PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juillet 2019


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 14 au 21 juillet (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « Création du monde », Visage nuage, Seuil, 1955, in Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 790.

     - « La liberté de l’artiste et de l’écrivain », conférence de Pierre Emmanuel à la Semaine des intellectuels catholiques 1952, Séance du jeudi 8 mai sous la présidence de M. Jacques Madaule, in L’Église et la liberté, Pierre Horay, coll. « Flore », p. 161-170.

• « Claudel traduit la Bible », conférence prononcée à Notre-Dame de Paris le 27 mai 1979, introduisant la lecture par Alain Cuny des Psaumes traduits par Claudel, in Bulletin de la société Paul Claudel, n° 78, 1er trimestre 1980, p. 22-26 [Ce texte, bien qu’il reprenne certains éléments de l’article « Claudel travaille les Psaumes », en diffère considérablement].

Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

21 juillet

21 juillet 1981

     Pierre Emmanuel prononce deux conférences suivies de discussions lors d’un cours de perfectionnement pour enseignants étrangers à l’Institut International d’Études françaises de l’Université de Strasbourg II. Le texte en est retranscrit dans La poésie comme forme de la connaissance. « [L]a première chose qu’il faut comprendre lorsqu’il s’agit d’une œuvre, c’est qu’elle est d’abord l’œuvre d’un auteur. Il y a quelqu’un là-derrière ; nous avons tendance, trop souvent, à l’oublier. Et ce quelqu’un, là-derrière, ne l’a pas écrite simplement pour mettre en forme des idées ; il l’a écrite, cette œuvre on peut conjecturer, en tout cas, dans beaucoup de cas – qu’il l’a écrite, poussé par un certain besoin, animé par une force intérieure, et que cette œuvre, en formulant ce qu’on peut appeler des pensées, mais qui n’est pas nécessairement de l’ordre de la pensée, lui permettait de se voir lui-même, de s’interroger lui-même, de se libérer. Ceci doit être très clair dans votre esprit : il y a quelqu’un là. Même lorsque vous lisez Eschyle, ou Euripide, ou Sophocle, il y a quelqu’un, là. »

 

22 juillet

22 juillet 1983

     « Apprends bien ta leçon, fillette… », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1910. « Cahin-caha, le monde suit son cours, et force est de constater que nous n’en savons pas grand-chose. Sur le petit écran-kaléidoscope, toutes les trente secondes, des fragments colorés se groupent, ébauchent un sens, se défont, puis leur jeu recommence. Pour les attentifs, un constat : la disparition presque totale de l’information à l’échelle planétaire, des grands reportages en particulier. Nos moyens d’information sont pourtant immenses, leurs sources, dit-on, ne cessent de se multiplier. Bientôt le câble, les satellites, bientôt quarante, cent, mille canaux à la portée du premier terrien venu. Et, en même temps, ce phénomène qui sera demain sensible à tous, même à ceux dont la “télé” remplace leur substance grise : le ramollissement, la paralysie progressive de l’imagination concrète, de la capacité de concevoir les faits, chez la masse des individus soumis au monopole de l’image, et dont le petit écran devient le milieu mental. Cet affaiblissement d’une fonction majeure de l’esprit n’atrophie pas que ceux qui le subissent ; il touche aussi, et peut-être surtout, ceux qui le provoquent : les détenteurs du monopole, ses manipulateurs. »

 

23 juillet

23 juillet 1982

     « Ce Liban qui ne s’appartient plus », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1858. « Je crois profondément, c’est-à-dire, tout court : je crois, que l’esprit travaille le monde actuel au travers de souffrances inouïes, et qu’un jour peut-être proche, les linéaments d’une lecture symbolique globale apparaîtront à qui saura lire non pas scientifiquement, mais psychiquement et religieusement. La douleur, quand elle est vraiment comprise et partagée, est foncièrement hospitalière : c’est ce que révèlent, dans leur sérénité étrange, certaines images du Liban déchiré. Je pense souvent à cette phrase de Teilhard de Chardin dans son Journal de guerre : “à chaque phase de progrès du monde correspond une certaine profondeur nouvelle de mal, et de puissance malfaisante qui s’intègre avec l’énergie libre croissante pour le bien – l’une appelant l’autre, la créant, l’excitant…” Et je me dis que, peut-être, une intelligence plus imaginative, plus spirituelle, pourrait saisir cette correspondance et la maîtriser. »

 

24 juillet

24 juillet 1981

     « L’autre est en nous », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1806. « Hitler a su créer, par le terrorisme politique, une lâcheté féroce dans l’ensemble des classes dépossédées, ruinées ou anémiées par une après-guerre qui leur semblait sans espoir. L’état de nos sociétés en crise est incomparablement moins dramatique, mais elles sont en train, elles aussi, d’accoucher d’une forme nouvelle de politique et d’économie de masses. De plus, elles ont cessé d’être des citoyennetés closes pour s’ouvrir à des étrangers qu’elles tolèrent plus ou moins dans leur sein, mais auxquels elles ne peuvent encore offrir un statut qui, sans les dénaturer, les intègre. Le rapport avec le tiers monde commence parmi nous : c’est notre relation avec l’autre. Il est capital, pour que l’autre ne soit pas utilisé puis rejeté comme un déchet, que notre société tout entière prenne conscience de sa pluralité. »

 

25 juillet

25 juillet 1980

     « Qu’est-ce, pour nous, la France ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 4. « Il se pourrait, pourtant, qu’un candidat fit entendre, à des Français peut-être pas si sourds, ce qu’est pour lui la France : et que cette définition de la France ne fût pas qu’un témoignage du passé, mais l’affirmation d’une République vivante ; qu’elle fût une politique, et même extérieure(…) ! Je souhaiterais qu’il parlât de la France comme ce personnage de Giraudoux dans L’Impromptu de Paris : “Laissez-moi rire quand j’entends proclamer que la destinée de la France est d’être ici-bas l’organe de la retenue et de la pondération ! La destinée de la France, c’est d’être l’embêteuse du monde. Elle a été créée, elle s’est créée pour déjouer dans le monde le complot des rôles établis, des systèmes éternels… Il y a dans l’ordre, dans le calme, dans la richesse, un élément d’insulte à l’humanité et à la liberté que la France est là pour relever et punir. Dans l’application de la justice intégrale elle vient immédiatement après Dieu et chronologiquement avant lui… La mission de la France est remplie, si, le soir, en se couchant, tout bourgeois consolidé, tout pasteur prospère, tout tyran accepté se dit en ramenant son drap : “Tout n’irait pas trop mal, mais il y a cette sacrée France ! Car tu imagines la contrepartie de ce monologue dans le lit de l’exilé, du poète et de l’opprimé.” »

 

26 juillet

26 juillet 1946

     « Écrivains, rappelons le langage à l’ordre de l’esprit », article de Pierre Emmanuel dans Temps présent, 10e année, n° 101, p. 4. Le texte est repris dans Poésie raison ardente, p. 61-70, sous le titre « Aux écrivains ». « Vous rappelez-vous l’étonnement, l’effroi peut-être qui vous saisirent quand, pour la première fois, vous avez reconnu votre langage ? Jusqu’alors, ce n’était point vous-mêmes qui parliez, mais un infirme empruntant à d’autres ses paroles ; vous exprimant, certes, mais comme à la surface de vous-même, et dont les mots ridaient à peine l’eau dormante de votre vie cachée. Déjà, pourtant, vous pressentiez le nouvel être, qui déblaierait le fatras des mots anciens. Un jour, la page écrite, tout obscure qu’elle fût pour vous, vous connûtes, à n’en pas douter, que cet homme nouveau venait de naître : “homme nouveau devant les choses inconnues”, comme le Cébès de Tête d’Or quand il paraît sur la scène du monde. Car les choses hier familières, connues de cette connaissance commune qui rend aisé l’échange quotidien, soudain vous devenaient étranges ou plutôt vous leur deveniez étranger. »

 

27 juillet

27 juillet 1963

     André Marissel, « Naissante préhistoire », Réforme, 27 juillet 1963, p. 14. « Pour le grand poète Pierre Emmanuel, (…) [i]l s’agit moins de faire acte de foi en l’homme futur (tout en se replaçant dans les pas de l’homme ancien) que de se préparer à une “seconde naissance, laquelle est transfiguration par le Dieu caché en nous”. Sans être un instrument privilégié de conversion, la poésie peut nous aider à comprendre de l’intérieur le message du Christ, nous conduire par les voies d’un langage d’apparence très direct et très simple, habité par “l’esprit de pauvreté”, à la joie et à la prière. Ainsi l’exigence de l’inspiré correspond-elle étroitement à celle du croyant, le besoin de communication au désir de se rapprocher de l’essence du mot, le travail patient de l’artiste à !’œuvre indicible de la grâce. »

 

28 juillet

28 juillet 1965

     « Procès d’Auschwitz : la marque infamante », article de Pierre Emmanuel dans Réforme, n° 1067, 28 août 1965, p. 3. « Ce siècle s’effraie d’accepter la corrélation entre les deux formes d’accélération dont il est la proie : celle de la technique appliquée à l’univers et celle de la technique appliquée à l’homme. Pourtant, l’objectivation du “phénomène humain” sans contrepartie dans l’ordre subjectif, c’est-à-dire spirituel et moral, peut être aussi bien, désormais, l’affaire de sociologues bénins que de conditionneurs féroces. Dès l’instant que l’homme est son propre matériau, la technique devient une, et la souffrance ou la mort ne sont plus que des processus de déchet. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

 

          Création du monde

          Veux-tu gagner l’univers ?
          Reste assis à ta croisée.
          Le monde n’est que l’envers
          De ce qu’y peint ta buée.

Visage nuage, Seuil, 1955.

__________________

Prose

     « En visitant telle région de France, la Haute-Provence ou les Causses par exemple, vous avez pu voir des villages et même des cantons entiers en voie d’abandon : tout tombe en ruines, et les rares habitants qui demeurent y vivent de plus en plus mal, isolés, appauvris et précaires, à l’ombre de vestiges souvent glorieux. Ils vivent ‑ et meurent ‑ de nostalgie, trop peu nombreux, trop incertains d’eux-mêmes et de leur foi pour renouveler l’alliance qui les assurait de l’avenir. Bien qu’ils n’aient pas quitté le sol natal, ils finissent par lui devenir étrangers. De fait, la terre retourne à l’aride, les fontaines s’obstruent ou se perdent, la nature sauvage reprend ses droits : les repères de la mémoire s’effacent. L’enracinement est ici la pire souffrance : je meurs, et rien ne me survit, puisque je meurs d’une autre mort que la mienne, celle de la foi ou je fus enté. »

« La liberté de l’artiste et de l’écrivain », conférence de Pierre Emmanuel à la Semaine des intellectuels catholiques 1952, Séance du jeudi 8 mai sous la présidence de M. Jacques Madaule, in L’Église et la liberté, Pierre Horay, coll. « Flore », p. 161-170.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?
 

Éditions, rééditions…

On en parle...

3 juillet 2019

     L’Express reprend un article de 1981 : « Poésie contemporaine : Orphée pas mort ! » de Claude Michel Cluny. On y lit le nom de Pierre Emmanuel.

     À lire ici.


26 avril – 16 juin

     L’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) propose, du 26 avril au 16 juin 2019, une grande exposition intitulée Liberté, j’écris ton nom présentant des archives de la vie littéraire sous l’Occupation. Celles de Pierre Emmanuel sont naturellement présentes à plusieurs endroits, en particulier dans la vitrine des revues poétiques.
     François Bordes, délégué à la recherche à l’IMEC, a évoqué Pierre Emmanuel lors de la rencontre qu’il a animée sur la « bibliothèque de l’ombre 1935-1945 », en ouverture de l’exposition.
     Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC le mentionne également à plusieurs reprises dans l’article de Télérama du 29 avril dernier : « L’archive peut toucher du doigt l’histoire dans ce qu’elle de plus intime, merveilleux, terrible ».


5 mars 2019

     M. Jean Mathieu, ancien élève de l’École centrale de Lyon, fondateur et directeur du Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique de 1959 à 1985, est décédé ce 5 mars 2019. Cousin germain de Pierre Emmanuel, il était l’un de ceux qui l’avaient le plus connu durant son adolescence. C’est en effet à ses parents que le jeune Noël avait été confié à sa rentrée au collège des Lazaristes de Lyon, en 1926. Exactement du même âge que Roger, Jean a toujours considéré Noël comme son grand frère.
     C’est à lui que nous devons nombre de détails sur cette époque et de photos de famille.


Jean Mathieu, sa mère et Noël (Pierre Emmanuel)


La photo est prise par Noël grâce à l'appareil de photo que lui avait offert son père.

 
Jean et Yvette Mathieu (juillet 2013)


4 mars 2019

     Jean Starobinski, critique littéraire et grand ami de Pierre Emmanuel durant la guerre, est mort ce lundi 4 mars 2019.
    Pierre Emmanuel l’avait rencontré à l’automne 1942 lors de son premier voyage en Suisse.

 

     En décembre 1944 Jean Starobinski écrivait :
     « Ce qui surprend au premier contact, pour qui aborde la poésie de Pierre Emmanuel, c’est la voix. Ouvrir un de ses livres, c’est s’exposer à être atteint et pénétré par une voix. Et il faut ajouter aussitôt : une voix pleinement matérielle, une réalité vocale concrète, - presque instrumentale. Une voix dont le pouvoir n’est peut-être pas tant de toucher que de traverser, et de traverser avec violence : elle possède à la fois la plasticité sonore et le pouvoir de dépassement. Elle donne à son retentissement la valeur d’une conquête sur l’espace : elle progresse et s’élargit jusqu’à l’extrême limite du regard, dans un souffle à la fois humain et inhumain. Humain, certes, car les mots qui résonnent ici n’ont pas perdu cette chaleur vivante, cette intimité du corps vivant où ils étaient d’abord confondus avant de devenir chose écrite et sonore. Dans le souffle qui les transporte, ces mots ne demeurent point comme des signes incorruptibles ; ce sont des substances malléables et altérables : sous le chiffre typographique, le poème est un vaste organisme respirant, un vocable complexe qui perpétue un grand acte respiratoire. »