PIERRE EMMANUEL

Les nouveautés sur le site

Janvier 2018


   La frise du centenaire en 3D : activités et articles à voir ici
~ janvier 2016-avril 2017 ~

 

• Cela s'est passé un... Semaine du 21 au 28 janvier (ci-dessous).

L'extrait du mois :
     - « Demander pardon », France catholique, 9 janvier 1982, p. 23.

     - « Cette vie-là, est-ce encore la vie ? », Extrait du texte de clôture du colloque « Pologne » prononcé en Sorbonne par Pierre Emmanuel le 9 décembre 1982, France catholique, n° 1880, 24 décembre 1982.

• « Pire que Budapest ou Prague ce silence de plomb », France catholique, n° 1828, 25 décembre 1981, repris sous le titre « Quand je dis l’homme… » dans La Vie terrestre, Seuil, 1976.




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Le mot de l'Association

     Depuis sa création, en 1985, l'Association s'est attachée à servir la mémoire de Pierre Emmanuel et à faire connaître son œuvre en apportant son soutien à des publications, rencontres, expositions, émissions radiophoniques et à différents hommages en France comme à l'étranger.
     La création d'un site Pierre Emmanuel s'est imposée comme une évidence et une priorité. Un nouvel outil pour retracer l'itinéraire de l'écrivain, du poète et de l'homme d'action engagé dans son siècle en faisant découvrir ses multiples visages : l'homme de culture, son action auprès des médias, mais aussi l'homme de foi, l'homme courageux, le résistant, le défenseur des droits de l'homme.
     C'est un travail énorme qui fut engagé, un travail exigeant et rigoureux mené par Anne Simonnet (*) aidée dans ses recherches par des témoins de la vie de Pierre Emmanuel, par le Centre de recherche et par la famille du poète. Une approche aussi complète a nécessité des années de consultation dans les archives de la BNF, de l'Imec, l'Ina, et d'autres fonds. Des manuscrits, des photographies, des lettres et des documents souvent inédits, prêtés par des amis, des proches ou d'anciens collaborateurs de Pierre Emmanuel ont considérablement enrichi le site.
     Pierre Emmanuel visionnaire, initiateur et créateur de la Vidéothèque (Forum des Images), confiant dans les nouvelles technologies, aurait certainement apprécié l'instrument de connaissance, de dialogue et d'échange que constitue un tel site.
     Proposer un site clair, lisible, complet et accessible à tous, telle fut notre démarche pour que Pierre Emmanuel reste vivant dans les mémoires.

Catherine Carlier, Présidente de l'Association

 

 (*) Anne Simonnet est professeur de Lettres classiques, Docteur ès Lettres, auteur de l'ouvrage Pierre Emmanuel, poète du Samedi saint et d'une thèse : Le Christ de Pierre Emmanuel. L'élaboration d’un mythe personnel.

La lettre de l'Association 2017Bulletin d'adhésion 2017

Cela s'est passé un... (La micro-information du jour)

21 janvier

21 janvier 1977

     Lettre à Seghers. « Beauté, vérité, liberté, amour : en vieillissant on finit par comprendre qu’ils ne font qu’un. Entre temps, il y a eu l’histoire qui dépèce les idées comme elle écartèle les hommes. J’ai lu ton texte sur Pierre Daix : il nous situe. Et je suis heureux, qu’avec lui et moi tu aies signé cet avertissement qui, aujourd’hui, n’est sans doute plus inutile. Car cette Charte 77 est un grand acte qui porte loin et en annonce d’autres : Moloch, peut-être, est plus mortel que nous. »

 

22 janvier

22 janvier 1954

     J. Doucet, « L’homme d’après Pierre Emmanuel », Les Études classiques, n° 1, p. 64-82. L’auteur étudie « La Femme adultère », dans Le poëte et son Christ. « Vu ainsi dans ses grandes sources – l’Ancien Testament, l’Évangile et le dogme – et dans ses grandes lignes – la faute, le pardon, la purification et le nouveau mariage spirituel –, le poème laisse apparaître toute son architecture simple et grandiose. Cette pauvre aventure individuelle, ce sordide fait divers quotidien de l’adultère, au lieu d’être abaissé à une chronique scandaleuse ou à une analyse complaisante, a été pénétré, sans rien perdre de son réalisme, par toute l’histoire religieuse du passé biblique et prolongé par toute l’histoire divine de la Rédemption. »

 

23 janvier

23 janvier 1957

     Anonyme, « Une “union des écrivains pour la vérité” », Nouvelliste valaisan, 23 janvier 1957, p. 5. « PARIS, le 23 janvier (Ag. AFP.) - les événements de Hongrie, les appels des écrivains de ce pays, ont incité un groupe d'écrivains français à constituer une union dos écrivains pour la vérité. Ceux-ci ont élaboré un projet de statuts et publié un manifeste dans lequel ils déclarent qu'"agissant en qualité d'écrivains, ils feront en chaque occasion face à la vérité, d'où qu'elle doive venir et où qu'elle doive frapper."
     Parmi les signataires do ce manifeste, on relève les noms de Jean Amrouche. Jean Cassou. Pierre Emmanuel. Roger Giron. Clara Malraux. Louis Martin-Chauffier, André Obey, Armand Salacrou. »

 

24 janvier

24 janvier 1974

     Diffusion d’une émission radiophonique sur Sophia dans la collection « Un livre, des voix » de France culture. Pierre Emmanuel s’y entretient avec Philippe Guinard. « [J]e recommanderais à ceux qui éprouvent une certaine difficulté à entrer dans un livre par le début et à en sortir par la fin, ce que je comprends très bien, personnellement, je leur recommanderais de choisir la seconde partie comme point de départ de leur lecture. Cette seconde partie, du moins cette seconde moitié du livre s’appelle “Nef”, et il s’agit essentiellement de la vie d’aujourd’hui, de l’homme d’aujourd’hui dans son débat avec son identité, et aussi de la confusion dans l’univers érotique que nous vivons tous. Là je crois que beaucoup peuvent être touchés directement, et qu’à travers cette sensibilité immédiatement perceptible, ils iront plus avant. C’est un approfondissement, mais un approfondissement qui sera fondé sur leur expérience. »

 

25 janvier

25 janvier 1977

     Alain Bosquet, « Pierre Emmanuel ou la perpétuelle profession de foi » (28 décembre 1976), Le Quotidien de Paris, n° 856, p. 13. « Pierre Emmanuel est avant tout le poète de la véhémence : le droit, la justice, l’illumination, le dépassement de soi, le plongeon dans l’inextricable labyrinthe de l’homme, rien de ce qui est essentiel ne le laisse serein et, quand il pressent que nos mesquineries quotidiennes risquent de nous perdre, c’est vers cet essentiel-là qu’il court, en prophète bien armé. Il y a en Pierre Emmanuel une sorte de Claudel qui mâche avec rage ses certitudes, au lieu de les accepter avec componction. Il y a aussi un Léon Bloy, prêt à fustiger son siècle sans se ménager pour autant : la colère, trop engagée chez les autres, est chez lui affaire de tempérament et de thérapeutique. Enfin, il y a en lui du Saint John Perse, qui aurait longuement lu Hölderlin, Freud et Jouve : il faut sans doute célébrer l’homme, mais sans se dispenser de lui faire subir d’abord la plus douloureuse des autopsies. »

 

26 janvier

26 janvier 1952

     Diffusion d’une émission radiophonique de la série « Le goût des livres » sur Babel. L’émission est présentée par Étienne Lalou ; Pierre Emmanuel ne fait que la conclusion : « « Babel s’écroule, en effet, et s’écroule parce que les hommes ont redécouvert les choses communes ; les choses concrètes que l’excès de l’abstraction leur avait fait perdre. Et cet écroulement de Babel est en même temps une défaite provisoire du Roi. C’est-à-dire de l’homme qui veut se faire Dieu. De ce surhomme qui veut porter à l’absolu sa puissance. Mais cette défaite n’est que provisoire. Parce que, en vérité, l’histoire est un drame qui a, jusqu’à un certain point, dans ce poème, il faut bien le dire, une allure manichéenne. Et le Roi avoue sa défaite, mais il l’avoue dans l’espérance d’une victoire ultérieure. »

 

27 janvier

27 janvier 1984

     « Que n’en parle-t-on davantage ! » (21 janvier 1984), France catholique, n° 1937. « Ne vaudrait-il pas mieux en savoir davantage sur une forme d’action toujours à l’œuvre dans l’Histoire, parfois diamétralement opposée à la politique, l’action de la sainteté ? La sainteté moderne, qui la connaît ? Qui en parle régulièrement dans les médias, comme du syndicalisme, de la guerre ou de la politique ? Ces choses ne sont pas du même ordre, ni dans le présent ni dans l’avenir. Chaque jour ou presque, les médias nous résument en une séquence ou deux le choc des idées ou des armes qu’encadrent des prophéties sur les bienfaits futurs de la politique présente. Mais nous ignorons tout, des actes sublimes d’héroïsme et de charité qui ne doivent pas manquer, par exemple, dans le Liban déchiré. Et que savons-nous de la lutte contre la lèpre dans le monde ? Lutte héroïque, elle aussi, qui a ses apôtres et ses saints dont les miracles – du corps et de l’âme – sont devenus quotidiens ? »

 

28 janvier

28 janvier 1972

     « La poésie et son enseignement », article de Pierre Emmanuel dans Le Figaro, p. 26. « Dans une chronique récente, Pierre Gaxotte citait un “poème” édité par la revue d’un foyer de lycée, “Poème”, si l’on peut dire, qui n’est qu’une très bête et vulgaire singerie des Assis. Le seul fait que ce texte puisse passer dans l’esprit de ses éditeurs, non pour un signe de débile violence, mais pour une authentique expression de la créativité juvénile, me paraît caractéristique du mépris qui frappe la poésie dans ce pays. […]
     Sans insister sur cet autre passage de la lettre à Ancelle où Baudelaire défie “un professeur quelconque d’expliquer le sens d’un seul des mots dont il se sert”, il me faut bien constater le malentendu, voire l’antagonisme, qui séparent enseignants et artistes, poètes et “poéticiens”. Ce néologisme m’a été assené par un éminent professeur pour me rendre, non sans brutalité, conscient de la différence entre celui qui fait et celui qui explique, et de l’impossibilité de principe, au moins dans l’Université, qu’ils soient une seule et même personne ; plus encore, de la différence de qualité intellectuelle entre la critique objective du maître et le commentaire subjectif du créateur. Je ne suis pas sûr que cette arrogance ne cache une faiblesse dans le domaine où elle s’affirme le plus, celui de la compréhension. J’ajoute que certaines œuvres – le nouveau roman par exemple – semblent s’insérer comme par un ordre préétabli dans les grilles d’analyse des maîtres et que la connaissance de ces grilles peut servir à la composition d’œuvres nouvelles qui s’y adaptent : mais que d’autres œuvres, particulièrement en poésie, sont irréductibles à ces grilles, par nature et destination. »

 
 

À écouter...

Un extrait de Babel lu par Pierre Emmanuel en 1983

 

L'extrait du mois

Poésie

          DEMANDER PARDON

          On dit : L’histoire. Et on se fait une raison.
          Et sachons mesurer les lenteurs de l’histoire.
          Parle la voix sur fond de neige. Mesurons.
          Tristesse noire. Nous chantons voilà mille ans
          Un mot par la vertu duquel mouraient des hommes.
          C’était facile de chanter. Mais de mourir ?
          Nous n’en aurons pas fait la preuve. Ces martyrs
          Là-bas, ne le sont pas pour notre gloire.
          Tant d’années de mensonge aveugle ôtent le cœur
          De célébrer leur sacrifice que personne
          Ici ne crut, d’où tant d’illustres pèlerins
          Allèrent voir à l’Est se lever l’aube.
          Nous n’avons que le droit de demander pardon.
          Alors qu’on sait mourir là-bas pour rester libre
          Personne ici n’est prêt à payer un tel prix
          Personne dans le sang n’a cette impatience
          Dont nos sages craignent si fort l’explosion
          Car, dit l’histoire, il faut se faire une raison.

Pierre Emmanuel, France catholique, 9 janvier 1982, p. 23.

__________________

Prose

     « … [C]hacun connaît bon nombre de têtes politiques de tous bords prêtes à discuter à tout instant dans le confort aseptisé des réunions internationales, avec ces aimables théoriciens d’un mensonge dont la perfection est aussi rigoureusement adéquate à la mentalité occidentale que s’il était informatisé.
     Cette ignorance, cet aveuglement, cette incapacité de percer à jour l’adversaire faute d’oser le désigner comme tel, cette aboulie, en un mot, du monde politique occidental devant un phénomène dont la démesure le porte à biaiser pour ne pas lui faire face et devoir se remettre en question du même coup, ce sont autant de signes négatifs d’une perte générale d’identité, d’une anémie pernicieuse des convictions et des valeurs. Pour résister si peu que ce soit au mensonge, il faut au moins avoir quelque idée de la vérité. Car autrement, comment s’opposer à lui, et avec quelles armes ? Au nom de quoi dire à un menteur : tu mens ; dire du mensonge : cela n’est qu’un jeu, un truquage, une perversion de la réalité ? Les touristes occidentaux qui se déplacent chaque année à l’Est dans un espace mensonger à leur usage sont canalisés pour ne rien voir que ce qu’on leur fait expressément voir : mais le moindre observateur doué d’un bon œil saisit tout de suite que l’un des principes de l’économie socialiste est l’utilisation de la pénurie à des fins d’ordre public. »

« Cette vie-là, est-ce encore la vie ? », Extrait du texte de clôture du colloque « Pologne » prononcé en Sorbonne par Pierre Emmanuel le 9 décembre 1982, France catholique, n° 1880, 24 décembre 1982

Le centre de recherche

Le mot du Président

     Le Centre de Recherche Pierre Emmanuel attache la plus grande importance au site Pierre Emmanuel. Récemment créé, grâce à l’Association des Amis de Pierre Emmanuel, à la générosité de la famille du poète, aux compétences et à l’inlassable activité d’Anne Simonnet, ce site fédère les efforts de tous ceux qui sont attachés à l’œuvre de Pierre Emmanuel et ont pris à tâche de la faire mieux connaître. Très riche et fort bien présenté, ce site est un excellent instrument de dialogue entre les spécialistes de Pierre Emmanuel et ceux qui, venant des horizons les plus variés, découvrent son œuvre littéraire, son action culturelle, son engagement dans la vie de la cité.
     Depuis sa fondation, en novembre 1986, le Centre de Recherche Pierre Emmanuel s’efforce de promouvoir et de développer la recherche sur l’œuvre, les activités et la pensée de Pierre Emmanuel. Du premier classement des manuscrits et des inédits du poète à l’organisation de colloques universitaires, de la publication des œuvres poétiques complètes à la publication d’inédits, ses réalisations se sont toujours inspirées de ces principes. La vitalité du site est une aide très efficace à la réussite des actions envisagées pour 2014, trentième anniversaire de la mort de Pierre Emmanuel, et 2016, centième anniversaire de sa naissance.

François Livi, Président


Souvenir et hommage des exécuteurs testamentaires

     Ginette Adamson, Anne-Sophie Constant et François Livi.
     
Chacun d'eux a bien voulu répondre à trois questions :
     - Comment avez-vous connu Pierre Emmanuel ?
     - Quel livre du poète préférez-vous ?
     - Pourquoi vous semble-t-il important que son oeuvre soit connue ?

Mai 2016 – La seconde naissance

     Aux éditions Albin Michel La seconde naissance, textes de Pierre Emmanuel choisis et présentés par Anne-Sophie Constant.


3 mai 2016 - Poèmes de la résistance

     Poèmes de la résistance, éditions Mémoire d'encrier, Montréal, choix de textes et préface de Ginette Adamson.

 


 La liberté guide nos pas / Combats avec tes défenseurs / Cantos

     Les éditions Bruno Doucey rééditent La liberté guide nos pas, Combats avec tes défenseurs et Cantos dans la collection « En résistance », avec une préface de Ginette Adamson.


On en parle...

18 janvier 2018

     Libération nomme Pierre Emmanuel dans un article sur Céline, pour montrer la différence d’attitude entre les deux écrivains.

On peut lire l’article ici.


14 décembre 2017

     Le 14 décembre avait lieu à l’Institut de France la présentation du Livre des Commémorations Nationales de l’année 2018, par Monsieur Gabriel de Broglie, de l’Académie Française , de l’Académie des sciences morales et politiques, Chancelier de l’Institut de France, par Monsieur Hervé Lemoine, directeur chargé des Archives de France et par Madame Danièle Sallenave, de l’Académie Française, présidente du Haut comité des Commémorations nationales en présence de Monsieur Georges-Richard délégué aux Commémorations nationales.
     Mesdames Catherine Carlier et Anne-Sophie Constant y étaient invitées, cette dernière y ayant rédigé un texte splendide sur Pierre Emmanuel, en l’honneur du cinquantième anniversaire de son élection à l’Académie Française.
     Madame Danièle Sallenave a fait une belle présentation de cet ouvrage et longuement cité le poète résistant Pierre Emmanuel.

 

 


9 décembre 2017

     Le nom de Jean d’Ormesson n'apparaît pas, semble-t-il, dans les écrits ou les interviews de Pierre Emmanuel. Le poète mentionne en revanche au moins une fois Johnny Hallyday, au début d’un article publié dans Preuve : « Quotidiens et hebdomadaires parisiens ont consacré plusieurs semaines de suite de longs articles au séjour du jeune poète soviétique André Voznessenski. Il a bénéficié d’une publicité que la presse n’accorde en général qu’aux vedettes. L’idée qu’il est – comme son ami Evtouchenko, auquel Paris, au moment où j’écris ces lignes, fait un accueil encore plus orchestré – une sorte de Johnny Hallyday qui, en URSS, fait courir des milliers de « fans » pour l’entendre, n’est pas étrangère à ce bruit. Mais, même sans qu’ils en aient toujours conscience, les reporters qui volent à la rencontre de la renommée accomplissent un acte d’une portée autrement profonde. Ils saluent en ce jeune poète « un oiseau d’annonce nouvelle », le premier témoin d’une métamorphose de l’esprit public, manifestée d’abord dans le langage le plus intérieur, celui de l’âme. Un poète français qui écrirait comme Voznessenski et lirait comme il le fait en public n’intéresserait presque personne chez nous. Pourtant, ceux qui l’écoutaient l’autre jour, qu’ils fussent Français, Russes émigrés ou Soviétiques, sondaient silencieusement ses poèmes comme autant d’énigmes. C’est précisément – tout faible qu’il nous paraît – leur caractère énigmatique, pointant vers une réalité cachée, qui fascine les jeunes en URSS. Eux qu’altère le réalisme officiel, la réalité cachée les désaltère. » (« La tessère d’hospitalité : De Vosnessenski à Noureiev », Preuves, 145, mars 1963, p. 3-5.


8 décembre 2017

     Ce 8 décembre 2017 est mort le grand rabbin Josy Eisenberg, « Producteur, réalisateur et présentateur de l’émission de service public À Bible ouverte, devenue La Source de vie, et diffusée depuis 1962 le dimanche matin » (La Croix, 8 décembre 2017). Le 25 mai 1908 il recevait Pierre Emmanuel durant cette émission. En voici un extrait, suivi d’un autre tiré d’un article de France-Catholique où Pierre Emmanuel évoque le grand rabbin.

     « Josy Eisenberg : Vous avez eu beaucoup de chance, Pierre Emmanuel, parce que nous naissons tous avec un nom, tandis que vous, vous avez choisi le vôtre.
     Pierre Emmanuel : Oui, je l’ai choisi, et même d’une certaine manière je l’ai fait ; vous savez ce que peut signifier le choix d’un pseudonyme, enfin, c’est une façon de se prendre en charge soi-même, presque de se créer de soi. C’est ambitieux, parfois signe d’un certain orgueil, en l’espèce il s’agissait pour moi d’indiquer par l’association des deux noms le rapport entre la dureté de la pierre qui est l’état profond de chacun de nous, et ce nom Emmanuel, c’était la présence de Dieu qui s’introduit en nous comme par effraction et qui brise la pierre que nous sommes et en fait un être vivant.
     Josy Eisenberg : pour le public de cette émission qui ne connaît pas la Bible aussi bien que le grand poète chrétien que vous êtes, je crois qu’il faut tout de même préciser que Emmanuel signifie « Dieu est avec nous ». D’ailleurs chaque fois que je lis ce nom, je pense qu’il y a des civilisations qui, affreusement, ont utilisé cela sous une autre forme, par exemple traduit en germanique ça n’a plus du tout la même signification ; c’est affreux de penser que ces merveilleuses formules de la Bible peuvent aussi servir de fer de lance à des ambitions conquérantes.
     Pierre Emmanuel : Vous savez d’ailleurs que ce nom, enfin, curieusement, je l’ai pris pour la raison que je viens de dire, mais aussi je l’ai choisi en 1938. Qui était une époque où l’hitlérisme battait son plein, si j’ose dire, et où la persécution qui avait été amorcée dans les années 33-34 recommençait de plus belle donc il y avait de ma part un désir de solidarité avec le monde juif, qui d’ailleurs s’est manifesté à travers toute la guerre, et ce nom m’a valu d’être considéré comme juif même encore maintenant ! C’est une espèce de naturalisation qui est définitive, je crois. »

« Dis-moi comment tu me regardes », Source de Vie, 25 mai 1980



     « À la fin de la cérémonie de bar mitsva, le rabbin qui y avait préparé ses catéchumènes leur confia deux paroles à méditer, dont la première était berechit, au commencement, et la seconde la réponse de Caïn : Suis-je le gardien de mon frère ? Hier, disait le rabbin, un monde s’est écroulé : mais tout de suite après, berechit, un monde commence. Dans ce monde qui commence, que nous faisons tous, nous sommes tous les gardiens les uns des autres : les juifs des non-juifs, les non-juifs des juifs. Paroles de paix : toujours, sur les pires ruines, le juif espère que peut renaître la fraternité. Paroles originelles qui me ramenaient à ce qui, voilà deux semaines, devait être le thème de ces Feuilles volantes : le commentaire télévisé des premiers chapitres de la Genèse, par Josy Eisenberg et Armand Abecassis. Leurs trois ouvrages : À Bible ouverte, Et Dieu créa Ève, Moi, le gardien de mon frère[1] ? devraient faire partie de la bibliothèque du chrétien autant que du juif. »

« Suis-je le gardien de mon frère ? » (France catholique, n° 1766, 17 oct. 1980)


[1] Albin Michel, 1978 et 1980


26 novembre 2017

     À l’occasion d’une exposition : «Leonardo Cremonini 1925-2010», Exposition à la Galerie T&L du 30 novembre au 23 décembre 2017, un article de Lou Kolnikoff, « Leonardo Cremonini, l’inclassable », rappelle dans La Règle du jeu que Pierre Emmanuel écrivit sur le peintre.

     On peut le lire ici


26 octobre 2017

     Tout peut mener à Pierre Emmanuel. Ainsi l’article « Senteurs et saveurs de la Drôme provençale », dans Magcentre, est-il l’occasion de rappeler sa présence à Dieulefit.

On peut lire l’article ici.