PIERRE EMMANUEL

Interviews - Extraits de la vidéothèque de l'INA

27.11.1951 - "Romancero Gitano" de Federico Garcia Lorca


     « Poésie et guitare ininterrompue »

     Pierre Emmanuel présente le Romancero Gitano de Federico Garcia Lorca, (traduction de Félix Gattegno). Il se souvient de son émotion lorsqu'il en acheta l'édition vendue sur papier journal au pavillon de l'Espagne à l'Exposition de 1937.
     Il évoque Fédérico Garcia Lorca, témoin de l'âme espagnole, la mort du poète à Grenade, un nouveau folklore, « une poésie à s'ouvrir les veines » (3'10 ").
     Puis sont lus des extraits du Romancero Gitano.






12.04.1956 - Le poème et son image : Jean Grosjean

     Entre le 27 janvier 1955 et le 19 juillet 1956, Pierre Emmanuel produit 18 émissions d'une série intitulée : Le poème et son image, diffusées habituellement le jeudi soir à 22 h 30 tous les 15 jours. Un poète est invité à parler d'un de ses poèmes, lu aussi par un critique et par un néophyte. Pierre Emmanuel l'interroge sur sa poésie, sa conception du poème etc. Le 12 avril 1956 est diffusée l'émission dans laquelle il invitait le poète Jean Grosjean, à analyser certains de ses poèmes extraits notamment de son premier recueil Terre du temps (Gallimard, 1946, prix de la Pléiade).





28.11.1960 - Tous les plaisirs du jour sont dans la matinée



     José Pivin s'entretient avec Pierre Emmanuel.
     Le poète parle de ses débuts dans la littérature, de sa découverte et de ses lectures de Paul Valéry et de Pierre Jean Jouve, de ses lectures quand il était à l'Université de Lyon, de ses premiers poèmes et notamment de « Christ au tombeau », de l'influence de la guerre dans sa poésie et notamment de la guerre d'Espagne et la seconde guerre mondiale. Plusieurs poèmes sont lus durant l’émission.






01.01.1964 - Paul Éluard



     En 1964 une émission télévisée présente un portrait souvenir d’Éluard très riche, réalisé grâce à de nombreux amis et contemporains du poète. Parmi eux, à plusieurs reprises, Pierre Emmanuel, dont la contribution éclaire la poésie d’Éluard. Il faut malheureusement télécharger l'intégralité de l'émission pour l'entendre.
     « "Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné…" C’est un poème qui est écrit en 1918, encore sous le coup de la guerre. C’est toute une génération de jeunes gens de 20 à 25 ans qui ont été jetés dans une épreuve où ils ont perdu tout leur idéal, toutes leurs illusions, et où ils ont mesuré l’immensité de la détresse et du désespoir humain. Et il s’agit de refaire un monde. Et l’un des premiers actes d’Éluard c’est justement de se donner la possibilité de faire un monde de nouveau, un monde de l’amour, un monde de la solidarité, un monde de la lumière aussi. (…) Il y a dans ce poème si célèbre toute la poésie ultérieure d’Éluard... »



13.01.1964 - Claudel, traducteur d'Eschyle

     Le 30 novembre 1963 Pierre Emmanuel donnait à l’Odéon-Théâtre de France une conférence : « Paul Claudel, traducteur d’Eschyle », enregistrée pour la radio le 3 décembre 1963 et diffusée pour la première fois le 13 janvier 1964. Le Bulletin de la Société Paul Claudel en rendait compte ainsi: « C’est devant un auditoire nombreux et attentif que Pierre Emmanuel tente de montrer ce que signifiait pour Claudel la rencontre avec Eschyle. Il avait déjà eu l’occasion d’en parler, cette année, à Berlin, lors de la création de l’œuvre monumentale née de la collaboration du poète avec Darius Milhaud. La représentation fut un événement.
     Pierre Emmanuel situe d’abord la rencontre avec Eschyle dans la vie de Claudel. Que pouvait lui révéler le plus haut tragique grec ? [...] Pierre Emmanuel devait insister également sur l’importance de la leçon d’Eschyle quant au verbe poétique. Il y avait là un monde d’images, de couleurs, une force, des rythmes que Claudel attendait. » (Bulletin de la Société Paul Claudel, n° 15, janvier 1964, p. 4-6).
     Le texte paraît ensuite dans la Table ronde, en mars 1964 (cf. Notice Pléiade, Théâtre, p. 1316), p. 88-111. Il est repris dans Le monde est intérieur sous le titre « Claudel et le mythe grec ». L'émission commence à 29'37.


25.03.1966 - Léopold Sédar Senghor




     Interview du Président Senghor dans un jardin: ses études, sa vie, ses poèmes Il raconte son entrée en politique et son évolution. Il parle de la solitude de l'homme politique. Il parle de l'évolution de l'Afrique Noire, de la scolarisation. Il dit quelques mots de son fils et de l'avenir qu'ils envisagent pour lui, de la vie familiale des hommes politiques.Il évoque les écrivains, peintres et poètes qu'il a fréquentés : Gide, Sartre, Picasso, Pierre Emmanuel, René Char.









19.09.1969 - Arthur Miller, président du Pen Club



     Un journaliste interviewe brièvement Arthur Miller, président du Pen Club, qui définit ses objectifs pour l'année à venir : réunir l'Est et l'Ouest. Pierre Emmanuel intervient pour préciser sa pensée et sur le thème de l'année: l'écrivain et le monde du loisir.









23.01.1973 - La créativité et les âges de l'homme

     « En 1973, l'émission "Dialogues" avait réuni Pierre Emmanuel et René Diatkine président de la commission du développement  culturel et René Diatkine, psychiatre et psychanalyste pour dialoguer sur la thématique de la créativité et les âges de l'homme.
     Pierre Emmanuel analysait ainsi la place de l'imagination :
     “À mon sens, la formation actuelle privilégie l'intelligence abstraite au détriment de ces forces plus immédiates que sont l’affectivité cherchant sa forme et l'imagination, c'est à dire le moyen de transformer le monde par les images qu'on s'en donne. Et je pense que l'imagination dans cet ordre d'idée est aussi importante pour le savant qu'elle l'est pour l’artiste et que finalement le moment imaginaire initial est assez analogue chez l'un comme chez l'autre.” » (Notice INA)




24.05.1973 - Charles Péguy




     Pierre Emmanuel participe à une émission en l’honneur du centenaire de la naissance de Charles Péguy.
     Fils d'un menuisier et d'une rempailleuse de chaises, Charles PÉGUY est né à Orléans en 1873. Ses maîtres remarquent sa vive intelligence et Péguy poursuit ses études comme boursier. De brillantes études : il est reçu à Normale Supérieure en 1894. En 1900, il ouvre une librairie qu'il appelle "la Boutique", rue de la Sorbonne où il édite "Les Cahiers de la quinzaine". Elle devient un lieu de rencontre pour les adeptes de sa pensée. Il se convertit au catholicisme en 1908. Il est tué en Septembre 1914, au début de la contre-offensive de la Marne.





01.01.1974 - Entretien avec Pierre Emmanuel (1e partie)



     En 1974, Pierre Emmanuel est longuement interrogé chez lui, rue de Varenne, en vue d’une émission biographique qui n’a finalement jamais été diffusée. L’INA nous propose enfin un premier long extrait de ces enregistrements. Pierre Emmanuel y évoque son enfance, sa famille, ses études, sa découverte de la poésie etc.

     L’interview est certainement l’un des plus riches qui existent.








18.09.1974 - Nomination à la tête de l’INA

     Le 18 septembre 1974, au journal télévisé de 20 h, une brève présentation de Pierre Emmanuel annonce sa nomination à l’INA.
     L’émission dure 01min09s et retrace très rapidement son parcours, ses liens avec le monde des médias etc.

     « C’est à un poète très connu, Pierre Emmanuel, lequel avait dénoncé récemment l’insuffisance du rôle culturel joué selon lui par l’O.R.T.F. qu’a été confiée la mise en place de l’Institut de l’Audivisuel, institut chargé de la recherche, de la formation professionnelle et de la conservation des archives.
     Né dans le Sud-Ouest de la France, Pierre Emmanuel est âgé de 58 ans. Professeur durant la dernière guerre, la Résistance lui inspira de nombreux poèmes… »

 


10.02.1975 - Radioscopie avec J. Chancel 1

     Le 10 février 1975 est enregistrée et diffusée une émission de la collection « Radioscopie » dans laquelle Jacques Chancel interviewe Pierre Emmanuel. Elle dure 53m05s, et présente tout aussi bien les origines du poète que les fonctions de l’INA, les intérêts et les fonctions respectives de la Radio et de la TV. Pierre Emmanuel y parle aussi de l’écrit, complémentaire de l’audio-visuel, et de son dernier livre La révolution parallèle etc.

      « – Jacques Chancel : (...) Vous voilà président de l’Institut de l’audiovisuel. (...) N'auriez-vous pas préféré être à la tête d'une chaîne (...) pour être plus opérationnel ?
        – Pierre Emmanuel : Non, non, pas du tout ! (...) Dans la corbeille de l’audiovisuel, il y a pas mal d’outil intéressants : il y a la recherche, la production, un groupe de recherche musicale, technique, la conservation, la richesse des actualités radiophoniques, il y a la formation... »

 

01.01.1975 - Opération IAV (INA)

     « Ce documentaire retrace les premiers jours de l'Ina et décrit ses missions. Il est rythmé par les images du déménagement de l'Institut fraichement créé vers les locaux de Bry sur Marne ou du boulevard Jules Ferry, dans les derniers jours de février 1975. En préambule, quelques séquences d'archives évoquent la construction de la Maison de la Radio et l'histoire de l'ORTF (séance inaugurale de l'ORTF présidée par le ministre Alain Peyreffite en juin 1964, débat sur le démantèlement de l'ORTF à l'Assemblée nationale en juillet 74 avec Georges Fillioud et Roger Chinon, déclaration de Marceau Long, dernier PDG de l'ORTF). […] Pierre EMMANUEL, premier président de l'Ina, détaille les missions de l'Institut, insistant sur celles de recherche et de création. » (Site de l’INA)







01.01.1975. Première interview du premier président de l'INA

     Le 4 janvier 1975 paraît le décret nommant Pierre Emmanuel président du tout nouvel Institut de l'audiovisuel (IAV, première appellation de l'Ina).
     Il définit favorablement la position de l'Institut par rapport aux autres sociétés issues de l'éclatement de l'ORTF et défend fermement le rôle de l'Institut dans la production de programmes de recherche et de création.
     Il y explique les obligations de l'Institut à l'égard des sociétés de programme qui le financent et la liberté dont il jouit dans « sa compréhension esthétique et dans sa thématique ».









18.10.1978 - Radioscopie avec J. Chancel 2

     Le 18 octobre 1978 Jacques Chancel reçoit pour la seconde fois Pierre Emmanuel dans l’émission radioscopie (55 minutes). Il y évoque sa venue à la poésie, la manière dont il travaille tout aussi bien que son intérêt pour le poste qu’il occupe alors à l’INA, l’importance de l’image, son besoin d’être contemporain…

     « … On n’est pas a priori obscur. On est obscur comme quelqu’un qui se trouve en face de ses propres profondeurs. [...] Si les hommes n’avaient pas eu besoin d’un moyen d’approfondir leurs obscurités, s’ils s’étaient contentés de leur seule clarté, ils n’auraient jamais écrit une ligne, jamais fait un coup de pinceau, jamais imaginé une note de musique… »





23.04.1983 - Saint-John Perse



     À la porte de la fondation Saint John perse à Aix en Provence, Daniel Gelin évoque Saint John Perse. Il propose une chronologie de sa vie, émaillée par des documents d'archives, des extraits de l'œuvre poétique lus par Laurent Terzieff, des souvenirs de son enfance à Pointe à Pitre. Au cours de ce documentaire, Henri Bangou, maire de Pointe à Pitre, est interviewé. Le poète Guy Tirolien définit sa poésie comme celle du souvenir, de l'exotisme, de la splendeur du verbe. Jean Marie Planes, professeur à Bordeaux évoque le retour du jeune poète en France, son installation à Pau, sa scolarité, son amitié avec Francis Jammes et d'autres artistes. Il évoque encore le service militaire, la mort du père, sa mission à pékin (1916-1921) où il écrit Anabase. Pierre Emmanuel est lui aussi interviewé ; il définit le sacré non chrétien chez l'auteur….




19.08.1987 - Jos Javorsek, poète et dramaturge yougoslave




     Jacques Fayet s'entretient avec le dramaturge et poète yougoslave, José Javorsek.
     En 1945, alors que José Javorsek occupe un poste important comme directeur de la radio et de l'information, il décide de s'exiler. Grâce à une bourse étudiante, il part à Paris. Il évoque ses rencontres avec les surréalistes et le parti de Tito, sa vie parisienne étudiante, sa découverte de groupuscules révolutionnaires et son engagement politique qui dure de 1945 à 1948, sa profonde amitié avec le poète Pierre Emmanuel, qu’il évoque aussi dans La mémoire dangereuse (Arlea, 1987).
     C'est à José Javorsek que Pierre Emmanuel avait confié la troisième de ses dramaturgies, L'Entremetteur par plaisir.






Patience : la page est lourde...