PIERRE EMMANUEL

Le témoignage de Rachel Bespaloffphilosophe juive contrainte de fuir la France durant la guerre









Monique Debuire, sfxCahiers de Neuilly, Janvier 1964, p. 13-23.







Jean CayrolSud-Ouest, 30 septembre 1984







Un article de Michaël de Saint-ChéronFrance-Catholique, n° 1985, 8 novembre 1985, p. 13.





     « Je me souviens qu’en France, en 1941 ou 1942, j’avais découvert dans une revue un poème de M. Pierre Emmanuel. Je ne le connaissais même pas de nom à ce moment-là. Mais je n‘oublierai pas le saisissement que m’a causé ce poème. L’auteur y évoquait avec une singulière puissance l’image du Tyran, ou plutôt la Vie et les mains du Tyran – "mains de refus et de haine", dressées entre l’homme et le monde… Et voici que ce Tyran, ce Mal incarné, le poète avouait qu’il n’était rien de plus et rien d’autre que nous-mêmes. Le poème se terminait par quatre très beaux vers qui opposaient aux mains du Tyran les mains faibles de la liberté redressant avec effort "la hampe du grand ciel futur". J’avais reconnu dans ces pages le courant prophétique qui traverse certains poèmes de Hugo et de Péguy. Rien à cette époque ne me paraissait plus actuel, plus naturel que cette inspiration prophétique. La poésie, en France, a été la première forme de la résistance, et non la moins efficace. Il ne faut donc pas s’étonner que M. Pierre Emmanuel ait commencé la résistance dans l’ordre de la poésie pour organiser ensuite la résistance politique où il a été très actif... »
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Une présentation de Rachel Bespaloff et une analyse de ce texte paraîtront dans le n° 4 de la revue Peut-être en 2013.





Le goût de l’Un

     « Tel est le titre du livre que Pierre Emmanuel écrit « pour fêter ses noces d’argent avec la poésie ». Nourri du symbolisme de Mallarmé, le poète connaît bien les Surréalistes ; il avoue, une fois de plus, sa dette à l’égard de P. J. Jouve et il consacre de longues pages à l’analyse de Partage de Midi. S’il se plaît à parler encore de Baudelaire et de Vigny, d’Éluard et d’Aragon, c’est pour mieux cerner son originalité propre : « Je dirai, dit-il, ce qu’est pour moi la parole poétique… Nul poète ne saurait traiter la création poétique en général ». Il veut donc faire seulement « une épreuve de (sa) seule poésie, œuvre d’un symbolisme organique, dominée par la préoccupation de l’Unité ». Qu’il étudie en effet, en critique, la genèse de ses poèmes et leurs thèmes essentiels, ou (14) qu’il amorce une longue méditation sur le Dialogue avec le Seul, prolongement et accomplissement, en un sens, du verbe poétique, il ne fait que retracer inlassablement sa quête de l’Un. »
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Pierre Emmanuel ou la sainte intelligence


     « Mon très cher compagnon des jours anciens et mon ami Pierre Emmanuel, dont le vrai prénom était Noël, vient de nous quitter si discrètement après avoir reçu son magnifique livre de poèmes le Grand œuvre où son langage si épuré rejoignit le verbe de Dieu, dans lequel il imaginait une genèse du monde.
     Je le connaissais depuis son premier livre Élégies que j’avais fait publier par les Poètes belges en 1940. Je fus son admirateur fervent. J’aimais la beauté de son langage, son écriture somptueuse, rocailleuse aussi, pareille aux gaves bondissants de son enfance, dans le Béarn, son écho sonore qui faisait renaître les grands mythes du passé de notre légende la plus ancienne et publiés au fronton des Cahiers du Sud. Sa voix prenait les mots à témoin. »
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« L’Amour n’est Amour qu’en s’exilant de soi »


     « Voici donc depuis cette rencontre inaugurale d’un jour de juin 1976, la première année passée après que nous eut quitté Pierre Emmanuel. Et rien d’autres que de pauvres mots pour dire ce vide, cette mort qui est comme un « coup de gong sur le tympan du vide ». Ce vers de Jacob nous renvoie d’emblée à la magistrale thèse de 3e cycle qu’Évelyne Frank vient de présenter à l’Université de Strasbourg, sous le titre : La quête de l’Être dans Jacob de Pierre Emmanuel.
     C’est dans cette Université que Pierre Emmanuel a parlé pour la dernière fois, en juillet 1984 ; il y avait déjà donné deux conférences en 1981 qui furent publiées peu après sa mort, sous le titre : La poésie comme forme de la connaissance. Sa parole désormais tue, nous en retrouvons l’écho et le souffle dans ces soixante-dix pages… »

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