PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juillet 2026


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 12 au 19 juillet (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- L’Autre, 17, Seuil, 1980 ; Œuvres complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 1028.
     - « Le face à face avec la victime », in Hervé de Charrette, La Peine de mort en question, 2e trim. 1979, p. 68-71.

• « The power of the poet », The Atlantic, n° 187, janvier 1951, p. 74-77.

 

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel


IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2022Bulletin d'adhésion 2022

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

12 juillet

12 juillet 1968

     Pierre Emmanuel, « Vertige ou espérance », in Notre République,n° 315, 12 juillet 1968, s. p. [dernière]. « Une société qui ne peut justifier spirituellement sa raison d’être est condamnée à mort. La nôtre aura fort à faire, très vite, pur endiguer la rupture nihiliste au sein d’une jeunesse estudiantine trop nombreuse pour ses possibilités, psychiquement hypertrophiée par son propre mythe et le narcissisme publicitaire qui l’exploite, en proie à des maîtres qui la méprisent tout en la flattant, modelée par une culture abstraite qui laisse en friche sa sensibilité, inhibe en elle le sens éthique, et réduit l’homme social aux prétentions de l’idéologie. À cette jeunesse il n’aura fallu qu’une semaine pour renier tout son milieu : Dieu veuille qu’elle renie ses idéologues ! Quoi qu’elle fasse, ne tentons pas, nous, de ruser avec la réalité essentielle, métaphysique, de son adhésion au grand refus. Dans le livre de Durandeaux, un garçon de vingt et un ans dit comment il a pris conscience de « la pourriture dans laquelle je vivais : l’insatisfaction et le dégoût des gens pour la vie qu’ils mènent, la passivité ». Cette conscience-là des dizaines de milliers d’étudiants ont été comme fendus en deux par elle : c’est la grande lézarde sur notre façade sociale. Dans cette lézarde poussent des vertus : sens égalitaire, besoin de communion, aspiration à une culture fraternelle ouverte à tous, espoir d’une société sans classes. Vertus imaginaires ? Oui, dans la mesure où la liberté rêvée reste gratuite, irresponsable, inconséquente avec l’exigence qu’elle a formulée. »

 

13 juillet

13 juillet 1969

     Yvonne Chauffin, « Sous la coupole un poète remplace un soldat », Le Pèlerin, 13 juillet 1969, p. 29-31. « Si l’on y regarde bien, ce ne sont pas les biens saisissables qui constituent l’essentiel de ce que désirent les hommes. Ces biens peuvent être la part la plus importante de leur vie, mais pour presque tous les hommes, c’est autre chose qui est visé au-delà, qui peut prendre la forme d’une affection humaine, d’un amour, d’un besoin de solitude ou de repos, d’un besoin de silence. C’est dans l’ordre subjectif profond, dans l’ordre des rapports spirituels, des rapports d’amour ou d’amitié, dans l’ordre de la beauté également que les hommes s’accomplissent, même les plus frustes, les plus dénués en apparence.
     - Pouvez-vous le faire percevoir par un exemple ?
     
- On sait très bien ce qu’est l’importance d’un sourire dans un visage humain, dans un pauvre visage humain, dans un visage de pauvre, dans un visage qui, l’instant d’avant, paraissait gris, et tout à coup un sourire le transfigure et l’on voit un être dans la plénitude de sa beauté. Je crois que les poètes essayent de montrer aux hommes un tel sourire, qu’ils perçoivent eux-mêmes comme un besoin profond. Ils essayent de faire percevoir à quel point la source en reste présente dans notre vie sous toutes ses formes. »

 

14 juillet

14 juillet 1949

     « Les couplets de La Marseillaise - Amour sacré de la patrie », article de Pierre Emmanuel dans Les Lettres françaises, 9e année, n° 268, 14 juillet 1949, p. 1. « J’aurais voulu pouvoir commenter ces deux vers : “Liberté, liberté chérie / Combats avec tes défenseurs”, mais cette liberté, qui fut et reste notre bien le plus cher, et qui nous réunirait sans doute en des circonstances pareilles à celles de naguère, chacun de nous prétend aujourd’hui la défendre selon sa méthode et selon l’idée qu’il s’en fait, alors qu’elle n’est qu’un instinct. Comment me faire entendre, quand je vois de part et d’autre – et jusqu’en moi-même – l’intolérance grandir jusqu’à devenir absolue ? Comment célébrer la liberté sans la vérité, notre imparfaite vérité d’hommes, qui n’est elle-même que dans le respect qu’elle porte à celle de ceux qui ne pensent pas comme nous et complètent ainsi notre pensée ? Notre patrie ne devrait pas être seulement la certitude où nous sommes d’être dans le vrai, mais la certitude des autres, même si elle ne nous ressemble pas. Non pas une idéologie, ni la contre-idéologie qu’elle suscite : mais cette vérité plurielle qui n’en finit pas de dialoguer avec soi-même dans sa recherche de l’unité. Je ne connais d’autre liberté que celle-là : j’ai bien peur que nous ne l’ayons tous perdue… »

 

15 juillet

15 juillet 1942

     « Sauver l’homme d’abord », article de Pierre Emmanuel dans Le Mot d’ordre, n° 643, p. 2. « Je n’ai pas le droit de me proclamer juste, et oublier tous ceux qui meurent injustes : je n’ai pas le droit de parler au nom du silence, si je n’ai pas atteint au silence bouleversant de la créature déchirée. Mon langage n’est ni le verbe de Dieu, ni même le chant des anges ; je ne puis sauver le monde par ma seule poésie ; et si je crois me sauver moi-même en elle au prix de l’oubli du monde, je me perds. Le mythe dévore trop souvent celui qui l’a créé ; dans un univers d’atomes, chacun d’eux est un mythe qui s’est sclérosé. Beaucoup de lecteurs ne demandent au poète pas autre chose que le moyen de devenir des monades : il faut le dire, si la poésie se réduit à cela, elle est le mal. Ce n’est pas la poésie qui nous reste, c’est l’homme. Il s’agit de sauver l’homme et avec lui la poésie, et non – ô outrecuidance ! – l’inverse. Or il se trouve que la poésie, entendue comme moyen d’expression privilégié peut reprendre la tradition royale du véritable humanisme : créer des œuvres d’une actualité éternelle, qui révèlent à l’homme la nature de ses monstres, à l’intérieur comme à l’extérieur, et l’appellent à la lutte et à la victoire sur eux. »

 

16 juillet

16 juillet 1980

     « La personnalisation du pouvoir », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « Les choses étant ce qu’elles sont, les Français, à moins d’un miracle, devraient faire leur deuil de la démocratie dans laquelle ils se croient encore bien qu’ils n’aient pratiquement plus de Parlement qui se fasse entendre et qu’au lieu de l’opinion publique, ils voient régner sans partage les mass media. Peut-être la démocratie n’est-elle plus nécessaire à une société libérale avancée dont le prince a le sens de la mesure, comme aussi de ce qui, selon lui, est bon pour l’État de la nation ? Il ne semble donc pas que la campagne électorale pose de grands problèmes au candidat officiel.
     Ce n’est pas sur le fond, sur l’anémie de l’idéal démocratique et les conséquences de cette anémie à moyen terme, que l’on débattra demain. Mais on parlera chiffres et, sur ce point, les talents de pédagogues – sinon d’illusionnistes – de nos maîtres et de leurs disciples télévisuels, nous les montrent d’avance sans rivaux. À moins que ces grandes catastrophes économiques – deux millions et demi de chômeurs par exemple – sur lesquelles comptent, comme sur la « divine surprise », ceux qui n’ont pas d’idées neuves à promouvoir, cette élection ne sera pas une élection politique, mais la reconduction d’un vide où les Français, étrangement, ne se sentent pas encore suffoquer.
     Malheureusement, la personnalisation du pouvoir finit par installer un tel vide. »

 

17 juillet

17 juillet 1981

     « Pourquoi l’on met en prison les poètes », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1805. « Quand un poète risque la prison pour ses vers, c’est que la poésie est prise au sérieux. Les seuls pays où elle le soit vraiment sont-ils ceux où l’on emprisonne les poètes ? Je ne mets dans ma question aucun humour, car je suis convaincu que la poésie est chose très sérieuse qui exige d’être sérieusement traitée. Cette exigence est indivisible de l’effort d’aller jusqu’au bout de l’homme, d’en dire le fond, d’en trouver le sens ou le non-sens. […]
     Un acharnement à dire, à tout dire, telle est la poésie. Elle est la vérité d’une parole dont la tâche est de lever les obstacles intérieurs et extérieurs l’empêchant d’être proférée. Dans un pays où le mensonge sait qu’il fait corps avec la société entière dans ses moindres détails, toute parole de vérité met en danger la sécurité publique. »

 

18 juillet

18 juillet 1979

     « Le grand schisme européen », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « En Europe, l’histoire récente fut un tel Moloch que toute une jeunesse a voulu désespérément s’en défaire et nous y a entraînés. Étrangement, beaucoup d’européistes attendent de l’Europe petite qu’ils sont en train de bâtir qu’elle exorcise les crimes d’un continent, réputé universellement égocentrique et coupable de l’état du monde depuis deux mille ans et plus. Je ne suis pas certain que leur entreprise, peu fondée actuellement sur le plan idéal, ait raison de cet esprit autopunitif et suicidaire qui, sur le plan démographique par exemple, annonce de noirs lendemains. »

 

19 juillet

19 juillet 1957

     « Le totalitarisme rampant », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 680, p. 16. « Quelle tristesse, d’être gouvernés par du vent… On finit par ne plus rien entendre, par ne plus croire à rien. Ce vent emporte les paroles sensées : allez donc parler quand il souffle ! Jamais la presse d’opinion ne fut courbée sous le vent comme aujourd’hui : les quelques rares qui parlent dans le vent, contre le vent, sont des héros ou des Cassandres. Voix pathétiques, enrouées à force de se briser en mutisme, de répéter les mêmes vérités dont nul ne veut… Car nous ne voulons pas que la vérité nous dérange : et quand elle se fait lancinante, nous cherchons des drogues pour en être distraits, du bruit pour que se taise en nous cette sourde inquiétude qui nous vient. Il n’est pas un Français qui ne la sente, derrière les mots menteurs dont il l’endort. Il n’est pas un Français qui ne sache que les formules de fait ne sont pas le fait, et que la distance du langage politique au langage français tout court est en train de devenir sidérale. Le vent des sphères – des hautes sphères – souffle sur un peuple indifférent, que son péché d’indifférence risque de livrer aux apprentis dictateurs. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

 

     Luisants de leur argile encore humide
     Adam et Ève nus les yeux baissés
     Sentent la Main ou l’eau qui se retire
     Très lentement comme pour les lisser
     Mais aussitôt qu’a cessé la caresse
     L’oubli assèche avant l’être au fond d’eux
     Leur souvenir sans accès l’origine
     Alors levant les yeux l’un sur l’autre à la fois
     Chacun sait d’un éclair jumeau qu’il est son autre
     Il n’y a rien entre eux que l’Autre à l’infini
     Quelle distance nulle autant qu’infranchissable
     Quel désir étant Un toujours les désunit.

L’Autre, 17, Seuil, 1980.

__________________

Prose

     « Plus une société est cohérente, plus elle vit de valeurs absolues qui lui confèrent un caractère sacré en tout ce qui touche à l’esprit et à la vie. L’idée de la valeur absolue de la personne humaine, que l’on voit s’élaborer à travers la civilisation judéo-chrétienne, modifie la loi du talion et met tout homme en face de tout autre comme en face d’un autre lui-même, - les chrétiens diraient : de l’image et de la ressemblance du Dieu Vivant. Tout meurtre volontaire est donc essentiellement la destruction de cette Vie, de cette image et de cette ressemblance. En tuant l’autre, le meurtrier se tue lui-même, se condamne lui-même à mourir. Le rôle de la société, par l’appareil de sa justice, est de lui faire prendre conscience de cette logique inflexible et salvatrice, puisqu’en assumant la responsabilité extrême de son crime, l’assassin en assure la rédemption. Il y a dans une telle vue de la justice une dimension religieuse que, bien entendu, la société moderne ne peut ou ne veut plus faire sienne, même si, dans certains pays, la justice est rendue sous un crucifix. »

« Le face à face avec la victime », in Hervé de Charrette, La Peine de mort en question, 2e trim. 1979, p. 68-71.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Les exécuteurs testamentaires de Pierre Emmanuel parlent du poète

     En 2014, Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi, exécuteurs testamentaires de Pierre Emmanuel, évoquaient chacun leur première rencontre avec le poète, puis le livre qu’ils préfèrent et enfin pourquoi il leur semble important que ce poète soit connu.


28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait "religieuse", mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot "poésie" que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

20 mai 2026 

     Arnaud Despax, membre du Centre de recherche Pierre Emmanuel, évoquera son œuvre poétique à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, avec une intervention intitulée « La poésie de Pierre Emmanuel : vers le grand œuvre » le mercredi 20 mai 2026 à 18h, dans la salle Clémence Isaure de l'Hôtel d'Assézat (7 place d’Assézat, Toulouse).


27 avril – 4 mai 2026

     Dans le cadre de « L’écho des archives », la Radio chrétienne francophone belge (RCF) a invité Anne-Sophie Constant, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, titulaire d’un doctorat d’État sur le poète, à parler de Pierre Emmanuel durant deux émissions d’une demi-heure. On peut y entendre aussi le poète lui-même, grâce aux archives de la radio.

Les émissions sont disponibles ici.


20-21 novembre 2025 

     M. Christos Nikou prononce une très belle conférence au colloque international « Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) – Une Somme de poésie : une vie à écrire » (Sorbonne Université) sur : « Le Chemin de croix chez Patrice de La Tour du Pin, Rina Lasnier et Pierre Emmanuel ».
     Messieurs Arnaud Despax et Pierrisnard mentionnent aussi le poète dans leurs interventions.


29 août 2025

     La revue La Règle du jeu fait paraître sur son site un article de Miachaël de Saint-Chéron « L’art au secours de la brisure du sens ou l’essence du trait chez Fabienne Verdier » dans lequel il cite une expression de Pierre Emmanuel dans Le Poète fou.

     On peut le lire ici.


21 août 2025 

     Richard Prasquier écrit dans Causeur un bel article sur Dieulefit durant la guerre. Il y cite Pierre Emmanuel, évoque Marguerite Soubeyran, Beauvallon, Jeanne Barnier etc. 

     On peut le lire ici.


Mai 2025

     Une pièce extraite du fonds Pierre Emmanuel a été sélectionnée par l’IMEC pour être présentée en fac-similé sous vitrine dans le cadre d’une exposition sur la notion de « mariage » au Château des Ravalet à Cherbourg cet été. Le texte est issu d’un écrit inédit de Pierre Emmanuel qui s’ouvre ainsi : « Je voudrais que ce livre fût l’histoire de ma foi ».


27 mars 2025

     L’Humanité rend compte d’une anthologie publiée par Les éditions Seghers : L’esprit de résistance, qui réunit plus de cent poètes de langue française. Muriel Steinmetz écrit : « En ce mois de mars  2025, les poètes rassemblés sous le signe de l'Esprit de résistance le sont en référence assumée à l'époque où nous sommes, chaotique et grosse de périls de tous ordres. Ainsi s'impose, derechef, la haute figure de Pierre Seghers (1906-1987), qui fut lui-même poète et résistant de la première heure. Dès septembre 1939, il fondait une revue qui devait accueillir les plus grands poètes de la Résistance, certains d'entre eux étant de ses amis, tels Aragon, Paul Éluard, Loys Masson ou René Char. C'est encore lui, en 1944, qui imagina la fameuse collection « Poètes d'aujourd'hui », laquelle avait pour but résolu de mettre la parole poétique à la portée de tous. C'est toujours lui qui, en 1983, fonda avec Pierre Emmanuel la Maison de la poésie de la Ville de Paris. »

     On peut lire l’article ici.