aux éditions Le Seuil. Il y cite longuement un article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro après les résultats de l’élection présidentielle.

     On peut lire l’article ici.


30 avril 2024

      Solange Bied-Charreton présente Le Nom sur le mur, d’Hervé Le Tellier, dans le journal Marianne. Celui-ci y rappelle le souvenir des « poètes Pierre Seghers et Pierre Emmanuel » en évoquant Dieulefit durant la guerre.

     On peut lire l’article ici.


Mars 2024

     Le monde diplomatique évoque, à l’occasion de l’hommage rendu aux Manouchian, L’honneur des poètes, et en particulier les poèmes de Pierre Emmanuel et de Pierre Seghers.

     On peut lire l’article ici.


26 février 2024

     France Culture propose une courte émission sur « Pierre Emmanuel, autre poète de la résistance ».

     On peut l’écouter ici.


16-17 janvier 2024

     Dans le cadre des Nuits de France-Culture, la radio retransmet « Le poème et son image : Jean Grosjean », avec Pierre Emmanuel.


26 décembre 2023

     Le site Fabula publie le 26 décembre 2023 un article de Marc Escola présentant Baroque et poésie moderne (revue Œuvres & critiques). Il y rappelle l’édition par Pierre Emmanuel des Tragiques d’Agrippa d’Aubigné.

     On peut le lire ici.


12 novembre 2023

     Les archives Sonuma présentent « Pierre Emmanuel ou la réconciliation », reportage réalisé en 1979. A l'occasion de la biennale de la poésie de Knokke-le-Zoute, Jean-Marie Mersch a pu s'entretenir avec le poète catholique Pierre Emmanuel.
     L’émission est visible en Belgique jusqu’au 18 novembre.

     Pour en savoir plus…


8 septembre 2023

     Le Point annonce la mort du journaliste et éditorialiste Jacques Julliard et rappelle : « Membre du comité de rédaction de la revue Esprit et proche de ses grandes plumes, parmi lesquelles Jean-Marie Domenach, Pierre Emmanuel et Paul Ricœur, il défendait le droit des peuples à l'autodétermination. »

     Lire l’article ici.