PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Février 2019


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 17 au 24 février (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - Le Poète fou, XXV, Éditions du Rocher, Monaco, 1944 ; Seuil, 1948, Oeuvres poétiques complètes, t. I, L'Âge d'Homme, 2001, p. 392.

     - « Poésie, victoire sur l’absurde », Temps présent, 10e année, n° 92, 24 mai 1946, p. 4.

• Regard sur... Edgar Allan Poe.

Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2018. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2018Bulletin d'adhésion 2018

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

17 février

17 février 1966

     Enregistrement radio d’une émission sur « Georges Bernanos » dans la série « Les cris de la fée » sur France culture. Pierre Emmanuel y parle du surnaturel chez Bernanos, en compagnie de Roger Vrigny et de Luc Estang (13’45 »). « [C]e qui me paraît le plus frappant, chez Bernanos, c’est que très souvent ce conflit entre le moi et le moi donne lieu à ces états de tension extrême où le surnaturel se manifeste. Cela arrive aussi bien chez les personnages qui tendent vers la sainteté que chez les personnages au contraire qui sont saisis par l’esprit du mal. Il y a toujours un moment où la lutte est visible, bien que les éléments de cette lutte soient parfois indiscernables l’un de l’autre. »

 

18 février

18 février 1975

     « Mort de la philosophie ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 2. « [L]e statut de l’école dans l’être social reste à définir, et que l’adolescent, même plus libre et mieux centré dans la société qui l’entoure, demeure séparé d’elle par l’absence de responsabilité. […] Et l’on ne manquera pas de regretter, voire de s’indigner, que l’objectif premier de la formation scolaire soit de faire de cet adolescent moins un citoyen qu’un producteur. Toutefois il est évident que l’enseignement français s’aligne sur le pragmatisme de systèmes scolaires dans la plupart des pays de technologie avancée. Le choix est en partie légitime : il n’en est pas moins discutable dans la mesure où il met en cause la gratuité nécessaire de certaines fonctions hautes de l’esprit.
     Parmi elles, la fonction philosophique. Je ne mentionne que pour mémoire, en classe terminale, le statut humilié de l’histoire ou du français... »

 

19 février

19 février 1955

     Diffusion du septième entretien radiophonique avec Jean Amrouche « La vocation poétique » dans la série « Des idées et des hommes », sur la poésie emmanuellienne de la guerre. « [C]e que le tyran voulait, et ce qui fait que la figure d’Hitler a une sorte de grandeur démoniaque – ce n’est pas du tout simplement la figure d’un dictateur ordinaire : c’est une figure tirée des profondeurs de l’instinct le plus profonde, c’est la figure de nos appétits les plus atroces, les plus infâmes, et d’une certaine manière les plus sublimes – eh bien ce tyran, qui était Hitler, voulait en effet établir la terre dans une cohésion absolue. Il voulait donner à l’homme, à travers lui, une raison d’être absolue dans le monde. Et pour cela, il ne pouvait faire rien d’autre que d’être la figure inverse de Dieu. Il fallait qu’il fût non pas Dieu mais le destin. Dans le sens le plus total. Et pour cela que devait-il faire ? Il ne pouvait pas accepter ce qui était du monde antérieur, puisque ce qui était du monde antérieur était nécessairement contaminé par une certaine présence humaine qui n’était pas celle qu’il avait imposée à l’homme. Donc, il lui fallait accomplir pour la construction de cet univers de visionnaire, il lui fallait accomplir la ruine totale. »

 

20 février

20 février 1950

     Anonyme, « Le Chrétien face aux problèmes actuels », Le Soir, 20 février 1950, p. 2. Même article dans Vers l’Avenir, 20 février 1950, p. 2. « M. Emmanuel, après avoir adressé un chant personnel de reconnaissance et de louange au Christ, déclara que, pour trouver le sens du monde, il faut d’abord descendre profondément en soi. Les chrétiens craignent actuellement pour l’Église parce qu’ils sont, au fond, mal assurés d’eux-mêmes. Le drame de l’absence de Dieu, dit-il, c’est le drame de notre propre absence. Avec une rigueur toute cartésienne qui s’accommodait parfois d’une expression véhémente, l’orateur condamne le christianisme passif, et après avoir mis en doute l’opportunité des préoccupations temporelles de l’Église et de ses attaches à certains systèmes économiques ou politiques, il prêche en faveur d’une réforme individuelle. “Il faut refaire le monde chrétien en nous refaisant vraiment chrétiens nous-mêmes.” »

 

21 février

21 février 1970

     « Comment j’ai écrit ce Jacob », propos recueillis par Jean-Hugues Malineau, Le Devoir, Montréal. « Je pars toujours d’un thème que j’explore aussi loin que je puis. / Dans l’histoire de Jacob, l’essentiel est son combat dans la nuit, cet affrontement avec un Autre auquel l’homme ne peut pas donner de nom mais qui donne son nom à l’homme. / Jacob me fournissait bien d’autres thèmes : par son rêve, celui de l’échelle, par ses rapports avec les siens, celui du Père (Isaac), celui de la Femme (Rebecca, Rachel, Léa). J’ai été frappé par l’importance de l’élément féminin dans le destin du Patriarche. / C’est pourquoi l’on peut trouver entre les images féminines de Jacob et celles de Tombeau d’Orphée des ressemblances : la mère, l’amante, la médiatrice vers la Nature, l’être qui se pose en rivale de Dieu ou qui est au contraire la troisième personne du dialogue avec Dieu. »

 

22 février

22 février 1946

     « Les champions de la pureté », article de Pierre Emmanuel dans Les Lettres françaises, n° 96, p. 1, 4. « On me dit que la littérature “de résistance” n’a plus de raison d’être puisque l’ennemi qu’elle visait n’existe plus. (…) Que la guerre soit finie, rien n’est moins sûr. J’admets que son processus apparent est arrêté, que la machinerie matérielle qui la porte jusqu’aux limites de l’univers est, pour l’instant, hors d’état de nuire. Mais cette guerre est une guerre spirituelle, où l’ennemi s’est servi des armes de l’esprit, en les prostituant à sa cause. Cette guerre s’est faite contre l’esprit, avec une science de la dégradation, de la désintégration intérieures dont il n’est point d’exemple dans l’histoire.
     Ceci suffirait à nous maintenir en éveil : l’ennemi avait des intelligences dans la place, jusque dans chacun de nous. Il comptait sur elles davantage peut-être que sur ses armées. Même mort, il sait qu’il peut compter sur ces intelligences ; la mentalité primitive qu’il a de nouveau déchaînée sur le monde est latente au cœur de tout homme, et pire encore : dans toute collectivité. Les séquelles du nazisme sont bien loin d’être résorbées ; je n’en veux pour preuve que la recrudescence de l’antisémitisme, dont on verra bientôt, pour peu que l’opinion continue d’y demeurer indifférente, que ce n’est plus l’antisémitisme nationaliste (et, si l’on veut, mesuré) des vieilles couches antidreyfusardes, mais l’antisémitisme racial le plus virulent. »

 

23 février

23 février 1968

     C[harles] de Y[dewalle], « Aux grandes conférences catholiques - Le scandale de la mort », Le Soir, 23 février 1968, p. 7. « Nous eûmes, mercredi soir, dans la grande salle du palais des Beaux-Arts, une triple conférence sur un sujet peu joyeux : la mort. Heureusement les trois conférenciers eurent le talent de conclure par une apologie de l’amour.
     […] Au docteur Chauchard succéda Pierre Emmanuel, poète et écrivain catholique, qui débuta en rappelant que celui qui parle de la mort doit avoir la sienne présente à l’esprit. Pour lui, on se trouve face au néant ou bien devant Dieu, et les élégances de l’éloquence sacrée de naguère sont à cet égard bien passées de mode. La mort intervient avec une discrétion particulière dans l’anonymat de nos grandes villes. Tous, néanmoins, nous avons peur du combat de l’agonie et l’orateur rappelle opportunément que le cardinal Veuillot, récemment décédé, avait demandé des prières à tous ses fidèles pour le soutenir dans ce combat alors que lui-même, se voyant mourir, se souvenait de Dieu. Pierre Emmanuel recommande le viatique d’éternité qui s’appelle la prière. Et il faut que notre ”moi“ disparaisse devant Dieu : Si l’on a peur, voici le consolateur. Et nous entendîmes ainsi un appel réconfortant à l’amour comme remède suprême. »

 

24 février

24 février 1984

     « La haine, cette ivresse », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1941. « [L]e conformisme général de ce que j’ai quelque peine à désigner du nom d’intelligence, en particulier de l’intelligence chrétienne, est l’un des phénomènes “culturels” les plus saisissants de la “morne incuriosité” d’une époque à laquelle l’idéologie dominante fournit toutes les prothèses lui évitant de penser par elle-même, sans qu’elle ait à s’assurer qu’elle le pourrait.
     Je connais bien cette mentalité dont je souffris cruellement dans ma jeunesse, victime que j’étais de l’ostracisme des “intellectuels de gauche”, alors envoûtés par le communisme et la perspective de la révolution. Ils ont mis trente ans, et encore pas tous, à achever une désintoxication qu’un simple regard sur la réalité en Europe de l’Est aurait dû rendre immédiate. Le moins que je puisse dire est qu’ils ont fait payer cher leur clairvoyance aux quelques-uns qui avaient vu.
     Il y a maintes façons d’étouffer la pensée et l’œuvre d’un homme, en ce monde où presque tout ce qui s’imprime, se dit publiquement et se voit en image, est contrôlé par les serviteurs de l’idéologie dominante, dont la ruse est de trompeter sans cesse que l’idéologie dominante véritable est celle qu’elle combat avec tant d’ardeur. »




 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          Mémoire d’oiseaux morts le ciel frappe la terre
          – tes vents heurtent les monts de l’aile, ô noir esprit !
          Seul, sur le sol claquant d’ivres lointains, il tangue
          déchiré par le vol en triangle des grues,
          les cheveux dans la course amère des nuées
          flottants, tel un drapeau en déroute, leur or
          rougeoyant au passé de cendre, ô pure offense
          au double désert gris qui confond terre et cieux...

          plaines devant lui que du geste il profère
          sont d’arbres douloureux et d’arides pensées :
          mais, soleil sur la mer en holocauste aux Mères
          la splendide raison folle flambe, jetant
          sur l’hiver des futurs une écarlate annonce
          d’horreur, de sang comblé de gloire, et de printemps.

Le Poète fou, XXV, Éditions du Rocher, Monaco, 1944 ; Seuil, 1948.

__________________

Prose

     « Je ne crois pas que l’expérience intérieure, fût-elle poussée jusqu’au bout du désespoir, puisse conduire à juger sans appel de notre condition d’homme. Nous avons à apprendre davantage de ceux qui reviennent de la vallée de la mort : leur expérience des limites humaines, de la tension qu’il faut à l’homme pour se maintenir vivant quand l’arbitraire passe toute mesure, est sans doute la leçon capitale de notre temps. Les Poèmes de la Nuit et du Brouillard, de Jean Cayrol, témoignent que la vraie victoire sur le temps n’est ni négation ni rupture, mais sacrifice : la mort y est partout présente, non point comme une obsession, mais comme l’acte suprême, irréfutable, par lequel s’affirme la vie. Loin d’apparaître insensée, disproportionnée à la nature humaine, la souffrance des camps, pour ceux qui l’ont acceptée et comprise, est le signe de la rédemption. Si peu chrétien que soit apparemment notre monde, il est hanté malgré lui par la Croix : il sait obscurément que le sacrifice conditionne la résurrection. Jean Cayrol nous le rappelle, en de vastes séquences qui sont comme une liturgie du Golgotha. C’est lui, ce sont ses pareils, qui ont préservé la continuité de l’Histoire. Soumis au total effort de destruction, ils ont montré l’homme indestructible : ayant vu le vrai visage du mal, ils l’ont reconnu spirituel, comme le bien lui-même. C’est ainsi que la poésie de Jean Cayrol figure une lutte dont dépend le salut de la durée : lutte dont le champ clos est l’homme intérieur théâtre du monde, le monde théâtre de l’homme intérieur… Cette poésie est grande, parce que le langage du poète est à hauteur d’un tel combat. Et salutaire, parce qu’en elle, mieux qu’en tout autre, nous prenons mesure exacte de la mort et de la vie. »

« Poésie, victoire sur l’absurde », Temps présent, 10e année, n° 92, 24 mai 1946, p. 4.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?
 

Éditions, rééditions…

On en parle...

12 janvier 2019

 

     Le P. Xavier Tilliette, s. j., qui écrivit plusieurs critiques des œuvres de Pierre Emmanuel, en particulier dans la revue Études, est décédé récemment. Le P. Jean-François Thomas, s. j., lui consacre un article sur le site aleteia.org dans lequel il note :
     « Ce n’est pas un hasard si, parmi les rares livres qui garnissaient encore sa chambre de vieillard diminué, figurait l’ouvrage de Pierre Emmanuel, Babel, où le poète rédige une Hymne de la condition humaine comprenant ces vers :
     Ce Dieu dont vous vouliez provoquer le hasard
     Est un cancer dont le hasard est la pâture
     Votre besoin de lui est sa seule nature
     Et c’est à vous ronger qu’il exerce son art. »

     On peut lire l’article ici.

15 novembre 2018

     France Bleu consacre une émission de deux minutes à la Maison de la Poésie, occasion d’entendre le nom de Pierre Emmanuel. Voici ce qu’on peut lire sur son site :

     « Cette Maison de la Poésie, de la ville de Paris, à la fois un lieu de création, de diffusion et de rencontres, a été créée en 1983, initialement consacrée à la poésie contemporaine. Elle est installée dans le Théâtre Molière, dans le 3e arrondissement donc. Elle a été créée par Jacques Chirac sur une idée de l’éditeur et poète Pierre Seghers et de Pierre Emmanuel. En fait, avant 1995, ils se réunissaient sur la terrasse du Forum des Halles. »

     On peut l’écouter ici.


À Bosdarros (près de Gan)

     M. Daniel Trallero envoie ces deux photos d’une stèle datant de 1989, érigée à Bosdarros (à 3 km de Gan) dans un parterre devant l’église St Orens, juste derrière le Monument aux Morts, sur laquelle est gravée un vers de Pierre Emmanuel : « vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre ».

 

 

     La phrase inscrite est tirée de « Hymne à la Liberté, d’abord paru dans la Suisse contemporaine, 1e année, n° 6, juin 1941, p. 379-381 et repris dans Jour de colère (Œuvres poétiques complètes, t. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 177).
     En voici la strophe complète :

          Au calme de ton firmament intérieur
          Tout répond, des arbres immobiles en prière
          aux maisons contemplantes et aux monts.
          Cet air natal de l’oraison n’est que Chant nu
          paysage inépuisable et pacifiant de l’âme
          accord de l’arbre au rythme clair des horizons
          et merveilleuse humidité de la vision.
          Tendu dans la présence orante je suis libre
          et me tiens droit drapé dans le limon des morts,
          aimé de dieu. L’oblation de mes mains noires
          c’est le monde par moi vivant et libre encor
          ce monde que dieu m’a donné pour que j’y vive
          ce monde sans figure et sans voix dont je suis
          le visage et le chant futurs car je suis libre
          et rien ne brise mon regard transfigurant.
          Vous ne pouvez emprisonner la vision
          vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre :
          la face de vos victimes l’avez-vous vue
          dans la gloire tragique et crue de la souffrance
          comme un stigmate ineffaçable au cœur de dieu ?


1-2 novembre 2018

     Entre 03:26 et 04:01, dans la nuit du 1 au 2 novembre, Les Nuits de France culture proposent une rediffusion de l’émission Le poème et son image - Jean Grosjean (1ère diffusion : 12/04/1956 Chaîne Nationale), par Pierre Emmanuel - avec Jean Grosjean - Réalisation Harold Portnoy.

     À écouter ici.