PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Décembre 2018


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 9 au 16 décembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « Adoration des bergers », Évangéliaire, Seuil, 1961, Oeuvres poétiques complètes, t. I, L'Âge d'Homme, 2001, p. 932.

     - « L’univers symbolique », Le goût de l’Un, Seuil, 1961.

• Pierre Emmanuel, « Le grand crime contre les pauvres », Le Figaro littéraire, 10 novembre 1956, p. 1, 9.

Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2018. Merci aux généreux donateurs !



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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2018

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

9 décembre

9 décembre 1950

     Diffusion de « Douze minutes avec un poète », émission radiophonique. Pierre Emmanuel parle de sa conception de la poésie, de ses poèmes Tombeau d’Orphée et « Christ au tombeau », et lit un de ses poèmes « Babel » (Tristesse ô ma patrie). « Pierre Béarn : Pierre Emmanuel, voulez-vous nous dire si vous considérez la poésie comme un exercice spirituel ou bien comme un mode d’expression idéal ?
     Pierre Emmanuel : Je vous avoue, Béarn, que je ne comprends pas l’expression « exercice spirituel ». Je me rappelle qu’elle m’avait déjà frappé et choqué lorsqu’un numéro spécial de Fontaine, publié pendant la guerre, s’était donné pour titre “La poésie comme exercice spirituel”. J’en fus pourtant l’un des collaborateurs et si je m’en souviens bien, je m’élevais contre l’identification qui se fait chez plusieurs poètes de la création poétique avec l’activité mystique. N’étant pas mystique de nature et n’ayant jamais eu le goût de la contemplation, je ne la trouve pas davantage dans les mots que dans l’expérience silencieuse d’une présence plus haute. Le numéro de Fontaine dont je parle m’avait laissé l’impression que chacun y parlait un peu de soi et pour soi, mais que nul ne s’était occupé de définir ces deux mots : “exercice spirituel”. Je connais l’expression “exercice physique”, je sais que l’exercice physique a ses règles, je connais aussi les exercices de saint Ignace, qui sont une méthode d’examen de conscience, mais je n’ai jamais pu définir l’exercice spirituel en soi : on ne s’exerce qu’en vue d’un certain but. »

 

10 décembre

10 décembre 1982

     « Regarde-toi dans la glace », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1878. « il y eut de tout temps un cérémonial du pouvoir, mais ces formes, scrupuleusement respectées, avaient pour fonction de symboliser la légitimité d’un principe, d’en marquer la permanence en de rares et solennelles occasions. Quelque chose de ce caractère persiste dans le cérémonial observé en Grande-Bretagne, cérémonial où chacun s’oublie dans l’accomplissement rigoureux d’un rituel. Même filmé en Eurovision, et vu par des millions de personnes, il maintient toujours entre l’événement et les spectateurs la distance du sacré. Il ne viendrait à l’esprit de personne de taxer la reine d’Angleterre de narcissisme, tant elle s’efface parfaitement derrière le symbole qu’elle a conscience de servir. Et aucun journaliste, à l’époque, n’aurait eu l’idée de lui tendre le micro pour “recueillir ses impressions” sur son propre couronnement. Au contraire, c’est ce que font tout naturellement les reporters qui “couvrent” pour les media les faits et gestes officiels ou non des plus hautes autorités de nos Républiques, par exemple les Présidents Mitterrand et Reagan. / Or, c’est un fait : l’image s’use. Ou plutôt elle use celui qu’elle reproduit trop fréquemment. »

 

11 décembre

11 décembre 1951

     Diffusion d’une émission radiophonique sur Antonio Machado, enregistrée le 14 avril 1951 pour la série « Poésie et guitare ». « Quand Antonio Machado fut mort, j’écrivis en son honneur un requiem qui prend place dans la série des poèmes que m’inspira le drame de l’Espagne. Pyrénéen, voisin immédiat de l’Espagne, j’accorde aisément mon imagination à celle des Espagnols. La guerre, qui me bouleversa comme tant d’autres, me porta naturellement à payer mon tribut d’amour pour ce pays.
     La mort de Machado, de l’autre côté de la frontière, tout contre la mer mortellement blessée, me saisit par son caractère exemplaire. J’essayais de traduire ce sentiment dans ce requiem. »

 

12 décembre

12 décembre 1966

     Claudine Jardin, « Pierre Emmanuel : poète de l’affirmation », Le Figaro, p. 14. « – comment peut-on en cette seconde moitié du XXe siècle être un grand poète chrétien ?
     – Le nihilisme nous séduit encore beaucoup, je le sais. Nous n’avons peut-être pas fini de détruire tout ce qui est à détruire. Il n’y a pas de philosophie de l’affirmation. Toute la question pour moi est là : comment affirmer. J’aimerais trouver un chemin nouveau de l’affirmation et de l’affirmation des choses simples.
     Et précisant son but, il ajoute : “Je voudrais créer une espèce de drame moderne analogue au mystère médiéval, mais qui serait le drame de la multitude : substituer à l’homme éclaté, atomisé, enfoui dans la multitude, un homme qui se sentirait singulier dans son anonymat.” »

 

13 décembre

13 décembre 1983

     « Un patient et ses médecins », discours prononcé à l’Académie de Médecine lors de la séance du 13 décembre 1983 après la remise des prix, repris dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine, n° 9, 6-13 décembre 1983, p. 997-1006 puis dans France catholique, n° 1969 et 1970, 14 et 21 septembre 1984. « L’être qui souffre fait l’épreuve de sa fragilité, il est atteint dans cette intégrité grâce à laquelle il peut s’oublier lui-même, se libérer de soi en portant son attention sur les êtres et les choses autour de lui. […] Se découvrir faibles, fragiles, est pour certains un choc qui retentit non seulement sur leur confiance en eux-mêmes, mais sur leur relation au monde et sur leur foi dans le sens ultime de la vie. Cela n’a jamais été aussi vrai que dans nos sociétés contemporaines, où tout est fait pour dissimuler derrière un hédonisme publicitaire l’expérience réelle que chacun doit faire, à travers son existence, d’une lutte incessante pour être, et pour être toujours plus : lutte qui, pour un grand nombre, l’est aussi contre la maladie subite, chronique ou mortelle. Un tel combat, sur le plan spirituel, implique quelque possibilité pour le malade de se dégager de sa fixation sur son mal et de faire naître de celui-ci une connaissance plus profonde ou plus secrète du fait d’être. Toute souffrance peut ainsi devenir la source d’un savoir qui porte sur les valeurs les plus hautes de l’existence, et les plus menacées par les atteintes graves à l’intégrité. Même quand la souffrance est proprement intolérable, est-il interdit de penser qu’elle peut compléter ce qui manque à un destin ? »

 

14 décembre

14 décembre 1939

     Lettre à Jean Cayrol. « Il est peu de révélations plus bouleversantes que celle d’un visage adolescent, quand il se découvre, c’est-à-dire quand il ose être nu. Je fais une classe de philosophie à quelque trente jeunes gens, desquels je me sens très près par l’âge et la frénésie plastique de la vie : ils le sentent si bien que chacune de nos classes est un poème, une exaltation parfois jubilante de l’élan créateur, dans tous les domaines de la pensée. Ce qu’il en reste chez eux, c’est un Visage tendu vers la joie, une connaissance de leur destin et un appétit d’être hommes qui n’est souillé par aucune déception encore. Cela encore – le don de Dieu – quelle source d’exultante poésie ! Et la récompense d’un visage offert est la plus belle preuve d’éternité qui soit pour un poète. »

 

15 décembre

15 décembre 1941

     Guy Poulon, « Rencontre de Maurras », L’Étudiant français (organe mensuel de l’institut d’Action française), 22e année, n° 2, 15 décembre 1941, p. 1,3. « ……N’oublions pas que la France a eu des soldats, des prêtres, des ingénieurs, des artistes, des écrivains qui suffisent à lui gagner l’admiration unanime. N’oublions pas que Maurras est traduit jusqu’au Japon, et que Sorel, Taine, Proudhon, Maistre, Bonald et Maurras précisément ont permis que la France administre au monde l’antidote du poison révolutionnaire dont elle n’avait été que le véhicule et qu’il lui appartienne aujourd’hui de faire une révolution purement française. Et c’est Lanza del Vasto, c’est Pierre Emmanuel qui répondent à Patrice de la Tour du Pin, par-dessus les continents, dans un langage depuis longtemps inentendu. Et c’est Jouvet qui livre à l’Amérique du Sud les formules inaltérées de notre message. »

 

16 décembre

16 décembre 1983

     « La hache de Soljenitsyne », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1931. « Comme j’enviais Soljenitsyne, avant-hier, de montrer la même tranquille énergie à fendre du bois et à faire surgir ses pensées ! Il y avait là comme un symbole sur lequel pourraient méditer ceux dont la tâche est d’énoncer la Parole : l’intelligence doit s’aiguiser comme une hache, pour ouvrir les cerveaux à ce Verbe que tant de médiocre rhétorique et de pieux conformismes ont si indûment émoussé… »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

 Adoration des bergers

          Immobiles
          Nuit après nuit
          Ils font silence
          Ils écoutent le mouvement du silence
          Ils sondent
          Les hauteurs du ciel dans leur âme
          Et leur âme
          Par-delà

          Et parfois
          À l’orée de leur âme
          Ils contemplent comme on fixe le feu
          La musique éblouissante de Dieu
          Et la flamme monte droit dans leurs yeux
          Comme l’échelle des anges

          advient qu’un messager
          Partage un instant leur veille
          Et leur silence et leur pain
          Celui-ci est un Ange
          Ils le savent
          Ils s’émerveillent
          Sans bouger

Évangéliaire, Seuil, 1961.

__________________

Prose

     « Le lieu de la poésie est l’universel, mais saisi dans une forme singulière. Nul poète ne saurait traiter de la création poétique en général, si tant est que cette dernière expression ait un sens. Le souffle du créateur, sa technique, son système de pensée, font partie de ses déterminations personnelles. Ce sont des réalités vivantes, non des mécanismes : il les crée et prend forme en eux, leur histoire est la sienne qui les fait ce qu’il devient. Mieux qu’un critique, il peut montrer la genèse de son œuvre : mais cette même singularité qui le retient de saisir pleinement celle des autres rend suspectes les généralisations venant de lui. Ce travail de généralisation revient à l’historien, au philosophe de l’esthétique. Ce dernier peut-il y faire place au propre de la création – au singulier, au nouveau ? Comment, sans risque pour sa pensée, serait-il le lecteur idéal qui refait une œuvre du dedans et la comprend en s’y comprenant soi-même, comme l’artiste qui la créa ? »

« L’univers symbolique », Le goût de l’Un, Seuil, 1963.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?
 

Éditions, rééditions…

On en parle...

5 mars 2019

     M. Jean Mathieu, ancien élève de l’École centrale de Lyon, fondateur et directeur du Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique de 1959 à 1985, est décédé ce 5 mars 2019. Cousin germain de Pierre Emmanuel, il était l’un de ceux qui l’avaient le plus connu durant son adolescence. C’est en effet à ses parents que le jeune Noël avait été confié à sa rentrée au collège des Lazaristes de Lyon, en 1926. Exactement du même âge que Roger, Jean a toujours considéré Noël comme son grand frère.
     C’est à lui que nous devons nombre de détails sur cette époque et de photos de famille.


Jean Mathieu, sa mère et Noël (Pierre Emmanuel)


La photo est prise par Noël grâce à l'appareil de photo que lui avait offert son père.

 
Jean et Yvette Mathieu (juillet 2013)