PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Janvier 2019


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 13 au 20 janvier (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - Chansons du dé à coudre, 1e éd. 1947 Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F., Seuil, 1971, p. 57, Oeuvres poétiques complètes, t. I, L'Âge d'Homme, 2001, p. 510.

     - « Pour en finir avec la femme-objet », La vie terrestre, Seuil, 1976, p. 80-81.

• Regard sur... Louise Labé.

Des nouvelles dans "On en parle...", colonne de droite: livres, émissions et articles nouveaux sur Pierre Emmanuel.


 La lettre de l'Association des Amis de Pierre Emmanuel et le bulletin d'adhésion 2018. Merci aux généreux donateurs !



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.


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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2018Bulletin d'adhésion 2018

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

13 janvier

13 janvier 1966

     T., « Aux Midis de la Poésie - Pierre Emmanuel et la lecture poétique », Le Soir, 13 janvier 1966, p. 2. « C’est de la lecture poétique, que Pierre Emmanuel a entretenu mardi, les auditeurs des « Midis de la poésie ». De la lecture à voix basse, que l’on fait pour soi ; de la lecture à haute voix qui confère l’espace et la sonorité à ce que l’on a découvert dans le silence. L’une et l’autre appellent un état certain de contemplation, un effort d’appropriation et de participation. Lisant un poème, le lecteur se trouve devant un secret, devant le fruit d’une longue attention : le poète, en effet, cherche à dire le plus dans le moins ; celui qui le lit, s’il veut vraiment participer à ce secret, goûter ce fruit, doit être capable d’accomplir lui aussi cet effort, d’apprécier la construction du poème, son élaboration.
     Après quoi l’auteur de ce livre admirable qu’est La face humaine lut quelques poèmes qu’il commenta avec autant de sobriété que d’efficacité […]. Causerie certes familière, mais aussi réflexions fondamentales qui, comme toujours lorsque parle Emmanuel, surent créer entre lui et la salle cette communication, cette participation que parviennent à susciter ceux qui ont véritablement quelque chose à donner. »

 

14 janvier

14 janvier 1975

     « L’Amérique et son histoire vivante », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, 14 janvier 1975, p. 2. « On n’aime guère l’Amérique en France. Et pourtant si : on lui en veut de n’être pas ce qu’elle est. On a dans le cœur l’étrange anachronisme qu’elle est fille de la Révolution française, sans doute à cause de Thomas Paine, de Franklin et de Jefferson. La révolution française et la révolution américaine ne sont rien moins que jumelles. Leurs effets se poursuivent sous des formes très différentes dans l’un et l’autre pays. Ni les institutions ni les mentalités politiques ne se comparent, même de loin. Les Américains, tout conformistes qu’ils peuvent être, sont aussi, sur certaines questions d’éthique sociale, plus imprévisibles et hardis que les Français. Cela tient au fait que chez eux l’idée coercitive d’État joue un moins grand rôle que celle, dynamique, de nation, et que, paradoxalement, cet agrégat de races a, beaucoup plus fortement que nous, le constant besoin de se sentir un peuple. »

 

15 janvier

15 janvier 1952

     Enregistrement d’une émission de la série « Des idées et des hommes », de Jean Amrouche sur « La crise de la culture et de la conscience européenne ». Pierre Emmanuel en est l’interlocuteur unique, et parle de son livre Babel. « Il est bien évident qu’un livre écrit sur un espace de plusieurs années est la somme d’expériences diverses mais toutes situées dans le temps même que nous vivons. La première chose que je voudrais dire, c’est qu’un tel livre représente une conquête sur le temps. Il faut avoir le temps pour écrire un livre de cet ordre, et je le dis parce que j’ai éprouvé une satisfaction et un bonheur que, je crois, l’on n’éprouve plus guère aujourd’hui, dans ce sentiment que j’avais le temps. Que le temps était devant moi, autour de moi, et d’une certaine manière que j’étais en relation avec ce futur et ce passé d’une manière non pas univoque mais multiple. »

 

16 janvier

16 janvier 1982

     « Contre la névrose anti-américaine », article de Pierre Emmanuel dans Le Monde, p. 2. « À la fin des années 40, le neutralisme fut une façon de rejeter le communisme sans s’attaquer de front à lui. Ce neutralisme était souvent doublé d’anti-américanisme, du fait, entre autres, de la paranoïa maccarthyste, dont ceux qui l’ont subie n’oublient pas la bêtise et la ténacité. On trouverait la trace de cet anti-américanisme dans un article du Monde où, dans le style du temps, je traitais le président Truman de “marchand de bretelles”.
     La mode était alors de qualifier les Américains de “barbares”, et, chez certains Français, il en va toujours ainsi. Le maccarthysme est mort depuis un quart de siècle, mais l’anti-américanisme se porte encore fort bien. J’en comprends maintenant les raisons inconscientes, celles d’un complexe au sens psychanalytique du mot. Si ce complexe devenait une composante de la politique, il risquerait d’ouvrir à brève échéance un fossé entre l’Amérique et l’Europe de l’Ouest. »

 

17 janvier

17 janvier 1951

     Diffusion d’une émission radiophonique consacrée à Pouchkine dans le cadre des « Poètes du monde en 1850 ». « Le mot “poète” est à la fois l’un des plus nobles et l’un des plus prostitués. S’avouer poète, c’est reconnaître qu’on n’est pas comme tout le monde, qu’on est resté à l’état d’enfance, et qu’on s’entend, de la part des grandes personnes, à toutes ces complicités bêtifiantes qu’elles réservent aux seuls enfants. Quoi de plus enfantin, je vous le demande, que d’aligner des vers plutôt que de faire des choses sérieuses ? Les poètes, comme les fous, sont un sujet d’indulgence inépuisable pour les gens sages et de sens rassis. Pour les femmes également, qui les traitent avec toute la gentillesse qu’elles déploient pour les chiens de luxe ou les oiseaux. “Charmant poète ! Joli poète !” diront-elles du plus cruel, du plus lucide des hommes, qui les regarde avec des yeux sans pitié et tout à l’heure va les mettre à nu et les déchirer dans ses vers. »

 

18 janvier

18 janvier 1964

     « En chemin », Réforme, n° 983, p. 13. « Cette protestation, comme beaucoup d’autres en ces dernières années, nous replace devant l’un des problèmes de fond qui se posent à l’homme moderne : celui de son rapport avec la nature. Il ne suffit pas de l’évoquer poétiquement, comme je l’ai fait il y huit jours ici-même. Au train où vont les choses, une telle évocation poétique n’aurait bientôt plus de sens. La grande majorité des citadins se résignent – quand d’aventure ils y accordent une pensée – à la modification accélérée de la nature. Je ne suis pas sûr qu’ils n’en tirent un sentiment de fierté. La métamorphose de la nature est l’image de la puissance de l’homme : ce changement se fait parfois en beauté, bien que les chances quotidiennes de la laideur soient plus grandes. Mais, beau ou laid, l’espace que l’homme pétrit et bâtit, c’est lui-même. La nature est de plus en plus celle de l’homme, de moins en moins cette réalité autre qu’il y cherchait en sortant de soi. »

 

19 janvier

19 janvier 1979

     Alain Bosquet, « Les interrogations de Pierre Emmanuel », Le Monde, p. 13. « [D]ans les Cantos et les Chansons du dé à coudre, [Pierre Emmanuel] se fait élégiaque, oublie ses colères et traduit de la vie intime comme de la vie publique un aspect plus riant, sans qu’il soit mineur.
     Peut-être n’a-t-on pas attaché assez d’importance à une veine plus secrète de sa poésie : celle où, dans un langage étonnamment concis, Pierre Emmanuel exprime ses incertitudes, son combat avec lui-même, son besoin aussi de ne pas céder trop vite à la lumière déjà faite, mais où il évolue devant la lumière à faire. Ce lyrisme-là, comme extorqué à la conscience et encore plongé dans l’inconscient, il le pratique en amoureux de chaque syllabe, un peu en héritier de Baudelaire et de Hölderlin. Jadis, Visage nuage, entre autres, nous donnait de son introspection une vue presque monastique. Aujourd’hui, Una ou la mort la vie renouvelle, en la modernisant, la même expérience. »

 

20 janvier

20 janvier 1954

     André Billy, « Enthousiasmes et déceptions d’un poète de la Résistance », Le Figaro, p. 11. « M. Pierre Emmanuel est un des rares poètes lyriques que nous ayons. Il a été révélé par la Résistance et la Libération. Lyrique d’idées, surtout, et parfois obscur, comme tous les visionnaires, il a d’incontestables dons d’éloquence ; l’emportement de son verbe est beau.
     Je signale son dernier poème, Babel (DDB), paru il y a quelque dix-huit mois, comme représentant sa dernière et sa plus significative attitude devant le mystère de notre destinée terrestre : elle est celle d’un prophète et d’un mystique, d’un chrétien aussi peut-être, mais d’un chrétien assurément plus attaché aux symboles qu’aux dogmes, et chez qui la foi ne semble avoir pour fonction que de supporter, de nourrir l’inspiration poétique. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          Rien non n’est ineffable
          Une touche d’or suffit
          Un pas d’oiseau sur le sable
          Et tout est dit

          Des mots plus légers que plume
          S’en vont très loin dans le vent
          La moindre étincelle allume
          Le brasier le plus ardent

         Ne rien dire c’est tout dire
         D’un jeu de cils
         Bien plus que le vain délire
         Nous déchire
         Un accord de tons subtils

         Le vrai souffle se mesure
         Non point à l’ampleur du cri
         Mais au juste et fin murmure
         Qu’il sauve de l’inouï

         Quand l’haleine se fiance
         Par amour
         Au sommeil feint du silence
         L’indicible voit le jour

        Et bugle viole ou flûte
        Deux mesures : l’éternel
        S’éprend de cette minute
        Où s’ordonne tout un ciel

Chansons du dé à coudre, 1e éd. 1947 Fribourg-Paris, Egloff-L.U.F., Seuil, 1971, p. 57.

__________________

Prose

     « Ainsi l’homme et la femme d’aujourd’hui ne sont devenus sexuellement libres qu’au prix d’une profanation de l’érotisme et d’une insignifiance corrélative de la sexualité. Au lieu de s’élancer ensemble à la redécouverte d’un monde, ils assistent séparément, mais coopèrent chacun à sa manière – en acceptant que les choses soient définitivement ce qu’elles sont – à l’abolition ou à la banalisation sociologique d’un souvenir idéal de l’espèce, d’une finalité. Le plaisir sexuel est traité comme un tout qui se suffit à lui-même, bien de consommation produit par ces machines, les corps. Mais la plupart des corps, qui en tant qu’outils n’ont aucune imagination et guère plus de capacités sensorielles, sont des machines maladroites fournissant un produit décevant. Fabriquer de la jouissance suppose certes une technique, mais qui dépasse le corps en tant qu’outil. D’ailleurs le mot technique convient-il ? Ce n’est pas de l’utilisation du corps qu’il s’agit, mais de l’attention que l’individu porte à son corps comme à la manifestation de tout son être ; et de même à l’autre corps, donc à l’autre être, avec lequel il fait l’amour, il crée l’amour. Car le corps est l’être. Si, dans le plaisir, l’être est pris pour instrument, il se refuse comme être : il se contente, si l’on peut dire, d’aller jusqu’au bout de son mouvement mécanique. Cela est tout à l’avantage d’une société mécanisée : s’il n’était mécanisé à son image, le plaisir risquerait de la détraquer, d’y provoquer une cassure entre les cadences de production et le rythme de l’attention interne, entre le temps où l’on pointe et la durée concrète de l’amour. »

« Pour en finir avec la femme-objet », La vie terrestre, Seuil, 1976, p. 80-81.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?
 

Éditions, rééditions…

On en parle...

12 janvier 2019

 

     Le P. Xavier Tilliette, s. j., qui écrivit plusieurs critiques des œuvres de Pierre Emmanuel, en particulier dans la revue Études, est décédé récemment. Le P. Jean-François Thomas, s. j., lui consacre un article sur le site aleteia.org dans lequel il note :
     « Ce n’est pas un hasard si, parmi les rares livres qui garnissaient encore sa chambre de vieillard diminué, figurait l’ouvrage de Pierre Emmanuel, Babel, où le poète rédige une Hymne de la condition humaine comprenant ces vers :
     Ce Dieu dont vous vouliez provoquer le hasard
     Est un cancer dont le hasard est la pâture
     Votre besoin de lui est sa seule nature
     Et c’est à vous ronger qu’il exerce son art. »

     On peut lire l’article ici.

15 novembre 2018

     France Bleu consacre une émission de deux minutes à la Maison de la Poésie, occasion d’entendre le nom de Pierre Emmanuel. Voici ce qu’on peut lire sur son site :

     « Cette Maison de la Poésie, de la ville de Paris, à la fois un lieu de création, de diffusion et de rencontres, a été créée en 1983, initialement consacrée à la poésie contemporaine. Elle est installée dans le Théâtre Molière, dans le 3e arrondissement donc. Elle a été créée par Jacques Chirac sur une idée de l’éditeur et poète Pierre Seghers et de Pierre Emmanuel. En fait, avant 1995, ils se réunissaient sur la terrasse du Forum des Halles. »

     On peut l’écouter ici.


À Bosdarros (près de Gan)

     M. Daniel Trallero envoie ces deux photos d’une stèle datant de 1989, érigée à Bosdarros (à 3 km de Gan) dans un parterre devant l’église St Orens, juste derrière le Monument aux Morts, sur laquelle est gravée un vers de Pierre Emmanuel : « vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre ».

 

 

     La phrase inscrite est tirée de « Hymne à la Liberté, d’abord paru dans la Suisse contemporaine, 1e année, n° 6, juin 1941, p. 379-381 et repris dans Jour de colère (Œuvres poétiques complètes, t. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 177).
     En voici la strophe complète :

          Au calme de ton firmament intérieur
          Tout répond, des arbres immobiles en prière
          aux maisons contemplantes et aux monts.
          Cet air natal de l’oraison n’est que Chant nu
          paysage inépuisable et pacifiant de l’âme
          accord de l’arbre au rythme clair des horizons
          et merveilleuse humidité de la vision.
          Tendu dans la présence orante je suis libre
          et me tiens droit drapé dans le limon des morts,
          aimé de dieu. L’oblation de mes mains noires
          c’est le monde par moi vivant et libre encor
          ce monde que dieu m’a donné pour que j’y vive
          ce monde sans figure et sans voix dont je suis
          le visage et le chant futurs car je suis libre
          et rien ne brise mon regard transfigurant.
          Vous ne pouvez emprisonner la vision
          vous ne pouvez empêcher l’arbre d’être libre :
          la face de vos victimes l’avez-vous vue
          dans la gloire tragique et crue de la souffrance
          comme un stigmate ineffaçable au cœur de dieu ?


1-2 novembre 2018

     Entre 03:26 et 04:01, dans la nuit du 1 au 2 novembre, Les Nuits de France culture proposent une rediffusion de l’émission Le poème et son image - Jean Grosjean (1ère diffusion : 12/04/1956 Chaîne Nationale), par Pierre Emmanuel - avec Jean Grosjean - Réalisation Harold Portnoy.

     À écouter ici.