PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Mai 2017


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 21 au 28 mai (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - Tu, « Vent », « Tu septiformis munere », Seuil, 1978. Œuvres poétiques complètes, t. II, L’Âge d’Homme, 2003, p. 472.

     - « Pierre Emmanuel poète des mythes », Entretien avec Claudine Chonez, Une Semaine dans le monde, 3 juillet 1948, p. 9.

« Si nous faisions un saut à Paris », Feuille avis, Neuchâtel, 8 mai 1953, p. 8.

« Langue notre patrie », Notre République, n° 340, 21 février 1969, s. p. [dernière] et 7.

21 avril 2017, une soirée en l'honneur de Pierre Emmanuel, poète de la résistance, à la Maison de la Poésie (enregistrements et photos ici).

 



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.

• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
Précédemment...    en 2017
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2017Bulletin d'adhésion 2017

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

21 mai

21 mai 1964

     Vittorio Abrami, “Un poeta francese”, L’Avvenire, 21 mai 1964. “C’è un labirinto poetico in Emmanuel: ci sarà dunque anche un filo d’Arianna. Ma quale?
     Oggi il poeta stesso ci fa delle confessioni e delle confidenze sul suo mondo e ci illustra la sua visione. Occorrerà ascoltarlo. Leggiamo dunque questo Gusto dell’uno e seguiamo quell’ape in atto di creare il suo miele con materie piuttosto banali. Lo seguiremo; ma non pretendiamo che ci sveli fino in fondo il suo segreto. L’opera è divisa giudiziosamente, secondo l’uso francese. Vi si parla dell’amore della parole, della nascita del poema, della considerazione dell’estasi, dell’universo simbolico, e così via.
     E’ un livro attuale ed inattuale: fuori epoca e profondamente moderno; esigente e sereno. Un’opera che porta l’impronta di una personalità fuori serie.”


22 mai

22 mai 1981

     « À l’image et à la ressemblance », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1797. Invité par une amie à parler de poésie à sa classe de prisonniers, Pierre Emmanuel est bouleversé par la profondeur de la rencontre. « Nous avions vécu deux heures ensemble dans un monde sans morale, mais non certes sans valeur. Nous n’avions parlé que de la valeur, de l’éminente valeur de l’être : en elle, nous avions fraternisé, reconnu sans le dire, notre vrai sens. Ces jours-ci, en écoutant les orateurs de cette si médiocre campagne présidentielle abaisser toute l’ambition des Français à leurs craintes pour leurs gros sous ou leur petite monnaie, j’ai repensé à cette matinée de Fresnes. Non, la plupart des gens, des gens à cheval sur la morale, connaissent peut-être le cours des valeurs mais ne savent pas grand-chose de la valeur. Celle-ci n’a rien à faire avec les hypocrisies de la morale : elle est un reflet de la Face de Dieu, dont parfois, s’illumine la face humaine, et que je vis briller, fugitif ou non, sur le visage de ces prisonniers. »


23 mai

23 mai 1974

     « Quelles conditions pour une seule France ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 2. « En fait, l’égalité réelle supposerait un changement de mentalité. Notre société éclatée n’a plus de pères, mais surtout plus de mères. Voyez le nombre d’enfants qui portent en collier les clefs du logis. Beaucoup de femmes, parmi celles pour qui la maternité était la vraie fonction, la savent irremplaçable. Elles travaillent autant que les hommes, souvent avec la même compétence, sans accéder aux mêmes responsabilités. Par centaines de mille, elles sont secrétaires, assistantes ; certains bureaux ressemblent à des gynécées. Quant à l’ouvrière d’usine, son sort, à travail égal, est souvent plus dur que celui d’un ouvrier. Dans l’enseignement, le nombre des femmes croît sans cesse. Elles forment un sous-prolétariat universitaire voué à l’incertitude de l’emploi.
     À trente-cinq ans, bien des diplômées intelligentes, ayant de l’expérience et la faculté de s’adapter, peuvent se trouver face à la perspective du chômage indéfini. Comme dit le jargon d’entreprise, « leur candidature, bien qu’intéressante, ne correspond pas au profil du poste à pourvoir ».
     Et c’est le chômage, la révolte intérieure, le désespoir : surtout pour les très nombreuses célibataires que l’on croit indépendantes et qui le sont malgré elles, victimes d’une transformation inhumaine de la société.
     D’une transformation inhumaine : les individus sont atomisés, désintégrés. »


24 mai

24 mai 1974

     Anonyme, « Maximal and Minimal [sur Sophia  », The Times Literary Supplement, 24 mai 1974, p. 554. « We have here an epic and an anti-epic. It is hard to imagine the same person admiring or enjoying both these poets, Pierre Emmanuel’s verse gushing like an uncontrollable and rowdy flood, Guillevic’s having a moth like fragility and greyness. Sophia seems to be the long volume on Eve, the feminine principle, that M Emmanuel promised us some time ago. His Eternal Woman is built like a cathedral, with sections marked Porch, Apse, Nave, Choir and Rose-Window. The poem opens with a rewriting of the myth of Genesis, and closes with a meditation on individual consciousness, seen as a spark in the maternal night. Here excellent use is made of the underlying image of stained glass piercing the darkness. Indeed in the later sections of Sophia, where fragments of personal experience are confronted, or where M Emmanuel’s enormous lines sometimes shrink to an intense verbal concentration, there is some excellent poetry. »


25 mai

25 mai 1980

     Diffusion de l’émission télévisée « Dis-moi comment tu me regardes ». L’auteur : Béatrice Philippe, l’éditeur : Frédéric Blanchot et le préfacier, Pierre Emmanuel, présentent et commentent Être juif dans la société Française (Éditions Montalba). En début d’émission Pierre Emmanuel parle de l’origine de son pseudonyme. « Eisenberg : Vous avez eu beaucoup de chance, Pierre Emmanuel, parce que nous naissons tous avec un nom, tandis que vous, vous avez choisir le vôtre.
     PE : Oui, je l’ai choisi, et même d’une certaine manière je l’ai fait ; vous savez ce que peut signifier le choix d’un pseudonyme, enfin, c’est une façon de se prendre en charge soi-même, presque de se créer de soi. C’est ambitieux, parfois signe d’un certain orgueil, en l’espèce il s’agissait pour moi d’indiquer par l’association des deux noms le rapport entre la dureté de la pierre qui est l’état profond de chacun de nous, et ce nom Emmanuel, c’était la présence de Dieu qui s’introduit en nous comme par effraction et qui brise la pierre que nous sommes et en fait un être vivant. »

 

26 mai

26 mai 1971

     « La créativité (néologisme de plus) », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 26 mai 1971, p. 48. Repris dans la Révolution parallèle, « La créativité c’est la communion », p. 81-90. « Pourquoi faire ce néologisme ? N’avons-nous pas faculté de créer, invention ? Ce nouveau-né si laid, si fripé, que la bouche n’a ni roulé ni poli, est l’objet non seulement de l’indignation des puristes, mais de la suspicion de ceux qu’inquiètent les intentions présumées de ses forgeurs. Ses contempteurs ne sont pas loin de penser qu’il est bourré de dynamite... Tentons de le désamorcer. »

 

27 mai

27 mai 1970

     Parution de « Rencontre avec Pierre Emmanuel », entretien avec Luc Norin, Le Soir, p. 10. Sur l’origine des premiers poèmes de Jacob en particulier. « J’ai pensé à la double réalité humaine, à ces deux gouffres, celui d’en haut, celui d’en bas, qui sont au cœur de l’homme une division, un double appel. J’ai écrit quatre poèmes que j’ai coiffés du titre de Nuit de Jacob. Pourquoi Jacob ? J’ai pensé à lui parce qu’il avait surgi dans ce titre, parce que son combat est celui d’une lumière à reprendre à la nuit. »

 

28 mai

28 mai 1947

     B, P., « Le Poëte et son Christ, par Pierre Emmanuel », Feuille avis, Neuchâtel, 28 mai 1947, p. 4. « La première édition de ces poèmes avait paru sauf erreur en 1942. La Baconnière en publie aujourd'hui une seconde édition revue et augmentée. À la fin du volume, dans une étude serrée, M. Albert Béguin s'attache à définir la position spirituelle de Pierre Emmanuel, aux yeux duquel le Christ représente la seule promesse d'unité, la seule régénération possible, puisque par son péché l'homme a été livré à la contradiction et à la division. Cependant, le paradoxe chez Pierre Emmanuel, c'est que l'homme projette son impureté, son obscurité essentielle au cœur même du Christ ; donc il l'oblige, en quelque sorte, à devenir pécheur avec lui. Dialectique horrible, déclare M. Béguin, qui s'efforce toutefois de la justifier en montrant qu'aucun homme n'y échappe tout à fait.
     Cependant, quand on lit ces poèmes, ce n'est pas tant à leur signification spirituelle que l'on est surtout sensible, mais à leur résonance intrinsèque. Tout vrai poète, parce qu'il aime la beauté incarnée, a en lui un côté païen. Il cherche â pénétrer, comme le dit Emmanuel, “au plus insensé de la matière”. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          Boire
          C’est être là.
          L’eau sourd toujours
          À la verticale de l’homme
          En haut en bas.
          Faire ce geste
          De la main vers la source
          Est révérence
          À l’unique main.
          Mais le souffle souvent
          Invite les lèvres :
          Elles le boivent
          Même sans savoir.

Tu, « Vent », « Tu septiformis munere », Seuil, 1978

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Prose

     « [I]l manque [au théâtre de Sartre] le caractère sacré. Je crois aussi que c’est par la recherche de la beauté que l’on arrive à la vérité, que les œuvres d’art durables résolvent les angoisses humaines non dans l’immédiat, mais dans une certaine durée… Les Mains sales est une pièce très intéressante, parce qu’elle oblige les gens à prendre parti. Mais en même temps que les problèmes d’urgence je voudrais que le théâtre traite de plus larges perspectives – qui aident à résoudre l’urgence. Je crois aussi au roman pour m’exprimer d’une façon directe : j’en écris un actuellement qui s’appelle le Jugement des hommes.
     Quant à la poésie elle joue le même rôle que l’hypothèse dans la science. Par la poésie l’homme se rêve, rêve sur son futur. La plupart des grands mythes, après avoir été comme vidés par la connaissance rationnelle, sont peu à peu réassimilés sous de nouvelles formes. J’ai l’obsession du mythe et celle de l’Histoire ; cela devait me mener naturellement à une forme de pensée symbolique. Mais c’est ma rencontre avec Jouve qui m’a éclairé là-dessus – qui m’a débloqué. »

« Pierre Emmanuel poète des mythes », Entretien avec Claudine Chonez, Une Semaine dans le monde, 3 juillet 1948, p. 9.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

     Aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     Poèmes de la résistance, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, choix de textes et préface de Ginette Adamson.

 


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson.


On en parle...


15 avril 2017

     P. Jean Radermakers, s. j., publie un long article : « Lazare, dehors ! » sur le poème « Résurrection de Lazare » d’Évangéliaire, dans le dernier numéro de La Vie consacrée. En voici le premier paragraphe :

     « Un poète peut-il être aussi exégète ? Pourquoi pas ? En cette année 2016 où nous commémorons le centenaire de la naissance du grand auteur français malheureusement trop méconnu Pierre Emmanuel (1916-1984), il est peut-être utile de montrer comment un poète peut lire et commenter l’Ėvangile à l’égal d’un bibliste. Nous choisissons un poème extrait de son ouvrage Ėvangéliaire écrit en 1961. Sollicité de composer une préface à un album d’art traitant de la Nativité de Jésus, Pierre Emmanuel s’était laissé fasciner par la vie du Christ et, pris au jeu de la transposition poétique, en avait réalisé une sorte de " diatessarôn" (quatre évangiles en un seul) où il reparcourt l’itinéraire terrestre de Jésus qu’il raconte poétiquement à ses contemporains. Ce n’est donc ni une explication savante du texte, ni une élévation spirituelle ou priante, mais tout simplement un poème de vie. »


15 mars 2017

     Jean-Huges Malineau, poète et éditeur, est mort le 9 mars 2017. Le Monde rappelle à cette occasion qu’il avait écrit un mémoire de maîtrise sur Tombeau d’Orphée et Le Poète fou.

     On peut lire l’article ici.


14 mars 2017

     Anne-Sophie Constant est intervenue à l’Espace Brémontier sur La Seconde Naissance, entre 12 h 30 et 13 h 45. La salle était comble et le public fut très sensible à la poésie de Pierre Emmanuel.

 



2 mars 2017

     Gérard Bocholier nomme Pierre Emmanuel et Claudel dans un entretien publié par La Croix : « Le poème est au bord du silence et de la prière ».

On peut le lire ici.