PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Novembre 2019


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 8 au 15 décembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « L’art de mourir », Chansons du dé à coudre, Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F., 1947, Œuvres poétiques complètes, vol. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 527.

     - « L’état d’urgence », La face humaine, Seuil, 1965, p. 219.

• « Chemins de la poésie, Enquête de Dominique Arban : « Le poète est celui qui se surmonte pour agir et créer », répond Pierre Emmanuel », Combat, 16 mai 1947, p. 2.


28 novembre 2019 : décès de M. François Livi, exécuteur testamentaire du poète et président du Centre de recherche. Cf. colonne de droite (Centre de recherche).


Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2019. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2019Bulletin d'adhésion 2019

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

8 décembre

8 décembre 1975

     Jean-Louis Ezine, « Du sentiment de l’honneur en littérature. Je te plumerai… », Les Nouvelles littéraires, n° 2510, p. 3. « On ne badine pas avec l’immortalité : l’Académie française n’acceptera sans doute pas la démission de Pierre Emmanuel, annoncée avec éclat par l’intéressé à la suite de l’élection de Félicien Marceau. Elle n’avait pas non plus accepté en 1871 le départ de Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, outré par l’élection de l’athée Littré ; ni en 1959 celui de Pierre Benoît, fâché que Paul Morand, pour son premier passage devant le jury des immortels, eût été recalé. La Compagnie, comme dirait Pierre Emmanuel, n’est pas un club : elle ne prévoit pas que la conscience d’un des siens lui fasse jamais défaut. On est immortel à vie. “Les statuts […] ne prévoient parmi nous de places vacantes que par la mort de leur dernier occupant. Ils n’envisagent pas que cet occupant puisse se démettre, mais rien en eux ne le lui interdit”, écrit Pierre Emmanuel dans sa lettre de démission. »

 

9 décembre

9 décembre 1950

     Diffusion de « Douze minutes avec un poète », émission radiophonique. Pierre Emmanuel parle de sa conception de la poésie, de ses poèmes Tombeau d’Orphée et « Christ au tombeau », et lit un de ses poèmes « Babel » (Tristesse ô ma patrie). « Pierre Emmanuel, voulez-vous nous dire si vous considérez la poésie comme un exercice spirituel ou bien comme un mode d’expression idéal ?
     Pierre Emmanuel : Je vous avoue, Béarn, que je ne comprends pas l’expression « exercice spirituel ». Je me rappelle qu’elle m’avait déjà frappé et choqué lorsqu’un numéro spécial de Fontaine, publié pendant la guerre, s’était donné pour titre “La poésie comme exercice spirituel”. J’en fus pourtant l’un des collaborateurs et si je m’en souviens bien, je m’élevais contre l’identification qui se fait chez plusieurs poètes de la création poétique avec l’activité mystique. N’étant pas mystique de nature et n’ayant jamais eu le goût de la contemplation, je ne la trouve pas davantage dans les mots que dans l’expérience silencieuse d’une présence plus haute. Le numéro de Fontaine dont je parle m’avait laissé l’impression que chacun y parlait un peu de soi et pour soi, mais que nul ne s’était occupé de définir ces deux mots : “exercice spirituel”. Je connais l’expression “exercice physique”, je sais que l’exercice physique a ses règles, je connais aussi les exercices de saint Ignace, qui sont une méthode d’examen de conscience, mais je n’ai jamais pu définir l’exercice spirituel en soi : on ne s’exerce qu’en vue d’un certain but. »

 

10 décembre

10 décembre 1982

     « Regarde-toi dans la glace », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1878. « il y eut de tout temps un cérémonial du pouvoir, mais ces formes, scrupuleusement respectées, avaient pour fonction de symboliser la légitimité d’un principe, d’en marquer la permanence en de rares et solennelles occasions. Quelque chose de ce caractère persiste dans le cérémonial observé en Grande-Bretagne, cérémonial où chacun s’oublie dans l’accomplissement rigoureux d’un rituel. Même filmé en Eurovision, et vu par des millions de personnes, il maintient toujours entre l’événement et les spectateurs la distance du sacré. Il ne viendrait à l’esprit de personne de taxer la reine d’Angleterre de narcissisme, tant elle s’efface parfaitement derrière le symbole qu’elle a conscience de servir. Et aucun journaliste, à l’époque, n’aurait eu l’idée de lui tendre le micro pour “recueillir ses impressions” sur son propre couronnement. Au contraire, c’est ce que font tout naturellement les reporters qui “couvrent” pour les media les faits et gestes officiels ou non des plus hautes autorités de nos Républiques, par exemple les Présidents Mitterrand et Reagan. / Or, c’est un fait : l’image s’use. Ou plutôt elle use celui qu’elle reproduit trop fréquemment. »

 

11 décembre

11 décembre 1973

     « Tribune libre : une question insoluble ? », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 31. « La notion de censure morale m’a toujours embarrassé ; je n’ai pas sur elle d’opinion tonte faite. Il me semble que si, dès l’enfance, on apprenait à former sa liberté, cette censure serait inutile. Mais qui enseigne un tel exercice ? Qui montre que jusque dans le plaisir, la maîtrise du corps est sobriété de l’esprit ? Et qui le montre de façon non puritaine, non comme une réduction, mais comme un accomplissement ?
     Au lieu de donner à créer la forme humaine, on structure tant bien que mal les instincts par des interdits. Pour préserver qui ? L’enfant, jusqu’à dix-huit ans, des tentations extérieures : à partir de quoi il est censé être adulte, c’est-à-dire formé. En fait, on passe toute sa vie à se donner forme — du moins quand on a vu que le sens de l’existence est là. Ce qui implique des choix actifs, non des censures.
     La vraie tentation est toujours en nous. »

 

12 décembre

12 décembre 1966

     Claudine Jardin, « Pierre Emmanuel : poète de l’affirmation », Le Figaro, p. 14. « – comment peut-on en cette seconde moitié du XXe siècle être un grand poète chrétien ?
     – Le nihilisme nous séduit encore beaucoup, je le sais. Nous n’avons peut-être pas fini de détruire tout ce qui est à détruire. Il n’y a pas de philosophie de l’affirmation. Toute la question pour moi est là : comment affirmer. J’aimerais trouver un chemin nouveau de l’affirmation et de l’affirmation des choses simples.
     Et précisant son but, il ajoute : “Je voudrais créer une espèce de drame moderne analogue au mystère médiéval, mais qui serait le drame de la multitude : substituer à l’homme éclaté, atomisé, enfoui dans la multitude, un homme qui se sentirait singulier dans son anonymat.” »

 

13 décembre

13 décembre 1983

     « Un patient et ses médecins », discours prononcé à l’Académie de Médecine lors de la séance du 13 décembre 1983 après la remise des prix, repris dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine, n° 9, 6-13 décembre 1983, p. 997-1006 puis dans France catholique, n° 1969 et 1970, 14 et 21 septembre 1984. « L’être qui souffre fait l’épreuve de sa fragilité, il est atteint dans cette intégrité grâce à laquelle il peut s’oublier lui-même, se libérer de soi en portant son attention sur les êtres et les choses autour de lui. […] Se découvrir faibles, fragiles, est pour certains un choc qui retentit non seulement sur leur confiance en eux-mêmes, mais sur leur relation au monde et sur leur foi dans le sens ultime de la vie. Cela n’a jamais été aussi vrai que dans nos sociétés contemporaines, où tout est fait pour dissimuler derrière un hédonisme publicitaire l’expérience réelle que chacun doit faire, à travers son existence, d’une lutte incessante pour être, et pour être toujours plus : lutte qui, pour un grand nombre, l’est aussi contre la maladie subite, chronique ou mortelle. Un tel combat, sur le plan spirituel, implique quelque possibilité pour le malade de se dégager de sa fixation sur son mal et de faire naître de celui-ci une connaissance plus profonde ou plus secrète du fait d’être. Toute souffrance peut ainsi devenir la source d’un savoir qui porte sur les valeurs les plus hautes de l’existence, et les plus menacées par les atteintes graves à l’intégrité. Même quand la souffrance est proprement intolérable, est-il interdit de penser qu’elle peut compléter ce qui manque à un destin ? »

 

14 décembre

14 décembre 1945

     « La voie du poète nouveau », article de Pierre Emmanuel dans Temps présent, 9e année, n° 69, p. 5. « Tant qu’un homme ne touche pas à l’essentiel, il ne saurait être poète. Créer n’est pas disposer le connu, fût-ce d’après des recettes nouvelles. Tant qu’une réalité neuve n’apparaît, qui s’impose contre l’apparence, l’artiste demeure dans le monde de la répétition : et, avec lui, ceux qui le suivent. Or, il n’est rien de si difficile que de quitter le monde de la répétition. Il en est de notre intelligence comme de notre vie quotidienne : elle se satisfait d’évidences bien éprouvées. Dans le domaine de l’art, beaucoup nomment évidence la mode : d’où le manque de sérieux, l’anarchie qui se voient dans les arts. Trop de peintres font de l’abstrait, de la peinture de recherche, comme ils disent, qui ne recherchent rien, mais répondent à la paresse ambiante par une paresse calculée ! À les entendre, ils pourraient peindre comme les maîtres, s’ils le voulaient mais il leur faut trouver autre chose, quoi ? Depuis vingt ans, la peinture n’a rien trouvé : la liberté d’antan, bien assise, est devenue conformisme mondain. »

 

15 décembre

15 décembre 1974

     « La justice ou la fiction de la vérité », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 10 [à propos de la condamnation de Goldman]. « Quels que soient ses procédés, la justice réduit toujours celui qu’elle cite devant elle. Tortures physiques et psychiques sont des exemples extrêmes de cette réduction. Un besoin magique veut que la justice triomphe de l’accusé qu’elle ne peut convaincre de son droit sur lui. Il y a là comme l’envers d’une vérité : idéalement, il s’agirait de juger un homme de sorte qu’il acceptât librement son jugement. Cela supposerait toute une conception du droit, mais aussi de la formation psychologique : et, sans doute, un nouveau rapport social. »



 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

     L’art de mourir
     Les oiseaux nous l’apprennent
     Ils tombent
     Avec les feuilles
     Les nèfles durent
     Plus longtemps qu’eux

     Nul bruit ou presque
     Dès qu’ils sont mûrs
     Vite ils se perdent
     Dans le fossé

     Ce sont les morts
     Les plus pudiques

« L’art de mourir », Chansons du dé à coudre, Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F., 1947.

__________________

Prose

     « Je suis voué, appelé. Bien plus, pour préserver ma faiblesse d’oublier jamais cet appel et ce vœu, je suis infatigablement rappelé, confirmé, par une adorable confiance inflexible. Et j’y réponds encore et toujours, bon gré mal gré : je ne puis cesser de répondre, ni d’être appelé. Si j’abdiquais cette obligation et ce droit, je me deviendrais intolérable et perdrais toute mesure humaine ; je n’aurais plus de lieu parmi les hommes où survivre à ce Nom propre dont j’aurais misérablement avorté. Je réponds donc, et réponds présent. Mais c’est souvent de profundis, du fond de ma misère. Je n’ai garde de croire qu’en répondant à cet appel, en me laissant retirer par lui de l’abîme, je me dépasse ou que l’homme se dépasse en moi. Je reste au contraire, et l’homme reste en tout homme, infiniment en deçà de la dignité infinie à laquelle je suis et nous sommes tous appelés, qui m’est et nous est à tous conférée, justement dans et par cet appel, comme un ordre et une grâce. Ou plutôt, ma façon d’obéir à cet ordre reste infiniment en-deçà de la grâce qu’il contient : quel que soit mon accueil, il est indigne de l’Hôte, mais Tu n’en viens pas moins dans ma maison. Dans ma réponse à cet appel qui est mon Nom, je ne sais que ce qui provient de moi : ma faiblesse. Je réponds par des tâtonnements, des piétinements, autant de vains efforts, mais immenses : je ne puis, je ne suis pas Dieu. Cette faiblesse est un appel : ce constat, une prière. Mais ton appel est aussi, est déjà éternellement une réponse au manque d’être que je suis. Si je puis Te répondre : Viens ! c’est qu’en m’appelant Tu viens éternellement. Ma seule force, ma voix qui T’appelle, je la tiens de Toi, le Vivant qui m’appelles à vivre, et dont l’appel est la dignité que Tu m’imposes, l’inaccessible qui m’étreint, l’ordre donné, le don qui m’ordonne à l’Être. »

« L’état d’urgence », La face humaine, Seuil, 1965, p. 219.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

28 novembre 2019

     M. François Livi, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel, président du Centre de recherche, professeur émérite de Langue et littérature italiennes à l'Université Paris-Sorbonne, est décédé ce 28 novembre 2019. Les obsèques auront lieu mardi 3 décembre à 10 h 30 dans l’église Saint Jean-Baptiste de Grenelle. Travailleur infatigable, il mit jusqu'à sa mort ses très grandes qualités humaines et intellectuelles au service du poète qui l’honorait de son amitié depuis 1966.
     En attendant de plus amples hommages, on trouvera ci-dessous le récit qu’il faisait de sa première vraie rencontre avec Pierre Emmanuel et le premier article qu’il publia sur son œuvre dans la revue La Table ronde.

François Livi, « Ligne de faîte », La Table ronde, n° 227, décembre 1966, p. 147-148.
 

Éditions, rééditions…

Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. » Pierre Emmanuel

     Sur le site de l'éditeur

On en parle...

28 octobre 2019

     Les InfosDijon signalent que Michel Lagrange a reçu le 27e prix de l'association des Poètes de l'amitié. Dans son discours de remerciement il a cité Pierre Emmanuel « à partir d'une de ses préfaces où il plaidait pour "un combat intellectuel et spirituel, un élan vers ce qui nous dépasse et nous métamorphose, la poésie comme exercice, comme acte spirituel dont le risque s'inscrit dans l'existence même, ce n'est pas un jeu, c'est une édification de soi, un destin". »

     On peut lire l’article ici.


30 septembre 2019

     À son tour Le Soir de Bruxelles évoque Pierre Emmanuel à propos de la mort de Chirac en rappelant la création de la Maison de la Poésie.

     On peut lire l’article ici.


26 septembre 2019

     Le journal des arts rappelle que M. Jacques Chirac, « l’allié des arts et de la culture », permit la création de la Maison de la Poésie de Paris, à l’instigation de Pierre Seghers et Pierre Emmanuel.
     L'article ne précise pas que, quelques années plus tôt, Pierre Emmanuel avait porté le projet de la Vidéothèque, aujourd'hui "Forum des images" - ce que rappelle un article du Point, ni que M. Chirac l'avait nommé à la tête de l'INA lors de sa création.

 

     On peut lire l’article du Journal des arts ici,
     celui du Point ici.
     Pour en savoir plus sur la vidéothèque, voir ici.


3 septembre 2019

      Le site lapresse.ca rend hommage au journaliste Pierre Nadeau, mort ce 3 septembre 2019. Elle rappelle :

     « C’est le grand poète et futur académicien Pierre Emmanuel qui se prit de sympathie pour le jeune Canadien et qui lui octroya des petites piges à raison de cinq dollars pièce. »

     On peut lire l’article ici.


3 juillet 2019

     L’Express reprend un article de 1981 : « Poésie contemporaine : Orphée pas mort ! » de Claude Michel Cluny. On y lit le nom de Pierre Emmanuel.

     À lire ici.


26 avril – 16 juin

     L’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) propose, du 26 avril au 16 juin 2019, une grande exposition intitulée Liberté, j’écris ton nom présentant des archives de la vie littéraire sous l’Occupation. Celles de Pierre Emmanuel sont naturellement présentes à plusieurs endroits, en particulier dans la vitrine des revues poétiques.
     François Bordes, délégué à la recherche à l’IMEC, a évoqué Pierre Emmanuel lors de la rencontre qu’il a animée sur la « bibliothèque de l’ombre 1935-1945 », en ouverture de l’exposition.
     Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC le mentionne également à plusieurs reprises dans l’article de Télérama du 29 avril dernier : « L’archive peut toucher du doigt l’histoire dans ce qu’elle de plus intime, merveilleux, terrible ».


5 mars 2019

     M. Jean Mathieu, ancien élève de l’École centrale de Lyon, fondateur et directeur du Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique de 1959 à 1985, est décédé ce 5 mars 2019. Cousin germain de Pierre Emmanuel, il était l’un de ceux qui l’avaient le plus connu durant son adolescence. C’est en effet à ses parents que le jeune Noël avait été confié à sa rentrée au collège des Lazaristes de Lyon, en 1926. Exactement du même âge que Roger, Jean a toujours considéré Noël comme son grand frère.
     C’est à lui que nous devons nombre de détails sur cette époque et de photos de famille (tous droits réservés sur les photos ci-dessous).


Jean Mathieu, sa mère et Noël (Pierre Emmanuel)


La photo est prise par Noël grâce à l'appareil de photo que lui avait offert son père.

 
Jean et Yvette Mathieu (juillet 2013)