PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Novembre-décembre 2021


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 5 au 12 décembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Porte », Tu, Seuil, 1978. Œuvres poétiques complètes, vol. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 722.
     - « Ô peuple souverain », Témoignage chrétien, vendredi 8 novembre 1957, n° 696, p. 21 (dernière page).

Regard sur... Musset.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

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     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

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Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

5 décembre

5 décembre 1942

     A. Rolland de Renéville, « Métamorphoses de la poésie », Comoedia, n° 76, 5 décembre 1942, p. 2. [À propos d’Orphiques] « J’ai dit que l’esprit poétique prenait, pour nous apparaître, les formes les plus diverses : au moment même où il s’accommode des tuniques étroitement ajustées de la prosodie traditionnelle que lui impose Robert Ganzo, le voici qui nous offre encore le spectacle de revêtements à la taille des éléments et des phénomènes naturels dont Pierre Emmanuel évoque le foisonnement au cours de ses poèmes. Son vers a le cours et la sonorité à la fois impétueuse et monotone d’un fleuve. L’œil, tout d’abord ébloui par l’éclat de tant d’ondes, se fatigue parfois à en suivre la succession jusqu’à l’horizon mental où elles n’en finissent pas de se perdre. Pierre Emmanuel, doué d’un génie certain, et dont on peut dire dès maintenant qu’il est sans doute le poète le plus noble et le plus grand de sa génération, réhabilite le discours romantique, et ce faisant, relâche le vers français que Mallarmé avait resserré au point de lui donner la dureté du cristal. »

 

6 décembre

6 décembre 1950

     Diffusion de la 8e émission radiophonique « Demi-siècles : 1550, La renaissance », dans la série « Vérités et chimères ». Pierre Emmanuel y parle de la poésie avant 1550 et des poètes Ronsard, Du Bellay, Maurice Scève, Louise Labbé, Agrippa d’Aubigné. « “Beauté, mon beau souci”. Cet hémistiche de Malherbe, Ronsard l’eût fait sien, et Scève, et d’Aubigné. Mais les temps ont changé : c’est la fin du siècle. La beauté qu’invoque Malherbe se suffit à elle-même. Au milieu du XVIe elle est inquiète de sa propre justification, elle veut n’être que la forme d’une passion, d’une révolte, d’une foi. Elle est moins sereine, plus proche de nous, dirons-nous plus belle ? Je l’aime en tout cas davantage et reviens à elle d’instinct, à Du Bellay, à la Belle Cordière, à d’Aubigné surtout quand je cherche cette unité de désir et de rigueur, cette fougue de l’aspiration dominée par le langage qui est pour moi le signe de notre véritable grandeur classique, telle que les grandes œuvres de notre race ont toujours su l’exprimer. »

 

7 décembre

7 décembre 1963

     « En chemin », Réforme, n° 977, p. 10. « Une nouvelle année liturgique : une fois de plus, les chrétiens sont invités à faire coïncider leurs journées, leurs dimanches et leurs saisons avec les étapes de la venue, de la vie, de l’attente du Christ. Une fois de plus, entendrai-je l’appel de l’apôtre : Frères, il est temps de vous réveiller ?
     Réveillé, l’ai-je été jamais ? Bien des fois pourtant j’ai senti que mon temps devrait n’être que célébration, en mémoire et en espérance. Que mon temps, pour n’être plus perdu mais retrouvé, devrait être une liturgie. Depuis quelques années, au seuil de l’Avent, je me dis : l’heure est venue de me mettre en route, de vivre mon histoire dans celle du Christ. Puis l’heure passe et je suis toujours planté là. Il me semble que j’ai rêvé ce désir, cette intimation si étrangère à ma vie concrète. Il me semble que d’année en année, au rappel de certaines fêtes, je rêve d’être chrétien — ou que je suis chrétien ? »

 

8 décembre

8 décembre 1946

     Pierre Emmanuel, « L’université des ondes – Le troisième programme de la B.B.C. », Radio-TV, 8 décembre 1946, p. 2-3. « […] l’erreur du bon auditeur moyen, c’est de croire que la radio doit être le fond sonore de son ennui. Il tourne le bouton n’importe quand, et exige d’être satisfait, c’est-à-dire de retrouver ses bonnes petites habitudes. Et, bien entendu, l’auditeur anglais n’est pas d’une autre essence que l’auditeur français. Il est habitué à ses deux chaînes, le Home Service et le Light Programme, comme nous le sommes à la Chaîne Nationale et à la Chaîne Parisienne. La plupart des auditeurs français ignorent que nous possédons une Chaîne d’Essai, succédant au Studio d’Essai, qui fonctionna dès la Libération, et qui se propose de créer les conditions d’un art radiophonique autonome, c’est-à-dire d’expérimenter certaines œuvres nouvelles, ou certaines adaptations, dont la hardiesse pourrait offusquer l’humeur paresseuse de l’auditeur moyen. »

 

9 décembre

9 décembre 1983

« Mémoire d’un ami » (4 décembre 1983), article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1930. « L’amitié de Fabrègues, avec celle de quelques autres – Jules Monchanin, mon maître François Larue, exécuté depuis par les nazis, et le médecin de mon village, Pierre Baudot – me donna confiance en moi-même alors que mon esprit encore dans les limbes ne s’était pas forgé de moyens d’expression. Pouvoir dialoguer longtemps, quand je le voulais, avec un aîné dont la porte m’était toujours ouverte et qui, avec une philosophie déjà mûre, se posait la question dont j’étais moi-même obsédé : qu’en est-il du sens de l’histoire, et quelle y est la place de l’esprit ? m’emplissait, je l’avoue, d’une satisfaction intérieure où il entrait quelque vanité. »

 

10 décembre

10 décembre 1971

     « Pour une “cité” de l’être », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1306, p. 20. Extrait de Pour une politique de la culture. « je sais pertinemment ce que ma modeste proposition entraîne : un changement copernicien de nos habitudes de pensée. Il s’agit de transférer de l’intellect à l’imagination le siège de l’unité humaine, c’est-à-dire de restaurer dans sa nature et dans ses droits une énergie que l’intelligence soi-disant « rationnelle » a défigurée et brimée systématiquement depuis des siècles dans le monde occidental. Et cette réfection de l’imagination ne peut être qu’un gigantesque phénomène de convergence, mettant en oeuvre de proche en proche, par la logique interne d’un désir de plus en plus communicatif et ordonné, des groupes humains décidés à rebâtir sur tous les plans de la réalité la véritable Cité de l’être. Car la beauté de cette entreprise multiforme et une apparaîtra de plus en plus à ses pionniers dans la révélation des analogies qui établissent entre toutes les fonctions humaines une corrélation fraternelle, un échange continu d’informations. Le décloisonnement tant souhaité délivrera notre société de l’asphyxie que ses spécialisations lui préparent, et les spécialistes, de la myopie de leur spécialité. Et la première spécialisation qui doit disparaître est la spécialisation de l’intelligence qui divise le monde en deux grandes races d’hommes : les « cérébraux » et les « manuels ». Comme les « cérébraux » sont partout aux leviers de commande, ils sont les mieux placés pour faire en sorte que soit abolie cette ségrégation. Elle ne le sera pas durablement sans un puissant effort spirituel des « cérébraux » et des « manuels » oeuvrant ensemble à la synthèse supérieure des trois grandes énergies de notre être, mutuellement régénérées. »

 

11 décembre

11 décembre 1973

     « Tribune libre : une question insoluble ? », article de Pierre Emmanuel dans  Le Figaro, p. 31. « La notion de censure morale m’a toujours embarrassé ; je n’ai pas sur elle d’opinion tonte faite. Il me semble que si, dès l’enfance, on apprenait à former sa liberté, cette censure serait inutile. Mais qui enseigne un tel exercice ? Qui montre que jusque dans le plaisir, la maîtrise du corps est sobriété de l’esprit ? Et qui le montre de façon non puritaine, non comme une réduction, mais comme un accomplissement ?
     Au lieu de donner à créer la forme humaine, on structure tant bien que mal les instincts par des interdits. Pour préserver qui ? L’enfant, jusqu’à dix-huit ans, des tentations extérieures : à partir de quoi il est censé être adulte, c’est-à-dire formé. En fait, on passe toute sa vie à se donner forme — du moins quand on a vu que le sens de l’existence est là. Ce qui implique des choix actifs, non des censures.
     La vraie tentation est toujours en nous. »

 

12 décembre

12 décembre 1966

     Claudine Jardin, « Pierre Emmanuel : poète de l’affirmation », Le Figaro, p. 14. « – comment peut-on en cette seconde moitié du XXe siècle être un grand poète chrétien ?
     – Le nihilisme nous séduit encore beaucoup, je le sais. Nous n’avons peut-être pas fini de détruire tout ce qui est à détruire. Il n’y a pas de philosophie de l’affirmation. Toute la question pour moi est là : comment affirmer. J’aimerais trouver un chemin nouveau de l’affirmation et de l’affirmation des choses simples.
     Et précisant son but, il ajoute : “Je voudrais créer une espèce de drame moderne analogue au mystère médiéval, mais qui serait le drame de la multitude : substituer à l’homme éclaté, atomisé, enfoui dans la multitude, un homme qui se sentirait singulier dans son anonymat.” »

 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

                        Porte

     Par cette même porte
     Où je suis entré
     Je sortirai

     Si je m’interroge
     Où est ici
     Je ferme les yeux
     Et deviens leur silence
 
     Nuit monde moi
     Mince ma coquille
     Être est translucide
     À quoi ? À Qui ?

     Au fond (s’il est
     Un fond qui importe)
     Qu’importe et à qui
     D’où filtre l’âme
     Tant que je vis ?
 
     Ce soleil peut-être
     Germe-t-il en moi
     Peut-être la porte

     Lorsque je mourrai
     Lorsque Tu naîtras

     Sera-ce Toi
     Sera-ce moi

« Porte », Tu, Seuil, 1978

 

__________________

Prose

     « Je ne comprends rien à leurs jeux. Je ne veux rien comprendre à leurs jeux. Comme d’autres l’ouverture de la chasse, ils attendent celle de la crise. Leur sport saisonnier. Chaque parti compte ses grands fusils, rivaux à l’affût, compères à table. Leur meute dévaste nos champs : protestons-nous ? ils crient à l’antiparlementarisme. Ils nous ont châtrés même de notre colère. Notre désespoir est près de l’aboulie : nous attendons, non pas tel malheur à venir, et qui se dessine, mais le néant où nous sommes déjà, la catastrophe qui est en nous. Joseph de Maistre, dans ses Considérations sur la France, écrivait jadis des Français : “Rien n’égale la patience de ce peuple qui se dit libre”. Nous n’avons pas changé. Nous sommes patients faute de mieux, car nous sommes lucides. Et cette lucidité nous aveugle, nous cache notre foi.
     Lucides, nous ne croyons plus. Nous sommes blasés de la politique. Notre démocratie formelle a notre indifférence pour seul soutien. Pourtant nous votons : nous accomplissons les rites. C’est que nous sommes conservateurs : les Cassandres de la Salle des Colonnes qui à chaque changement de ministère nous mettent en garde contre "l’aventure", savent bien qu’entre le pire et le nouveau c’est le pire que nous choisirons. Car le pire ne fait qu’étendre un mal déjà connu, qui fait partie de nos habitudes. Nous sommes ainsi constitués que nous n’attendons rien de bon du nouveau : sans doute avons-nous raison, étant ce que nous sommes ; nous connaissons la fable des grenouilles qui demandent un roi ; nous nous méfions de l’idolâtrie du pouvoir, car nous avons péché par elle, et reçu le salaire du péché. »

« Ô peuple souverain », Témoignage chrétien, vendredi 8 novembre 1957, n° 696, p. 21 (dernière page).

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

10 octobre 2021

     Le site Critiques libres publie une critique des Les solitudes habitées d’Yves La Prairie. Il rappelle que l’ouvrage s’ouvre sur « trois citations de poètes profondément chrétiens (Marie Noel, Pierre Emmanuel et – moins connu que les deux autres - Xavier Grall) ».

     On peut lire l’article ici.


Septembre 2021

     Les éditions Corlevour font paraître Le Cycle de l’Horloge, suivi de Élégies, de Jeanne Tsatsos, avec une préface de Pierre Emmanuel. Introduction de Christos Nikou, membre du centre de recherche Pierre Emmanuel.

     Pour en savoir plus…


5 août 2021

     Jacques Le Goff rappelle dans un article de Ouest-France, « La personne, “meilleur candidat” », un propos d’Emmanuel Mounier dans un échange radiophonique avec Pierre Emmanuel en 1949 :
     « Le fondateur de la revue Esprit a proposé maintes définitions de la personne, mais l’une des meilleures se trouve dans un propos échangé avec le poète Pierre Emmanuel, en 1949, à la radio : “Il faut d’abord que chacun apprenne à se tenir debout tout seul. La personne, c’est la puissance d’affronter le monde, l’opinion, la lâcheté collective. C’est la capacité de faire silence, de se recueillir, d’alterner la vie intérieure et la vie exposée : c’est le goût du risque, le courage intellectuel, l’irréductible assurance de celui qui sait pourquoi, éventuellement, mourir.” »

     On peut lire l’article ici.


16 mai 2021

     Le journal « Liberté » publie « Jean El-Mouhoub Amrouche, Une vie dédiée à la poésie, la radio… et la politique », écrit par Salem Remane. Ce dernier rappelle les grands entretiens et nomme Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


29 avril 2021

     Un article d’Hafid Adnanisur Jean Amrouche rappelle ses grands entretiens avec penseurs et poètes, dont Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


Mars 2021

     Mme Odette David, poète, a donné très généreusement à l’Association les lettres que Pierre Emmanuel lui avait écrites lorsqu’elle lui demandait conseil pour son écriture et l’ensemble des œuvres du poète qu’elle possédait.


12 mars 2021

     Dans un article du journal La Croix, Sœur Dominique, de l’Abbaye Notre-Dame de Maumont, qui correspondit avec Pierre Emmanuel à la fin de sa vie, cite quelques vers de La Colombe :
« Ne comprenez-vous pas l'imminence de l'homme ?
êtes-vous tellement endurcis par la peur ?
(...)
Ah, si j'avais les ailes de la Colombe ! »

     On peut consulter l’article ici.


25 février 2021

     Le poète Philippe  Jaccottet est mort à l’âge de 95 ans. En son honneur, voici ce qu’il écrivait le 26 avril 1958 dans La Gazette de Lausanne (p. 14), rappelant sa première rencontre de Pierre Emmanuel :
     « Je me souviens encore très bien de ce jour de la dernière guerre (en 42 ou en 43) où Pierre Emmanuel était venu parler de la poésie française à l’Université de Lausanne, devant un auditoire comble et passionnément attentif : la guerre avait réveillé les sentiments nobles (en même temps qu’elle libérait les pires instincts), toutes sortes de poèmes, que nous ne pouvons plus lire aujourd’hui, nous touchaient pour d’évidentes raisons. Pierre Emmanuel avait lu de lui, je ne l’ai pas oublié non plus, un vaste poème intitulé "Ah ! si j’avais les ailes de la colombe !", et dans ce grand ruissellement d’images et de rêve, nous nous étions baignés avec émotion. Puis, de ce poète qu’on avait porté aux nues, on ne parla presque plus ; Pierre Emmanuel dut souffrir de ce retour à l’obscurité, de cette chute de tension, mais son nouveau recueil, Versant de l’âge (Éditions du Seuil), prouve qu’il n’a pas abdiqué, qu’il a changé, donc qu’il est demeuré vivant. »


9 février 2021

     Chroniques d’architectures s’intéresse aux ministres de la Culture. Il rappelle à cette occasion la « querelle » entre Maurice Druon et Pierre Emmanuel « enterre une avancée de la Nouvelle société et provoque la démission du Conseil du développement culturel créé en 1971. »

     On peut lire l’article ici.


26 janvier 2021

     Mme Claude Lafont présente une conférence sur Dieulefit durant la dernière guerre. Elle y évoque l’histoire qui amena à l’accueil des réfugiés et parmi eux Pierre Emmanuel.


17 décembre 2020

     Un blog du journal La Croix signale la parution d’un livre de Philippe François : Anthologie protestante de la poésie française, qui comprend, entre autres, des textes de Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.