PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Février 2017


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à revoir ici.

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 26 février au 5 mars (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « Maison de l’Être », Sophia, Seuil, 1973, Œuvres poétiques complètes, L'Âge d'Homme, t. II, 2003, p. 385
.
     - Culture, noblesse du monde, « Les mass media », Stock, 1980.

Regard sur... Verlaine.


IMPORTANT : Les photos, textes et autres documents de ce site ne sont pas libres de droit, ceux de Facebook ou des affiches non plus.

• Rappel : les liens sont visibles lorsqu'on passe sur le texte.
               Pierre Emmanuel a sa page facebook (ici).

 
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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2016Bulletin d'adhésion 2016

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

26 février

26 février 1972

     Jean-Jacques Fouche, « Réflexion sur l’inacceptable », Réforme, p. 18. « Qu’un poète soit devenu, par le biais de l’“établissement” et la grâce de l’Académie française, président de la commission des Affaires culturelles pour le VIe Plan est une bonne chose puisque cela a “ouvert” cette commission à une vision. Pierre Emmanuel s’explique sur cette “aventure” qu’il a incontestablement souhaité. / Jusqu’alors la politique de la culture se trouvait être pratiquement absente ; la culture et la politique ne respirant pas le même air et, comme la politique est nécessairement partisane, la grande affaire consistait à les isoler, en évitant de “faire de la politique” avec la culture. / Un des mérites du livre sera de rétablir ce rapport de la politique à la culture ; au sens d’une soumission des moyens. Si la lumière ne vient pas de la politique, nous savons trop bien comment de “mauvaises” politiques de l’urbanisme, de l’enseignement, des moyens d’information... peuvent rétrécir de jour en jour des horizons, pour ne plus rien laisser, sinon des vies aliénées, dont le champ clos brise les volontés. »


27 février

27 février 1943

     Pierre Dupouy, « L’an mille et nous », La Croix, 27-28 février 1943, p. 4. « Aujourd'hui nos souffrances ne sont ni muettes ni vaines pour ne se point exprimer dans la pierre, mais dans la floraison de notre jeune poésie presque tout entière chrétienne. Notre Apocalypse à nous et les terreurs de notre temps tressaillent, on l'a remarqué, dans les vers d'un Pierre Emmanuel:
     On a peur
     jusque dans le tombeau - on se tend, on épie
     le mutisme, on apprend à mourir, on se tait
     plus fort! en entendant les longs cris de torture,
     on est seul par millions sans patrie que la Peur.
 »


28 février

28 février 1964

     « En chemin », Réforme, n° 988, p. 13. « Ces trois livres sur ma table ont pour auteurs des poètes protestants. Leurs poèmes le sont-ils ? Existe-t-il encore une esthétique dérivée de la Réforme ? Une pensée, oui : souvent tournée contre elle-même, elle a joué, de Gide à Sartre, un rôle capital dans la formation de l’esprit du temps. Mais un souffle, un chant de l’âme ? Je ne sais. Et les inductions resserrées dans ce petit espace ne convaincront personne, je le crains.
     J’ai pourtant idée de ce que pourrait être une inspiration calviniste. Il suffit, pour en pressentir des exigences, de se reporter au texte de Calvin qui préface à Louange et Prière. Le chant, ici, participe du sacré de la parole. Il s’élève en présence du Dieu Saint, dont il fait éprouver la transcendance. L’inspiration est ardente, véhémente. Toute joie humaine est, par le chant, réduite à Dieu comme à sa vraie fin. »


1 mars

1 mars 1945

     Pierre Emmanuel, « Deux poèmes [« Manchettes de journaux » (22-23) et « Caricature » p. 24] », Espace, n° 1, 1 mars 1945, p. 22-24.


2 mars

2 mars 1981

     « Comment écrire les discours de Leonid Brejnev », Le Figaro, p. 2. « C’est une grande satisfaction pour l’humoriste de voir hommes politiques et commentateurs aussi fidèles à eux-mêmes, comme d’ailleurs les dirigeants soviétiques de congrès en congrès du parti. Le sérieux avec lequel on analyse à l’Ouest le contenant et le contenu de leurs déclarations n’a d’égal que leur monotonie imperturbable dont le rituel est fixé mot pour mot. Laissons donc les kremlinologues — il faut bien que tout le monde vive — se prouver une fois de plus leur compétence, et demandons-nous comment nous ferions, seuls ou en équipe, si nous avions à rédiger le discours de M. Brejnev.
     Réponse : nous nous procurerions une méthode Assimil pour nous initier à la “langue de bois” parlée par tout bon cadre communiste. Il commence d’en exister d’assez bonnes chez nos éditeurs. »

 

3 mars

3 mars 1954

     Anonyme, « L’ouvrier de la onzième heure, par Pierre Emmanuel », Journal de Genève, 3 mars 1954, p. 7. « Le poète catholique Pierre Emmanuel, dont l’œuvre prit son essor dans ce renouveau poétique né de la Résistance, qui devait si vite se disperser et dépérir, poursuit ici l’examen de conscience dont Qui est cet homme reste le témoignage attachant. Il y explorait cette « vie intérieure » qui demeure la source de toute vraie poésie. Aujourd’hui il examine, sans tendresse, son action – ou plutôt son inaction – sur le plan politique depuis 1936. C’est là le livre de l’hésitation, de la solitude et de la peur. […] Une immense tristesse s’y exprime, celle du rêveur que la réalité a blessé et qui se trouve finalement rejeté dans l’incertitude et l’impuissance. […] Mais Emmanuel est trop sévère pour lui-même, trop conscient pour qu’on s’arroge le droit de le juger. Et, par ailleurs, l’angoisse qu’il décrit n’est-elle pas partagée par bien des hommes, ses frères ? »

 

4 mars

4 mars 1983

     Luc Estang, « Pierre Emmanuel et la difficulté de la grâce », Le Figaro, p. 25. « Pour variés qu’en soient les thèmes – trente-cinq ans de journalisme ont appris à M. Pierre Emmanuel à tirer argument de tout ce que lui offre le quotidien – ces cinquante chroniques marquent aussi bien leur unité. Nous sommes conviés profitablement à réfléchir à froid sur une très riche matière, traitée à chaud, qui n’omet rien – fût-ce, dérisoirement, parmi “quelques faits de moindre importance”, le “transfert” de Platini ! – de ce que nous avons vécu cette année de grâce. / “J’attends les cosaques et le Saint-Esprit”, disait Léon Bloy. M. Pierre Emmanuel se contenterait du Saint-Esprit. Nous aussi. »

 

5 mars

5 mars 1966

     « Comprendre la faim », Réforme, n° 1094, 5 mars 1966, p. 16. « Bien que l’aide française au Tiers Monde soit proportionnellement plus forte qu’en tout autre pays, en est-il de même en France ? La tendance au “repli sur l’hexagone”, baptisée cartiérisme du nom de son plus influent et plus habile propagateur, n’empêche pas une générosité momentanée et pour ainsi dire réflexe ; mais elle accompagne celle-ci d’un : À quoi bon ? qui paralyse une générosité de tout autre nature, celle de l’esprit.
     Car il s’agit moins de donner une aumône pour un objet aussitôt oublié, que de comprendre la nature de cet objet même : comprendre, ici, est la façon la plus généreuse de donner. La famine qui s’abat sur l’Inde nous rappelle la permanence de la faim, “cette maladie chronique de la plus grande partie de l’humanité”, disait Joseph Conrad bien avant que la faim fût devenue un problème pour les bien nourris. On ne guérit pas cette maladie chronique en expédiant des cargaisons de vivres quand la famine s’est déclarée. »


 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

                  Maison de l’Être

     Où est la maison de l’Être ?
     La voûte des âges est tombée en un jour, l’homme aujourd’hui est sans toit sur la terre.
     La chute du ciel troue les cœurs.
     Vide l’église, visitée comme on fait d’une ruine. Des hardes y broutent l’acanthe des fûts et serrent les flancs contre la solitude : car la hauteur isole et fait peur.
     Pourtant les pierres toutes par chacune s’imbriquent dans une chute niée. Les hommes ignorent que toute maison est une victoire contre le vertige ; que l’homme sans cette victoire est un puits.
     Qui peut faire d’un puits sa demeure ? comment bâtir ce qui est sans fond ?

Sophia, « Maison de l’Être », Seuil, 1973.

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Prose

      « Tout examen de la situation présente de la culture passe par les mass média, en premier lieu la télévision. Plus que la radio qui, n’ayant de support que la parole, oblige l’auditeur à l’attention, la télévision influe directement par l’image sur l’inconscient (98) du téléspectateur. En vingt-cinq ans seulement d’existence, elle a sans doute été un prodigieux diffuseur de connaissances superficielles – donc aussi de prétentions au savoir –  et un agent d’uniformisation de la civilisation tout entière.
     Ce nivellement a créé de nouvelles habitudes dans l’intelligence et dans les mœurs, et réduit l’échelle des valeurs à sa mesure à lui, sans provoquer de réactions notables en vue de maîtriser son effet. Il a certainement contribué, entre autres choses, à l’effacement de la littérature par la transformation de l’édition et la quasi-disparition des milieux littéraires, nécessaires à toute œuvre nouvelle pour passer le seuil de la durée. […] Le petit écran ne serait-il qu’un tableau noir où tout ne s’inscrit que pour être aussitôt effacé ? Ce serait une des tâches urgentes de la société de l’évaluer. »

Culture, noblesse du monde, « Les mass media », Stock, 1980.

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

      Vient de paraître aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     En ce jour du centenaire de Pierre Emmanuel paraît à Montréal, au Canada, Poèmes de la résistance, choix de textes et préface de Ginette Adamson. La distribution en France est prévue le 15 juin.

 
Sur le site de l'éditeur, ici.


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson, exécuteur testamentaire de Pierre Emmanuel et membre du Centre de recherche.




On en parle...

25 janvier 2017

     À l’occasion de la mort d’Anne Perrier, Le Monde publie des extraits d’une interview dans laquelle elle évoquait ce qu’elle devait aux poètes résistants, dont Pierre Emmanuel.

     On peut lire l’article ici.


14 janvier 2017

     Gabriel Ringlet cite quelques vers d’« Agnus Dei », d’Évangéliaire, dans un article de La Croix intitulé « De la sciure sur sa tunique ». Voici l’ensemble du poème :

          Agnus Dei

         Qui est avant moi
         Il vient après moi
         Avant que sa mère
         Fût formé de la terre
         Il est

         Éternel Agneau
         Mêlé au troupeau
         L’Innomé s’abîme
         Et devient l’anonyme
         Parfait

         Sur ma main levée
         Qui lui verse l’eau
         L’Oiseau s’est posé
         Ruisselant de gloire

         Il ondoie de feu
         L’homme fils de Dieu

     Lire l’article ici.


14 janvier 2017

     François de Saint-Chéron intervient à la réunion d’« Aliénor », Cercle de poésie et d'esthétique Jacques G.Krafft, à 16 h 15, sur le thème : « Pierre Emmanuel : la Résistance, la Bible, la femme ».

     Cf. ici.


Janvier 2017

     Dans le dernier numéro des Cahiers Bernard-Lazare, un article de Michaël de Saint-Chéron « Centenaire de Pierre Emmanuel – Entre mémoire et résistance ».

     Cf. ici.

     Un autre article de Michaël de Saint-Chéron paraît dans La Règle du Jeu sur la Politique culturelle de Pierre Emmanuel.

     Cf. ici.