PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Septembre 2017


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 17 au 24 septembre (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - 
« Manchettes de journaux », Tristesse ô ma patrie, Fontaine, Paris, 1946, Œuvres poétiques complètes,t. I, L’Âge d’Homme, 2001, p. 471-472.
     - « Les critiques et la poésie », La Revue du Caire, n° 149, avril 1952, p. 382-395.

« L’école nous remet en question », Pierre Emmanuel, Le Figaro, 24 novembre 1973, p. 1, 21.


• Un nouvel article de M. Daniel Trallero à Gan (colonne de droite).

Une "Note inédite de Pierre Emmanuel" sur le site de M. Jean Sur (colonne de droite).



IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.

• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2017Bulletin d'adhésion 2017

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

17 septembre

17 septembre 1982

     « Vivre libre ou mourir », article de France catholique, n° 1866. « Identifier liberté et bonheur, c’est faire un contre-sens de principe entre la satisfaction réitérée de besoins croissants et l’accord d’un être avec sa fin absolue. Notre société chasse les individus hors d’eux-mêmes, vers des objets de plus en plus centrifuges, les soumettant à une sujétion qui anémie en eux la liberté, qu’ils confondent avec la libération de leurs désirs.
     Saurions-nous encore ce qu’est la liberté s’il nous fallait défendre demain, non le droit au bonheur tel que le conçoit notre société permissive, mais celui bien plus fondamental de la personne humaine à la transcendance de la vérité ? »

 

18 septembre

18 septembre 1963

     Jean Lebrau, « Deux nouveaux ouvrages de Pierre Emmanuel », Éclair-Pyrénées, 18 septembre 1963, p. 2. « Deux nouveaux ouvrages de Pierre Emmanuel justifieraient s’il en était encore besoin le choix par l’Académie pour son Grand Prix de Poésie de cet écrivain dont la richesse de pensée nous fait hélas ! mesurer notre propre indigence, et qui d’autre part poursuit depuis son premier recueil une quête en poésie dont l’inquiétude du chrétien est le levain, là encore enrichissant sans cesse nos méditations par la sienne… cri astringent dont la strideur dessèche – au plus lointain de ses nerfs l’infini – j’ai soif… l’abîme est cette éponge rêche – Jésus pour nous en exprime la nuit. »

 

19 septembre

19 septembre 1969

     Marcel Lobet, « Sous la présidence générale de Pierre Emmanuel, Le XXXVIe Congrès international du Pen Club à Menton », Le Soir, 19 septembre 1969, p. 7. « “La littérature, si elle connaît des nations, ne connaît pas de frontières, et les échanges littéraires doivent rester en tout temps indépendants des accidents de la vie politique des peuples.”
     Ce premier article de la charte du Pen Club International a été rappelé et commenté au cours de la journée inaugurale du congrès que des centaines d’écrivains tiennent en ce moment à Menton.
     Ce rassemblement annuel des lettres internationales a été marqué par un premier événement : l’élection de Pierre Emmanuel à la présidence générale, en remplacement d’Arthur Miller. Un grand poète français succède ainsi à un illustre dramaturge américain. »

 

20 septembre

20 septembre 1974

     « Le grand chantier de l’imaginaire », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 1, 31. « Voilà des années que je réfléchis, seul ou en équipe, aux grandes questions de la société nouvelle : un enseignement rénové, une culture ouverte à tous, des collectivités où les hommes ne se sentent pas perdus mais solidaires. J’ai parlé, discouru, écrit, donné des avis, imaginé des projets. Mes collègues du Conseil du développement culturel et moi, nous avions préconisé une politique des mass media capable de prévoir, au moins en partie, les grands changements qui s’annoncent, et ainsi de les orienter, de les maîtriser. Notre volonté de participation s’était brisée contre les cloisons administratives, après avoir été paralysée par le manque de moyens. À l’époque, j’avais insisté sur les formes possibles de la concertation entre le pouvoir et les citoyens. L’une d’elles consiste à confier des tâches précises à des hommes n’appartenant pas à la fonction publique. De ce fait, alors que je ne m’y attendais pas, j’ai été mis au pied du mur, avec vingt-quatre heures pour accepter ou refuser. Refuser eût été me retrancher dans un univers de paroles, et ainsi les rendre vaines, m’interdire tout droit de juger du réel. J’ai donc accepté, en me rendant compte de la difficulté de la tâche, mais aussi de sa portée. »

 

21 septembre

21 septembre 1972

     Maddaien Narbaits, « Pierre Emmanuel, Pour une politique de la culture », Démocratie moderne, 21 septembre 1972, p. 22. « C’est dans le chapitre intitulé “cheminement d’une idée” que l’on comprend comment l’expression “politique culturelle” est “un changement d’ordre de grandeur et non pas seulement une formule à effet” ; et aussi qu’elle “oblige à repenser à la fois le rôle du ministère des Affaires culturelles, sa place dans le gouvernement et ses relations avec les autres ministères “à vocation culturelle”.
     Après avoir brossé à grands traits les principales propositions et certaines implications du rapport de la Commission, quelques lettres des correspondants de P. Emmanuel montrent de quelle façon des hommes d’âges divers conçoivent et vivent cette nouvelle idée de la culture. Les commentaires de P. Emmanuel prouvent avec éloquence que “le projet culturel n’est pas l’affaire des grands hommes” et qu’il dépend de chacun de créer “les plus hautes formes de vie”. Ainsi se trouve préfiguré ce que pourrait être un humanisme de notre temps. »

 

22 septembre

22 septembre 1945

     Loÿs Masson, « Un livre de colère », Les Lettres françaises, n° 74, p. 3. « « La liberté guide nos pas ». Je sais comment elle a guidé Emmanuel. Que les doux me jettent la pierre (polie) qu’ils réservent à mon intention : la colère est la mesure de l’homme droit. Cette colère, Emmanuel ne l’a jamais refusée. On n’a pas oublié de quel prix hier, on la faisait payer. La monnaie des douze balles, le chèque tiré sur le camp de concentration : qui d’entre nous, ne serait-ce qu’une fois, n’a pas vu le moment où il allait être prié de passer au guichet ? Mais on gardait sa colère, sa seule richesse. Elle était le meilleur que pouvait offrir un homme – la liberté, la joie, la tendresse même s’en habillaient. Et aujourd’hui où tant de ceux qui frappèrent la monnaie de mort sont encore vivants, et prospèrent, et achètent l’indulgence aux marchands, c’est encore à la colère que je tiens. »

 

23 septembre

23 septembre 1971

     Maurice Denuzière, « La lettre et l’esprit de la chartre », Le Monde, p. 14. [À propos de l’élection du président du P.E.N. international] « Pour les observateurs impartiaux, il y eut plus de fantaisie et de manque d’organisation que d’irrégularité dans la consultation, et M. Pierre Emmanuel, qui au cours de son mandat dut décevoir certains en ne restant pas le “président potiche” qu’ils souhaitaient, s’était vu depuis le précédent congrès de Portoroz critiqué par les Anglo-Saxons tout puissants au Pen. Il avait, d’autre part, été condamné par les représentants des pays de l’Est pour avoir signé le manifeste en faveur de l’écrivain soviétique Soljenitsyne.
     On entendit, en effet, un des observateurs russes, M. Nicolas Fedorenko, ancien ambassadeur d’URSS à l’ONU et à Pékin, directeur des éditions de littérature étrangère à Moscou, déclarer sans aucune gêne devant le Congrès : “Dans le monde socialiste un écrivain doit, à travers ses œuvres, défendre le socialisme, et nous nous déclarons ouvertement contre une littérature qui serait complètement ou plus ou moins non engagée. Nous sommes contre l’art pour l’art en littérature”. »

 

24 septembre

24 septembre 1984

     Gérard Guillot, (page dirigée par Guy Lagorce), « Pierre Emmanuel était le poète des plus hauts défis », La vie culturelle, Lundi 24 septembre 1984, p. 18-19. « Troisième langage : le plus haut, le plus libre, le plus révélateur aussi. Une poésie prophétique et cosmogonique, tragique et biblique. Ambition démesurée de vouloir imaginer et orchestrer une genèse du monde. Folie créatrice de tenter d’unir l’omnipotence de Dieu et l’autonomie de la personne. Désir immanent de transfigurer par la voix poétique et la chair et la femme et l’amour, de vaincre aussi l’aliénation du couple, de fusionner enfin l’Eros et la foi…
     À cet égard, Pierre Emmanuel est, sans aucun doute, le poète le plus important et le plus primordial des trente dernières années. Il a osé, en toute liberté, dire le culte de "l’éternel féminin", vanter l’amour corps-âme de la femme, proclamer l’accomplissement de l’homme dans l’unité du couple… et cela, pour la plus grande gloire de Dieu… et cela malgré ceux qui s’emploient indéfiniment à vouloir en finir avec Dieu… Place exaltante donc du poète lorsqu’il mène un combat épique pour la redéfinition perpétuelle de l’homme face à lui-même, face à ses doubles dont la femme, et face à Dieu. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          Quand la Mort tient l’affiche et beugle en lettres noires,
          l’Agneau saigne de l’encre à l’étal des bouchers :
          happez, les fauves ! l’odeur fraîche vous débusque,
          les titres gras, le sang à la une… Je crie
          aux bouches du métro l’écroulement des mondes,
          aux portes du bordel les meurtres par amour,
          je brandis contre vous l’étendard des famines,
          repus ! et mon poing bande à hauteur de vos jours.

« Manchettes de journaux », Tristesse ô ma patrie, Fontaine, Paris, 1946.

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Prose

     « Je me rappelle la réponse que me fit le directeur d’un illustre magazine littéraire où l’on parle surtout de chasse à la baleine et d’aventures d’espionnage derrière le rideau de fer, quand je lui proposai, à l’occasion d’une exposition Victor Segalen, un article sur cet homme qui fut l’exemple même de l’humanisme moderne tel qu’il tend à disparaître, hélas ! De sa voix boulevardière, avec un rien de mépris dans l’ironie, il me répondit en nasifiant les voyelles : “Mon cher, ça n’est pas actuel”.
     En effet, ça n’est pas actuel. Il n’est plus actuel de penser à la vie profonde de l’homme. Nous ne savons plus lire les poètes, non parce qu’ils s’enferment dans un langage hermétique, mais parce que nous ne savons plus méditer, nous greffer sur, une réalité plus vaste que nous, la nature, l’univers des hommes, Dieu. La poésie, langage par excellence de la vie intérieure, fille d’honneur de la religion, comme le disait Coventry Patmore, nous est étrangère parce que nous n’avons plus rien .à nous dire à nous-mêmes, parce que nous ne prions plus, et n’avons plus le temps d’aimer. Comme tout autre, le critique en est là : ce n’est pas en trois colonnes de journal qu’il peut espérer inquiéter la conscience de gens qui ne veulent qu’une chose : demeurer endormis. Quand il lui tombe un livre de poèmes dans les mains, il […] éprouve ainsi l’apparente absurdité d’un langage qui n’a rien de commun avec la prose, ni la démarche spirituelle, ni la formation de la chose à dire; aller plus loin que cette absurdité demanderait trop de temps. Certes, il faut beaucoup de temps pour être un homme : toute une vie. La poésie, c’est la parole qui se fait avec l’homme. On comprend qu’elle soit anachronique, en un temps où l’homme se défait. »

« Les critiques et la poésie », La Revue du Caire, n° 149, avril 1952, p. 382-395.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

     Aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     Poèmes de la résistance, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, choix de textes et préface de Ginette Adamson.

 


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson.


On en parle...

Septembre 2017

     M. Jean Sur présente sur son site une très belle note inédite de Pierre Emmanuel, écrite pour un projet d’édition commun en 1967.

     On peut la lire ici.


Juin 2017

     M. Daniel Trallero a fait paraître en juin un article sur Pierre Emmanuel intitulé « De Noël Mathieu à Pierre Emmanuel », très riche sur la période gantoise.

     On peut le lire ici.


21 avril 2017

Soirée à la Maison de la Poésie :
Pierre Emmanuel, Un poète dans la résistance

Plus de renseignements ici


15 avril 2017

     P. Jean Radermakers, s. j., publie un long article : « Lazare, dehors ! » sur le poème « Résurrection de Lazare » d’Évangéliaire, dans le dernier numéro de La Vie consacrée. En voici le premier paragraphe :

     « Un poète peut-il être aussi exégète ? Pourquoi pas ? En cette année 2016 où nous commémorons le centenaire de la naissance du grand auteur français malheureusement trop méconnu Pierre Emmanuel (1916-1984), il est peut-être utile de montrer comment un poète peut lire et commenter l’Ėvangile à l’égal d’un bibliste. Nous choisissons un poème extrait de son ouvrage Ėvangéliaire écrit en 1961. Sollicité de composer une préface à un album d’art traitant de la Nativité de Jésus, Pierre Emmanuel s’était laissé fasciner par la vie du Christ et, pris au jeu de la transposition poétique, en avait réalisé une sorte de " diatessarôn" (quatre évangiles en un seul) où il reparcourt l’itinéraire terrestre de Jésus qu’il raconte poétiquement à ses contemporains. Ce n’est donc ni une explication savante du texte, ni une élévation spirituelle ou priante, mais tout simplement un poème de vie. »