PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juin 2021


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 20 au 27 juin (ci-dessous).

L'extrait du mois :
    
- « Ah ! si j’avais les ailes de la  Colombe », Édition LUF, Egloff – Fribourg, 24 décembre 1942. Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 693.
     - « "Je me suis reconnu", Commentaire », Entretiens avec Jean Amrouche, « Des idées et des hommes », 1e série, 8e émission, Inathèque, enreg. 26/02/55, diff. 26/02/55 (LP1650), inédit.

• Regard sur... Johann Wolfgang von Goethe.

 


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).

----------------

     Mme Catherine Emmanuel Carlier, présidente de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel, lui rend ici hommage.

     Chers Amis,

     La nouvelle de la mort de François Livi nous a tous bouleversés, il est parti trop vite, trop tôt.
     Au fil du temps nous avions appris à le connaître. Nous aimions son humour, la qualité de son écoute, son humilité, sa bienveillance.
     Parfois, il se plaisait à nous raconter sa première rencontre avec Pierre Emmanuel, en 1966 rue de Varenne, alors qu’il était un tout jeune étudiant et comment très vite ils se lièrent d’une profonde amitié. Une amitié qui ne s’est jamais démentie.
     François Livi exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel fut le président du Centre de recherche, crée en 1986. Il a beaucoup œuvré, avec tous les membres du Centre, à la connaissance et à la mémoire du poète et nous lui en sommes très reconnaissants.
     Comme il va nous manquer lui qui nous a tant donné et tant appris !

     Catherine Emmanuel Carlier
     Présidente de l’Association des amis de Pierre Emmanuel

----------------




Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.

 
Précédemment, en...
 2021      2020
2019    2018
2017     2016
2015    2014
2013    2012

Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

20 juin

Aux environs du 20 juin 1940

     Lettre à Paulhan. Pierre Emmanuel est alors à Saint-Vallier sur Rhône, chez les Bourgogne. « Votre mot m’a trouvé en plein bombardement ; et me voici sans rien, ma maison, mes pauvres possessions détruites. Mon départ de Pontoise, puis de Paris, fut une agonie. La charité de Jouve m’a permis d’atteindre Clermont avec ma femme. Nous avons trouvé refuge chez d’admirables amis. / Mais tout cela n’est rien… Comme nous souffrons tout à coup de la souffrance de tous ! Comme la patrie s’est faite notre chair… Et la seule chose que nous puissions dire, nous, c’est “Mon Dieu…” Vous le disiez bien dans votre article. / Merci de votre précieuse amitié. Dieu vous donne sa force. »

 

21 juin

21 juin 1968

     « Le snobisme de l’anarchie », article de Pierre Emmanuel dans Notre république, n° 312, 21 juin 1968, s. p. [dernière]. « Ce qui nous crève les yeux à tous, c’est qu’il y a des jeunes – et de bien moins jeunes – qui veulent tout casser. Parmi eux (de la voix sinon du geste) certains privilégiés aux yeux desquels rien ne doit subsister de l’ordre ancien, même pas les commodités quotidiennes de la vie. Leur horreur des symboles du bien-être – de l’automobile au frigidaire en passant par le plus modeste des chauffe-eau – est souvent en proportion directe du nombre de ces avantages qu’ils possèdent : plus ils en ont, plus ils en sont dégoûtés pour les autres. Chacun de nous connaît de tels rêveurs. Ils sont parfois saturés d’une “culture” qui n’est que la succession accélérée de modes esthétiques dont chacune, mieux que la précédente, prétend happer le pur instantané. Beaucoup d’entre eux cherchent l’instant sous forme presque traumatique, l’instant-choc. Toute révolution a ses snobs, et nous les avons vus à l’œuvre, psychanalystes ou littérateurs. Ils se chargent de fournir de la matière verbale à n’importe quoi, en échange d’une énergie brute qu’ils n’ont guère.
     Les énergumènes authentiques sont une faune d’un tout autre acabit. Les uns cherchent dans le chambardement une satisfaction qui accroît leur frénésie : les autres, froidement ou passionnément ou les deux, croient à la vertu du nihilisme, à la ruine comme absolu commencement. La ruine est leur chemin de retour vers l’Âge d’Or ou leur voie d’accès à un nouveau millénium. Ce sont les prêtres d’une religion naissante, qui a déjà son inquisition combinant persuasion et terreur : ils fondent ingénieusement sur le respect de la personne humaine leur droit d’intervenir de manière obsédante jusque dans l’intimité de chacun. La "contestation", dans leur esprit, c’est le début de l’effritement des consciences. »

 

22 juin

22 juin 1956

     « La politique indéfinissable », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 624, p. 2. « Un peuple, un pays, a besoin de s’entendre dire qui il est : cette exigence est le fondement du régime démocratique. Nous disons de nos députés qu’ils sont la représentation nationale, qu’ils expriment la volonté populaire : nous n’avons jamais cru que cette volonté fût une simple majorité numérique. Si la représentation nationale ne formule une conscience commune, ce n’est qu’un jeu de société entre partis, et les majorités gouvernementales des chiffres de loterie. La Chambre des Députés n’est pas un stand à la foire du Trône.
     Quand nous accusons un politicien de vouloir nous faire prendre – comme il les prend lui-même dans le feu de son discours – des vessies pour des lanternes, ce que nous lui reprochons, c’est de ne pas savoir ou de ne pas vouloir penser. Il est à sa place pour penser la France : je sais bien ce qu’une telle charge d’âmes, de vies humaines, de biens matériels et spirituels a d’écrasant. Simple citoyen, je ne me sens pas la force de la porter : mais puisque des hommes en sollicitent l’honneur, je pose en fait – il faut bien que je le pose si je veux croire en la démocratie – qu’ils ont la vocation de la France, et que je les y confirme en votant pour eux. »

 

23 juin

23 juin 1980

     1re représentation de Il est en nous le jour, oratorio/mystère composé par Pierre Emmanuel à l’occasion du 450e anniversaire de la Confession d’Aubsbourg, au Cloître des Billettes à Paris, par le groupe Emmaüs, spécialisé dans l’expression gestique et liturgique. « À force d’insistance amicale, le Pasteur Jacques Fischer m’a contraint d’écrire cet Oratorio. Pendant les semaines où il revenait périodiquement à la charge, je relus l’histoire des débuts de la Réforme et, plusieurs fois, le texte de la Confession d’Augsbourg. La personnalité de Luther m’a toujours fasciné, le mot n’est pas trop fort, en même temps qu’elle rebutait, par son énormité et sa violence éruptive, le côté érasmien de ma nature en matière de foi. Mais le Luther du Traité du Serf-arbitre et de l’Épître aux Galates a marqué ma religion inconsciente dès avant ma vingtième année : je lui dois une certaine sensibilité au mal comme force de destruction inhérente à l’homme, à l’homme dans l’histoire surtout, avec la complicité radicale de chaque homme en particulier (il faut penser que je découvrais Luther dans les premières années du nazisme). »

 

24 juin

24 juin 1971

     « L’école produit-elle des prématurés ? », article de Pierre Emmanuel dans le Figaro, p. 34. « Ce qui frappe, si l’on examine le trajet scolaire dans son ensemble, de la maternelle à l’université, ce sont les discontinuités d’un cycle à l’autre, ruptures plutôt que passages, comme s’il ne s’agissait pas du même être en tout point de l’enseignement. Ces discontinuités ont toutes la même cause : une maturation hâtive du mental et un dépérissement corollaire de l’imaginaire et du sensible, tenus pour obstacles à l’acquisition de mécanismes abstraits. Vue réductrice, qui met en péril, au profit du seul enseignement acquisitif, la formation dynamique globale. Faute d’une conception cohérente de l’homme dans l’enfant qui progressivement le devient, l’Éducation nationale ne s’est pas donné les moyens spirituels de légitimer son nom. »

 

25 juin

25 juin 1982

     « Une épidémie provoquée : le pacifisme », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1854. « Il n’est indifférent ni à nos mœurs, ni à notre sens civique, que le pouvoir politique soit devenu un thème essentiel de la science-fiction. L’humanité de cette fin de siècle vit un cauchemar prométhéen qui est comme le double de son existence quotidienne : jamais son progrès ne fut aussi ambigu, jusqu’à la schizophrénie. Il faudrait une grande lucidité personnelle et collective pour lutter contre cette psychose où qu’elle se manifeste, et défendre contre elle un principe absolu d’humanité.
     Ce principe, quel que soit mon appétit de vivre, ce n’est pas dans le naturisme naïf de la jeunesse pacifiste que je le vois incarné. Il l’est – il le fut toujours – dans l’homme qui endure et meurt pour que sa propre humanité lui survive. Le plus grand des biens n’est pas notre petite vie individuelle, sous les couleurs mensongères dont la farde le narcissisme publicitaire qui lui ôte, comme autant de rides, toutes autres raisons que de jouir. Le plus grand des biens, c’est la pleine capacité d’affirmer l’homme : d’affirmer que rien ne vaut d’être vécu, si cette grandeur indéfinissable, irréductible, dont l’être humain a l’intuition comme de son principe, est niée, brisée, prostituée, ou simplement entravée par une conception déformante de l’humain. Même pour nous délivrer de la peur, nous ne pouvons nous défaire de notre responsabilité envers cette grandeur-là. Si nous la déclinions, notre peur s’alourdirait de culpabilité et deviendrait d’autant plus vile et vindicative. Car la peur, maintenant comme jamais, est l’école normale de tous les subalternes de la tyrannie et de la terreur. »

 

26 juin

26 juin 1982

     « À présent, que faire ? », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1802. « Par mes origines, par mes grands choix et mes non moins grands refus, j’appartiens à cette race des éternels gouvernés qui veulent un jour, ensemble, se gouverner.
     J’ai été et je reste gaulliste parce que de Gaulle, dès le 18 juin, a montré l’illégalité radicale de toute appropriation du pouvoir contre le peuple : d’instinct, entre 1940 et 1944, j’ai considéré le prétendu État français comme un état de fait qui avait les moyens de contraindre à l’obéissance, non comme un état de droit qui devait être obéi. En voyant sous le dernier septennat, dans l’impuissance politique générale, s’affermir la prééminence d’une administration d’État indépendante de toute sanction politique et qui confondait sciemment ses solidarités avec la cohésion de la nation, j’ai senti renaître ma méfiance, tant de fois confirmée, contre toute société bâtie sur un modèle scolaire, où l’autorité est mise au concours et où les concours mènent au Parlement. »

 

27 juin

27 juin 1980

     « L’élément primordial », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1750. « Merveilleuse énergie du petit enfant ! Dès les premières heures, il est déjà impatient d’être : en l’observant, j’ai le sentiment d’une conscience à l’état naissant que l’on peut voir poindre, discriminer, apprendre à se diriger, et dont tout l’effort, incommensurable à celui de l’adulte, est de s’orienter vers l’autonomie. / Regarder jour après jour un enfant grandir, c’est assister à la formation du monde et ainsi mieux comprendre les exigences et les résistances, voire l’inertie du milieu humain. Entre la force déjà spirituellement orientée de l’enfant, qui se porte, implicitement, vers l’absolu de la liberté, et celle de la contrainte sociale qui en définit la possibilité relative, inévitables sont les incompréhensions, les conflits, voire les risques de rupture d’un destin. Notre destin n’est pas notre fatalité : c’est l’accomplissement progressif d’un être qui a reçu un nom propre. »


 

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

     Ah ! si j'avais les ailes de la Colombe
     j'assourdirais la nuit de mon vol, je battrais
     l'air autour du tyran jusqu'à ce qu'il s'effondre
     et qu'au bruit de sa chute immense, l'homme nu
     s'éveillant au milieu de son sang répandu
     encore tout meurtri de mutisme et de plainte
     voie la Peur retirer ses eaux de la durée
     et sente s'assouplir son corps roidi dans l'Ombre
     à la chaleur du sang et de la liberté
     Mais mon chant n'est qu'un faible écho du cri des morts
     ah! que ceux seulement qui n'oublient pas l'entendent,
     et leur silence au moins n'aura plus de remords.

Ah ! si j’avais les ailes de la  Colombe, Édition LUF, Egloff – Fribourg, 24 décembre 1942.


 

__________________

Prose

     Jean Amrouche – Ainsi, si j’ai bien compris, le tyran assume une signification multiple, dans un symbole un. Le poète, et l’homme dans le poète, se reconnaissent dans la figure du tyran, qui est en même temps l’image tout objective de ce soleil d’en bas ; de cette incarnation du mal. Il est donc à la fois à l’intérieur de l’homme et hors de lui, objectivement créé dans l’histoire. C’est bien cela ?
     Pierre Emmanuel – C’est cela : il est ce que l’homme veut faire de lui-même lorsqu’il prétend se passer de Dieu. Ce n’est pas pour rien que ce poème s’intitule « Je me suis reconnu ». Ce n’est pour rien non plus qu’il débute par une vision des mains du tyran. Ces mains que le tyran regarde devant soi, qui sont des mains blanches, et diaphanes, des mains assez frêles, incapables semble-t-il de tout ce poids de crime qui est pourtant le leur. C’est que, les mains du tyran ne sont pas seulement les siennes. Elles sont toutes celles qu’il délègue au meurtre. Celles qui, innombrables à travers le monde, remplissent leur fonction, qui est d’être aux ordres du tyran. Et, bien évidemment, cette évocation des mains anonymes m’a été suggérée par l’état où nous vivions pendant l’occupation allemande, où nous sentions tout autour de nous l’emprise de ces ordres invisibles qui s’exerçaient et qui s’accomplissaient par l’instrument de toutes sortes d’hommes. D’hommes irresponsables, en un sens. D’hommes qui n’étaient que les délégués, qui n’étaient que les instruments d’une seule volonté. L’image de ces mains, vous la trouvez à l’intérieur de ce poème, elle est assez obsédante pour que j’ai été saisi du besoin de les interroger. »

« Je me suis reconnu ». Commentaire, Entretiens avec Jean Amrouche, « Des idées et des hommes », 1e série, 8e émission, Inathèque, enreg. 26/02/55, diff. 26/02/55 (LP1650), inédit.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

16 mai 2021

     Le journal « Liberté » publie « Jean El-Mouhoub Amrouche, Une vie dédiée à la poésie, la radio… et la politique », écrit par Salem Remane. Ce dernier rappelle les grands entretiens et nomme Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


29 avril 2021

     Un article d’Hafid Adnanisur Jean Amrouche rappelle ses grands entretiens avec penseurs et poètes, dont Pierre Emmanuel.

     On peut le lire ici.


Mars 2021

     Mme Odette David, poète, a donné très généreusement à l’Association les lettres que Pierre Emmanuel lui avait écrites lorsqu’elle lui demandait conseil pour son écriture et l’ensemble des œuvres du poète qu’elle possédait.


12 mars 2021

     Dans un article du journal La Croix, Sœur Dominique, de l’Abbaye Notre-Dame de Maumont, qui correspondit avec Pierre Emmanuel à la fin de sa vie, cite quelques vers de La Colombe :
« Ne comprenez-vous pas l'imminence de l'homme ?
êtes-vous tellement endurcis par la peur ?
(...)
Ah, si j'avais les ailes de la Colombe ! »

     On peut consulter l’article ici.


25 février 2021

     Le poète Philippe  Jaccottet est mort à l’âge de 95 ans. En son honneur, voici ce qu’il écrivait le 26 avril 1958 dans La Gazette de Lausanne (p. 14), rappelant sa première rencontre de Pierre Emmanuel :
     « Je me souviens encore très bien de ce jour de la dernière guerre (en 42 ou en 43) où Pierre Emmanuel était venu parler de la poésie française à l’Université de Lausanne, devant un auditoire comble et passionnément attentif : la guerre avait réveillé les sentiments nobles (en même temps qu’elle libérait les pires instincts), toutes sortes de poèmes, que nous ne pouvons plus lire aujourd’hui, nous touchaient pour d’évidentes raisons. Pierre Emmanuel avait lu de lui, je ne l’ai pas oublié non plus, un vaste poème intitulé "Ah ! si j’avais les ailes de la colombe !", et dans ce grand ruissellement d’images et de rêve, nous nous étions baignés avec émotion. Puis, de ce poète qu’on avait porté aux nues, on ne parla presque plus ; Pierre Emmanuel dut souffrir de ce retour à l’obscurité, de cette chute de tension, mais son nouveau recueil, Versant de l’âge (Éditions du Seuil), prouve qu’il n’a pas abdiqué, qu’il a changé, donc qu’il est demeuré vivant. »


9 février 2021

     Chroniques d’architectures s’intéresse aux ministres de la Culture. Il rappelle à cette occasion la « querelle » entre Maurice Druon et Pierre Emmanuel « enterre une avancée de la Nouvelle société et provoque la démission du Conseil du développement culturel créé en 1971. »

     On peut lire l’article ici.


26 janvier 2021

     Mme Claude Lafont présente une conférence sur Dieulefit durant la dernière guerre. Elle y évoque l’histoire qui amena à l’accueil des réfugiés et parmi eux Pierre Emmanuel.


17 décembre 2020

     Un blog du journal La Croix signale la parution d’un livre de Philippe François : Anthologie protestante de la poésie française, qui comprend, entre autres, des textes de Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.


5 décembre 2020

     Le site Vaticannews présente une interview de Gilles Baudry : « La poésie, «chant de l’être» à transcrire selon la musique des mots ». Ce dernier y rappelle Pierre Emmanuel en ces termes :
     « Notre soif, notre faim - de Dieu, ou indirecte. La grande question de Pierre Emmanuel [poète français du 20e siècle ndlr], qui le hantait à la fin de sa vie, était: «qu’est-ce qui peut bien donner faim de Dieu aux hommes ?».

     On peut lire l’article ici.


26 novembre 2020

     Centenaire Jean Starobinski (1920–2020) : Exposition virtuelle
     La Bibliothèque nationale suisse propose une très riche exposition virtuelle sur Jean Starobinski en l’honneur du centenaire de sa naissance. Elle comporte entre autres deux lettres de Pierre Emmanuel, circonstanciées, et une lettre de Jean Starobinski à François Lachenal qui évoque les envois faits pour un anniversaire de Pierre Emmanuel.

     On peut voir ici son vernissage virtuel et regarder l’exposition.


 

Octobre-décembre 2020

     Anne-Sophie Constant publie un article sur Pierre Emmanuel : « Vaincu, vainqueur voleur du Souffle et custode du Vent. », dans le numéro 155 de Transversalités. Poésie et transcendance, Octobre-décembre 2020.


21 octobre 2020

     Le site Art côte d’Azur présente l’exposition « Sosno squatte l’Amérique » et rappelle que le premier livre de l’artiste, Sacha Sosnowski, fut préfacé par Pierre Emmanuel et le professeur Wolff, prix Nobel.

     On peut lire l’article ici.


18 octobre 2020

     Luc de Goustine rappelle un souvenir le liant à la fois à Michaël Lonsdale et Pierre Emmanuel sur le site Mauvaise nouvelle, dans un article intitulé « Michaël Lonsdale, confidence posthume… »

     On peut le lire ici.


5 octobre 2020

     À l’occasion de la mort de Claude Vigée, poète et grand ami de Pierre Emmanuel, décédé le 2 octobre 2020, 

     - Michaël de Saint-Chéron rappelle leurs liens dans un article paru sur L’obs : « Claude Vigée est mort à 99 ans, c’était un grand poète qui savait « danser sur l’abîme ».
     On peut le lire ici.

     - Anne Mounic rend hommage au poète dans la revue Temporel au nom de l'Association des Amis de l'œuvre de Claude Vigée. Elle y mentionne elle aussi les liens qui l'unissaient à Pierre Emmanuel.
     On peut lire l'article ici.

      - évoque à son tour les deux poètes dans un article paru le 08 octobre 2020 dans Le Monde.
     On peut le lire ici.




     Plusieurs pages du site rappellent l'amitié et l'estime qui unissaient les deux poètes. Pour les consulter, taper "Vigée" dans le moteur de recherche en haut de la page.

On trouvera ici, exceptionnellement, en hommage à Claude Vigée, le récit de leur première rencontre, telle qu'il la racontait dans La Faille du regard en 1987.

 


3 octobre 2020

     Sur Radio-Prague international, Jan Zatloukal présente son livre : L’exil de Jan Čep, écrivain tchèque exilé à Paris en 1948 et son amitié avec Pierre Emmanuel, qui l’incita à écrire son autobiographie : Ma sœur l’angoisse.

     On peut lire l’interview ici.


23 septembre 2020

     La revue La Nef publie un article de Marie-Hélène Verdier : « Le combat avec l’ange – L’actualité de Pierre Emmanuel ».

     On peut le lire ici.