PIERRE EMMANUEL


Février 2019

     Les éditions Corlevour rééditent La Face humaine.

 

     L’éditeur présente ainsi le livre :

     « Le but de ce livre n’est pas de donner je ne sais quelles règles d’une poésie qui se dirait « religieuse », mais de montrer quel mode d’adoration prolonge logiquement la poésie. Louange adressée à l’Ouvert, ce livre est lui-même un acte d’adoration mené de son début à son terme.
      L’adoration, face au transcendant, est l’acte intégrateur parvenu à son point de rupture : donc le résultat du travail de la pensée en vue de sa cohérence même, travail qui réussit par cette rupture illuminante où il échoue. Ce travail fait apparaître et converger dans l’homme certaines directions ou intentions privilégiées, constantes de l’esprit dans son activité créatrice, dans sa quête réalisante. La poésie, l’une de ces constantes, peut être dite l’usage exhaustif du verbe en quête de son essence.
     Qui entend cette définition est un poète, quand même il n’aurait jamais écrit un seul vers : mais qui ne l’entend pas, même s’il est poète, ne sera jamais pleinement, exhaustivement tel. Sans pour autant mépriser le métier des vers, ni les jeux verbaux de l’intelligence sensible, je n’emploie le mot « poésie » que dans le sens d’attention passionnée à la vérité consubstantielle au langage, mieux : d’identification singulière au destin du verbe humain. De cette vocation, je cherche la fin aux deux sens du mot : fin qui en est évidemment l’essence. »

Pierre Emmanuel

Sur le site de l'éditeur


4 mars 2019

     Jean Starobinski, critique littéraire et grand ami de Pierre Emmanuel durant la guerre, est mort ce lundi 4 mars 2019.
    Pierre Emmanuel l’avait rencontré à l’automne 1942 lors de son premier voyage en Suisse.

 

     En décembre 1944 Jean Starobinski écrivait :
     « Ce qui surprend au premier contact, pour qui aborde la poésie de Pierre Emmanuel, c’est la voix. Ouvrir un de ses livres, c’est s’exposer à être atteint et pénétré par une voix. Et il faut ajouter aussitôt : une voix pleinement matérielle, une réalité vocale concrète, - presque instrumentale. Une voix dont le pouvoir n’est peut-être pas tant de toucher que de traverser, et de traverser avec violence : elle possède à la fois la plasticité sonore et le pouvoir de dépassement. Elle donne à son retentissement la valeur d’une conquête sur l’espace : elle progresse et s’élargit jusqu’à l’extrême limite du regard, dans un souffle à la fois humain et inhumain. Humain, certes, car les mots qui résonnent ici n’ont pas perdu cette chaleur vivante, cette intimité du corps vivant où ils étaient d’abord confondus avant de devenir chose écrite et sonore. Dans le souffle qui les transporte, ces mots ne demeurent point comme des signes incorruptibles ; ce sont des substances malléables et altérables : sous le chiffre typographique, le poème est un vaste organisme respirant, un vocable complexe qui perpétue un grand acte respiratoire. »


5 mars 2019

     M. Jean Mathieu, ancien élève de l’École centrale de Lyon, fondateur et directeur du Laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique de 1959 à 1985, est décédé ce 5 mars 2019. Cousin germain de Pierre Emmanuel, il était l’un de ceux qui l’avaient le plus connu durant son adolescence. C’est en effet à ses parents que le jeune Noël avait été confié à sa rentrée au collège des Lazaristes de Lyon, en 1926. Exactement du même âge que Roger, Jean a toujours considéré Noël comme son grand frère.
     C’est à lui que nous devons nombre de détails sur cette époque et de photos de famille (tous droits réservés sur les photos ci-dessous).


Jean Mathieu, sa mère et Noël (Pierre Emmanuel)


La photo est prise par Noël grâce à l'appareil de photo que lui avait offert son père.

 
Jean et Yvette Mathieu (juillet 2013)


26 avril – 16 juin

     L’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) propose, du 26 avril au 16 juin 2019, une grande exposition intitulée Liberté, j’écris ton nom présentant des archives de la vie littéraire sous l’Occupation. Celles de Pierre Emmanuel sont naturellement présentes à plusieurs endroits, en particulier dans la vitrine des revues poétiques.
     François Bordes, délégué à la recherche à l’IMEC, a évoqué Pierre Emmanuel lors de la rencontre qu’il a animée sur la « bibliothèque de l’ombre 1935-1945 », en ouverture de l’exposition.
     Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC le mentionne également à plusieurs reprises dans l’article de Télérama du 29 avril dernier : « L’archive peut toucher du doigt l’histoire dans ce qu’elle de plus intime, merveilleux, terrible ».


3 juillet 2019

     L’Express reprend un article de 1981 : « Poésie contemporaine : Orphée pas mort ! » de Claude Michel Cluny. On y lit le nom de Pierre Emmanuel.

     À lire ici.


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