PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Mars 2017


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 26 mars au 2 avril (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « La tour contre le ciel » (Fragment de Babel), Poésie 45, 25, juin-juillet 1945, p. 17-21, = « La tour d’intelligence », Babel, DDB, 1951, p. 103-106 ; Œuvres poétiques complètes, t. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 616.

     - « Le problème culturel et l’armée », Action, n° 8, 27 octobre 1944, p. 5.

La lettre de l'Association et le bulletin d'adhésion 2017 (ci-dessous)

• Un article d'Anne-Sophie Constant dans l'Osservatore Romano.

14 mars : Conférence d'Anne-Sophie Constant (voir colonne de droite).

À noter dès à présent : le 21 avril 2017, une soirée en l'honneur de Pierre Emmanuel, poète de la résistance, à la Maison de la Poésie (voir colonne de droite).

 



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.

• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2017Bulletin d'adhésion 2017

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

26 mars

26 mars 1970

     Alain Bosquet, « Jacob, de Pierre Emmanuel », Combat, p. 7. « La poésie monumentale et tentaculaire de Pierre Emmanuel suppose plusieurs acceptations, ce qui la rend proprement singulière à l’époque où toute forme de langage se remet en cause : le prestige du discours demeure traditionnel, la rhétorique continue sa quête normale de grandeur et de célébration à l’usage de tous, le mystère n’est pas irréductible. Bien davantage : le poète chrétien se soumet librement à ce qui fait de lui un chrétien, et ne considère son art que comme un commentaire – mais aussi une lutte – des Écritures, où il puise le plus clair et le plus profond de son inspiration. Le poème en devient le corollaire d’un poème, le prolongement d’un mythe, l’échafaudage immense où une ancienne architecture reste visible. »


27 mars

27 mars 1958

     Jean Rousselot, « La poésie », Les Nouvelles littéraires, n° 1595, 27 mars 1958, p. 3. « Je disais, dans ma précédente chronique, que les poètes ne gagnent jamais rien à “se justifier”. Pierre Emmanuel n’est pas de mon avis, qui fait précéder son dernier recueil : Versant de l’âge (Le Seuil), d’un texte en prose : Au commencement la parole, où il affirme son orgueil d’être né homme, sa volonté d’assumer pleinement sa condition d’homme dans notre siècle déchiré, enfin sa confiance dans la parole, lieu de communion entre les hommes et “indéfinie révélation de l’être”. Ce texte est très beau et plusieurs de ses phrases ont force d’inscription : “Ma vocation est de présenter l’homme dans la certitude et le vertige de la foi, l’homme dans son intégrité et sa misère, sans son énigmatique et contradictoire vérité” ; “l’énigme de l’homme veut qu’il fasse le rêve d’une volatilisation de l’homme et du monde, d’une expérience pour voir le néant ; et qu’il ait le pouvoir de le réaliser”. Mais, qu’Emmanuel me pardonne, tout cela est encore mieux dit dans ses poèmes, ou plutôt mieux exprimé. Car il en va de la parole comme de la marche : sa preuve est dans l’action. »


28 mars

28 mars 1942

     Luc Estang, « Un nouveau lyrisme chrétien », La Croix, 28 mars 1942, p. [3]. « De Pierre Emmanuel, dont la fécondité est quelque peu prodigieuse, viennent de paraître deux recueils : Combats avec tes défenseurs, et Cantos.
     Il s’imposa d’emblée à l’attention, l’année dernière, avec son Tombeau d’Orphée, dont le thème ne laissait pas de déconcerter. À telle enseigne qu’on en oubliait la valeur strictement poétique, celle-ci n’accrochant la sensibilité que par fragments, là où la poésie dépassait les intentions. Depuis, on a eu le loisir de se familiariser avec cette voix torrentielle, qui pousse en avant les mots et les images, brasse le cosmos dans un délire tragique. »


29 mars

29 mars 1983

     Lettre au père Guy Gaucher (carme) dans laquelle il l’autorise à publier des poèmes. « J’aime beaucoup, dans les poèmes sur Élie, celui qui concerne la Veuve de Sarepta. […] Je serai heureux si le temps m’était donné d’écrire un texte sur Élie nourri par le corbeau. J’ai une très belle icône à la campagne représentant cette scène. »


30 mars

30 mars 1984

     « Le bobby du 10 Downing Street », France catholique, n° 1946. « Nos gouvernants à nous sont rousseauistes ; c’est une vieille tradition qui ne diffère chez les socialistes et les libéraux qu’en ceci que ces derniers disent simplement : l’homme naît bon, et que les premiers y ajoutent : la société le déprave. Le résultat quotidiennement visible, audible, et, si j’ose dire, humable de cette belle philosophie, c’est qu’ils multiplient de semaine en semaine les moyens de les garder, sans doute des trop grandes effusions de cette bonté originelle.
     Habitant au premier étage à cinquante mètres de l’Hôtel Matignon qui, outre une grande cour d’honneur, possède un corps de garde, j’ai sous ma fenêtre un ou deux énormes cars bleus de gendarmerie qui ont le double agrément de faire marcher leurs moteurs pendant vingt minutes toutes les heures et de dégager pendant ce temps un nuage de gaz polluant. Le ronflement de ces moteurs empêche non seulement d’entendre de la musique, mais de s’entendre ou de se concentrer, à plus forte raison de composer ou d’écrire sans boules Quiès – et encore ! »

 

31 mars

31 mars 1970

     Enregistrement d’une émission radiophonique pour France Inter : « Votre jardin secret », avec Pierre Emmanuel. « - Être poète est-ce un métier ?
     PE : Mon Dieu, c’est un métier qui ne nourrit pas son homme et si je ne faisais que ce métier-là je crois que je mourrais de faim tout doucement, comme d’ailleurs mourraient beaucoup de poètes, mais en tout cas c’est vrai que c’est un destin. Il faut travailler tous les jours. Il faut travailler comme un bon ouvrier, sans attendre qu’une inspiration vienne sous la forme d’une muse ou de l’aile d’un ange qui frôlerait le front du poète. En réalité c’est ce travail attentif à dire, à exprimer ce qui va venir précisément parce que l’on travaille, qui constitue le fonds de l’art littéraire et particulièrement de la poésie.
     - Et l’inspiration, alors ?
     PE : Eh bien l’inspiration vient du travail, mais elle ne précède pas le travail lui-même. »

 

1 avril

1 avril 1946

     « Exorcisme ou prophétie ? »,article de Pierre Emmanuel dans Labyrinthe, Genève, n° 18, p. 8. « Parler n’est point jouer avec les mots, jouer des mots : c’est créer de l’être, c’est s’engager dans un effort de connaissance. Or, l’être ne se crée qu’en avant : le langage est en devenir, donc étroitement lié à l’histoire. Celle-ci, vue de manière assez haute, se présente comme une exposition du drame humain : comme un mode du langage, dont la syntaxe nous est mal connue, car nous ne saisissons que par éclairs l’énergie qui s’y manifeste – énergie de l’espèce en mouvement à travers les individus. Certes, nous savons à quels contre-sens peut mener un réalisme aveugle de la circonstance. Le fait brut peut être l’expression de la vérité : mais alors même qu’il n’est point trompeur, il n’est en rien la vérité tout entière. Toute circonstance est un faisceau de déterminations, les unes accidentelles (ce sont souvent les plus visibles), les autres essentielles (celles-ci, les plus cachées, sont les constantes de notre destin). Il suit de là que la circonstance signifie, mais qu’il dépend de nous de la comprendre, à différentes profondeurs de réalité spirituelle. »

 

2 avril

2 avril 1948

     Georges Cattaui, « Qui est cet homme ? ou Le Singulier universel », À présent, n° 7, p. 2. « Je connais Pierre Emmanuel depuis dix ans. Mais je ne le connais vraiment que depuis que j’ai lu son dernier livre : Qui est cet homme ?. Je ne suis pas le seul à qui cette œuvre ait apporté l’écho d’une exigence personnelle. C’est l’universel que Pierre Emmanuel a voulu retrouver dans le singulier. Certes, ce n’est pas un ouvrage unique en son genre, puisque nous avons les Confessions de saint Augustin, les Essais de Montaigne et le Journal d’Amiel, Mon Cœur mis à nu de Baudelaire, et Si le Grain ne meurt d’André Gide. Mais c’est bien l’un des essais d’introspection les plus lucides, les plus francs, parfois les plus cruels, que nous offre l’histoire littéraire ; et c’est en cela le fruit d’une entreprise courageuse poursuivie sans défaillance. Ce que j’apprécie également en ce livre, c’est son dépouillement, sa belle nudité. »


 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie


           Babel comme la foudre est transparente. L’homme
           Se vante de n’aimer que les claires pensées :
           Le monde autour de lui est si net qu’il se brise
           Craquelé par la sécheresse de l’esprit.
           Sur son plateau de pleurs vitreux, le Roi Cyclope
           Commande doigt levé la spirale : d’en bas
           S’élèvent des vapeurs bleuâtres. C’est le froid
           Des profondeurs qui fend les pierres d’angle. Éveil
           De désastres parmi les morts : l’écho s’aggrave
           Sous terre, etle passé précipite ses eaux
           Jusqu’au néant originel. S’étonne-t-il
           Quand la pierre frémit, le tyran ? Il exulte,
           Jouissant de sentir le balancer la Tour,
           – C’est à son œil qu’il s’est confié : rien ne compte
           De ce gravier humain qui prend peur à ses pieds.
           Télescope attiré vers le secret des anges,
           La très-sainte Proximité le jette hors
           De l’homme : que lui fait la mort s’il t’envisage
           L’espace d’une catastrophe, orgueil de Dieu ?

« La tour contre le ciel » (Fragment de Babel), Poésie 45, 25, juin-juillet 1945, p. 17-21.

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Prose

     « Je ne sais rien de si urgent que d’intéresser l’homme à la vie, à sa propre vie ; j’allais dire de lui donner des actions sur elle. Le monde périt d’un ennui entrecoupé de frénésies atroces. Il va de soi que le développement monstrueux de la société capitaliste aggrave cet ennui au-delà de toute mesure. Réduisant l’existence de la plupart à la recherche toujours angoissée du pain quotidien, maintenant la grande masse des hommes dans une instabilité tragique quant au futur immédiat, la société capitaliste est, par excellence, le monde du souci, où la culture n’a point de place – où elle constitue même un danger dont il faut parer la menace, en reléguant l’art et la pensée dans les nuages, hors de portée du commun. Eh bien, si l’on veut que la culture descende de son ciel hyperboréen et qu’elle soit véritablement à tous et de tous, changeons d’abord la structure économique du monde : intéressons d’abord le travailleur à son travail quotidien, rendons-l’en le maître responsable. »

« Le problème culturel et l’armée », Action, n° 8, 27 octobre 1944, p. 5.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

     Aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     Poèmes de la résistance, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, choix de textes et préface de Ginette Adamson.

 


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson.


On en parle...

Flyer à télécharger et diffuser...

15 mars 2017

     Jean-Huges Malineau, poète et éditeur, est mort le 9 mars 2017. Le Monde rappelle à cette occasion qu’il avait écrit un mémoire de maîtrise sur Tombeau d’Orphée et Le Poète fou.

     On peut lire l’article ici.


14 mars 2017

     Anne-Sophie Constant est intervenue à l’Espace Brémontier sur La Seconde Naissance, entre 12 h 30 et 13 h 45. La salle était comble et le public fut très sensible à la poésie de Pierre Emmanuel.

 



2 mars 2017

     Gérard Bocholier nomme Pierre Emmanuel et Claudel dans un entretien publié par La Croix : « Le poème est au bord du silence et de la prière ».

On peut le lire ici.