PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Juillet 2017


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 16 au 23 juillet (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     -
Jacob, « Le Vivant qui me voit », Seuil, 1970, Oeuvres poétiques complètes, t. 2, L'Âge d'Homme, 2003, p. 34-35.
     - « Un poète devant la beauté », Intervention de Pierre Emmanuel aux journées théologiques de Massy, 11-12 mai 1968, Contacts, Revue française de l’Orthodoxie, XXe année, n° 64, 4e trimestre 1968, p. 273-299.

 

« Les inventeurs honteux », Arts, n° 253, 10 mars 1950, p. 1.



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.

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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2017Bulletin d'adhésion 2017

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

16 juillet

16 juillet 1980

     « La personnalisation du pouvoir », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « Les choses étant ce qu’elles sont, les Français, à moins d’un miracle, devraient faire leur deuil de la démocratie dans laquelle ils se croient encore bien qu’ils n’aient pratiquement plus de Parlement qui se fasse entendre et qu’au lieu de l’opinion publique, ils voient régner sans partage les mass media. Peut-être la démocratie n’est-elle plus nécessaire à une société libérale avancée dont le prince a le sens de la mesure, comme aussi de ce qui, selon lui, est bon pour l’État de la nation ? Il ne semble donc pas que la campagne électorale pose de grands problèmes au candidat officiel.
     Ce n’est pas sur le fond, sur l’anémie de l’idéal démocratique et les conséquences de cette anémie à moyen terme, que l’on débattra demain. Mais on parlera chiffres et, sur ce point, les talents de pédagogues – sinon d’illusionnistes – de nos maîtres et de leurs disciples télévisuels, nous les montrent d’avance sans rivaux. À moins que ces grandes catastrophes économiques – deux millions et demi de chômeurs par exemple – sur lesquelles comptent, comme sur la « divine surprise », ceux qui n’ont pas d’idées neuves à promouvoir, cette élection ne sera pas une élection politique, mais la reconduction d’un vide où les Français, étrangement, ne se sentent pas encore suffoquer.
     Malheureusement, la personnalisation du pouvoir finit par installer un tel vide. »


17 juillet

17 juillet 1949

     R. L., « Chansons du dé à coudre, par Pierre Emmanuel », Les Lettres françaises, 17 juillet 1949, p. 5. « Ce qui étonne le plus dans la fécondité d’Emmanuel, c’est sa faculté de renouvellement. Ses dons et ses moyens sont d’une richesse qu’il gaspille volontiers dans une sorte de délire oratoire où il fait penser à Hugo, et nous savons, depuis les Cantos, qu’il n’est jamais plus grand que lorsqu’il s’avise d’en être avare, de renoncer à la pente naturelle de son lyrisme aux images grandioses et aux vocables prestigieux. C’est même parce qu’un tel dépouillement est au bout de tant de contrainte qu’il a chez lui cet accent si fort et si émouvant. Les Chansons du dé à coudre appartiennent à cette veine directe où le mot intervient, dans le poème, de tout son poids. »


18 juillet

18 juillet 1979

     « Le grand schisme européen », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 5. « En Europe, l’histoire récente fut un tel Moloch que toute une jeunesse a voulu désespérément s’en défaire et nous y a entraînés. Étrangement, beaucoup d’européistes attendent de l’Europe petite qu’ils sont en train de bâtir qu’elle exorcise les crimes d’un continent, réputé universellement égocentrique et coupable de l’état du monde depuis deux mille ans et plus. Je ne suis pas certain que leur entreprise, peu fondée actuellement sur le plan idéal, ait raison de cet esprit autopunitif et suicidaire qui, sur le plan démographique par exemple, annonce de noirs lendemains. »

 

19 juillet

19 juillet 1957

     « Le totalitarisme rampant », article de Pierre Emmanuel dans Témoignage chrétien, n° 680, p. 16. « Quelle tristesse, d’être gouvernés par du vent… On finit par ne plus rien entendre, par ne plus croire à rien. Ce vent emporte les paroles sensées : allez donc parler quand il souffle ! Jamais la presse d’opinion ne fut courbée sous le vent comme aujourd’hui : les quelques rares qui parlent dans le vent, contre le vent, sont des héros ou des Cassandres. Voix pathétiques, enrouées à force de se briser en mutisme, de répéter les mêmes vérités dont nul ne veut… Car nous ne voulons pas que la vérité nous dérange : et quand elle se fait lancinante, nous cherchons des drogues pour en être distraits, du bruit pour que se taise en nous cette sourde inquiétude qui nous vient. Il n’est pas un Français qui ne la sente, derrière les mots menteurs dont il l’endort. Il n’est pas un Français qui ne sache que les formules de fait ne sont pas le fait, et que la distance du langage politique au langage français tout court est en train de devenir sidérale. Le vent des sphères – des hautes sphères – souffle sur un peuple indifférent, que son péché d’indifférence risque de livrer aux apprentis dictateurs. »

 

20 juillet

20 juillet 1967

     André Alter, « Le poète devant Dieu », Témoignage chrétien, 20 juillet 1967, p. 26. « Témoignage chrétien a publié il y a environ trois mois des “bonnes feuilles” du Baudelaire que Pierre Emmanuel a donné à l’excellente collection “Écrivains devant Dieu” des éditions Desclée de Brouwer. C’est un livre important, non seulement parce qu’il a ouvert l’“année Baudelaire” (le poète des Fleurs du mal est mort le 31 août 1887) par une profonde méditation sur un homme et sur une œuvre qui comptent parmi les sources les plus fécondes de la poésie moderne, mais parce qu’il est une lucide introduction à cette poésie même et tout particulièrement aux problèmes posés par la confrontation de la vocation poétique et de l’exigence chrétienne. »

 

21 juillet

21 juillet 1936

     Pierre Emmanuel (alors encore Noël Mathieu) arrive aux USA sur le Normandie. Son père, qu’il croyait mourant, l’attend sur le quai et le "somme d’opter entre les États-Unis et la France". "J’ai appris le début de la guerre d’Espagne le 18 juillet 1936, sur le Normandie, en route pour New York où mon père, trois jours plus tard, allait me demander d’opter entre les États-Unis et la France. Cette même nouvelle qui le rendait impatient de faire de moi un Américain pour de bon me poussait à revenir le plus tôt possible en Europe, mon Europe tragique où, j’en étais sûr, le sort d’une idée de l’homme se jouait." » (France catholique, « Des deux bords à la fois »,n° 1871 du 22 octobre 1982).

 

22 juillet

22 juillet 1981

     2e conférence lors d’un cours de perfectionnement pour enseignants étrangers à l’Institut International d’Études françaises de l’Université de Strasbourg II. Le texte en est retranscrit dans La poésie comme forme de la connaissance. « [J]e vous ai dit qu’un poète – le poète qui vous parle, disons – est un homme beaucoup plus impersonnel que vous ne pourriez le penser, beaucoup moins attentif à ce qui est de l’ordre du sentiment, de l’affectivité élémentaire, et beaucoup plus attentif, en revanche, à ce qui est de l’ordre de ce mystère de l’homme, dont j’ai essayé de vous faire sentir l’importance.
     Si vous le permettez, aujourd’hui, je voudrais d’abord établir un certain nombre de jalons dans l’œuvre de ce poète-là, dont je vais essayer de parler comme si ce n’était pas moi-même. Et d’une certaine manière, ce n’est pas tout à fait moi-même, c’est moi-même et quelqu’un d’autre qui m’habite. »

 

23 juillet

23 juillet 1982

     « Ce Liban qui ne s’appartient plus », article de Pierre Emmanuel dans France catholique, n° 1858. « Je crois profondément, c’est-à-dire, tout court : je crois, que l’esprit travaille le monde actuel au travers de souffrances inouïes, et qu’un jour peut-être proche, les linéaments d’une lecture symbolique globale apparaîtront à qui saura lire non pas scientifiquement, mais psychiquement et religieusement. La douleur, quand elle est vraiment comprise et partagée, est foncièrement hospitalière : c’est ce que révèlent, dans leur sérénité étrange, certaines images du Liban déchiré. Je pense souvent à cette phrase de Teilhard de Chardin dans son Journal de guerre : “à chaque phase de progrès du monde correspond une certaine profondeur nouvelle de mal, et de puissance malfaisante qui s’intègre avec l’énergie libre croissante pour le bien – l’une appelant l’autre, la créant, l’excitant…” Et je me dis que, peut-être, une intelligence plus imaginative, plus spirituelle, pourrait saisir cette correspondance et la maîtriser. »


 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

Isaac le méditatif a usé la trame du ciel
À force de contempler les étoiles,
Sans pouvoir distinguer l’un de l’autre le courroux et la
munificence de Dieu.

Pourtant Isaac aime Dieu, mais seulement quand il ne pense
pas à L’aimer : distrait de Lui furtivement par les choses.
Distrait de ce mont et de cette tour qui font ombre sur tous
les chemins
L’un toujours en conversation avec la foudre
L’autre si vieille chauffant son ventre au soleil couronnée et chaperonnée.
Même couchée dans la caverne funèbre face aux plaines de Chanaan
La Mère massive donne à téter la dense opacité de la nuit.
Et le Père neigeux a beau dormir auprès d’elle c’est lui
toujours le mont Moria
Sans cesse la mémoire reprend le même sentier dans la montagne,
Que l’enfant suit portant son fagot.

Jacob, « Le Vivant qui me voit », Seuil, 1970.

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Prose

     « … [L]e visage humain reste pour moi le lieu de toutes les beautés. Et je dis qu’il reste d’autant plus le lieu de toutes les beautés qu’il n’est pas beau, en général. La beauté du visage humain est rare dans sa perfection esthétique. Mais je crois que cette perfection esthétique de la beauté est justement un masque pour la réalité de la beauté, cette autre réalité qui fait que les êtres que nous sommes, qui sont des êtres en général laids, abîmés par la vie, usés par elle, fatigués pour toutes sortes de raisons, obligés de lutter contre la pesanteur de notre existence et le sentiment de lassitude qui nous envahit constamment, des êtres donc constamment en lutte pour la conquête de cette vitalité qui nous est si nécessaire, et qui nous manque toujours, ces hommes-là, ces êtres-là que nous sommes, ils sont beaux précisément de ce fait, ils sont beaux parce que chacun de leur visage à sa manière – et même chacun de leur corps, enfin, tout l’être – exprime vraiment ce que c’est que d’être homme, en particulier dans les moments de grande attention où, tout d'un coup, toute notre banalité est transfigurée et nous sommes ouverts, nous apparaissons enfin dans nos véritables profondeurs. »

« Un poète devant la beauté », Intervention de Pierre Emmanuel aux journées théologiques de Massy, 11-12 mai 1968, Contacts, Revue française de l’Orthodoxie, XXe année, n° 64, 4e trimestre 1968, p. 273-299.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

     Aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     Poèmes de la résistance, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, choix de textes et préface de Ginette Adamson.

 


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson.


On en parle...

21 avril 2017

Soirée à la Maison de la Poésie :
Pierre Emmanuel, Un poète dans la résistance

Plus de renseignements ici


15 avril 2017

     P. Jean Radermakers, s. j., publie un long article : « Lazare, dehors ! » sur le poème « Résurrection de Lazare » d’Évangéliaire, dans le dernier numéro de La Vie consacrée. En voici le premier paragraphe :

     « Un poète peut-il être aussi exégète ? Pourquoi pas ? En cette année 2016 où nous commémorons le centenaire de la naissance du grand auteur français malheureusement trop méconnu Pierre Emmanuel (1916-1984), il est peut-être utile de montrer comment un poète peut lire et commenter l’Ėvangile à l’égal d’un bibliste. Nous choisissons un poème extrait de son ouvrage Ėvangéliaire écrit en 1961. Sollicité de composer une préface à un album d’art traitant de la Nativité de Jésus, Pierre Emmanuel s’était laissé fasciner par la vie du Christ et, pris au jeu de la transposition poétique, en avait réalisé une sorte de " diatessarôn" (quatre évangiles en un seul) où il reparcourt l’itinéraire terrestre de Jésus qu’il raconte poétiquement à ses contemporains. Ce n’est donc ni une explication savante du texte, ni une élévation spirituelle ou priante, mais tout simplement un poème de vie. »